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Presse. Le réaménagement de la place Ramsès au centre du Caire et les problèmes du trafic sur les routes désertiques ont fait la Une de la presse la semaine dernière.

Ordres et désordres
de la circulation

« Chirurgie au cœur de la capitale ». C'est ainsi qu'Abdel-Mohsen Salama a titré son article au quotidien Al-Ahram sur le réaménagement de la place Ramsès. Le journaliste estime que le changement opéré dans cette place centrale est positif. Il a toutefois affirmé que les piétons ont toujours du mal à s'habituer à ce changement, ce qui cause beaucoup de problèmes. « Loin de la place Ramsès elle-même, les artères reliées à cette place sont toujours dans un très mauvais état et souffrent d'embouteillages à cause des travaux en cours », critique le journaliste. Sabet Amin Awad renchérit dans un article publié également dans le quotidien Al-Ahram : « L'idée de séparer le mouvement des piétons complètement de la place Ramsès a eu un effet positif. Mais pour que l'image soit complète, il faut installer des escalators en face de la gare centrale ». Et d'ajouter : « Garder l'ordre au niveau de la place Ramsès est en premier lieu la mission de la police du trafic mais la seule chose qui peut garantir le succès de ce projet est la bonne conduite des citoyens ».

Si le réaménagement de la place Ramsès a été généralement évalué comme étant positif par la presse, cette dernière a sévèrement critiqué l'état de la route désertique Le Caire-Alexandrie qui provoque un grand nombre d'accidents. « Les mauvaises conditions météorologiques, le mauvais état des véhicules et les erreurs humaines sont les raisons souvent avancées pour justifier le grand nombre d'accidents sur la route désertique Le Caire-Alexandrie. Or, cela ne fait que jeter de la poudre aux yeux pour ne pas voir la vérité. En fait, cette route est non conforme aux normes, ce qui provoque une multiplication des accidents », affirme Hamdi Rizq, journaliste du magazine hebdomadaire Al-Mossawar. Ahmad Ayoub, journaliste au même hebdomadaire, critique pour sa part la route agricole Béni-Souef-Ismaïliya. Selon ce dernier, cette route est classée comme la plus dangereuse parmi les routes égyptiennes. « Ceci ne menace pas uniquement la vie des citoyens mais risque aussi de dissuader les investisseurs de créer de nouveaux projets à Béni-Souef », lance Ayoub. Les deux journalistes ont donc tiré la sonnette d'alarme tout en revendiquant que les responsables de la circulation trouvent des solutions rapides à ce problème.

Yolande Youssef
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De Billy Graham à Amr Khaled

Etonnant mais vrai. Ils appartiennent à deux cultures distinctes, ne parlent pas la même langue et prêchent pour deux religions différentes, pourtant, ils ont beaucoup de points en commun. Le premier, Amr Khaled, n’est que le jeune prédicateur égyptien qualifié selon les observateurs comme le phénomène religieux le plus important de ces dix dernières années. Avec son visage souriant et décontracté, son discours simple et un mélange magique de piété et de modernité, il nous a révélé un nouveau visage de l’islam. Le second, Billy Graham, est le nom du plus célèbre serviteur de l’Eglise évangéliste occidentale. Américain d’origine, les prêches de ce vieux prédicateur de 84 ans ont aussi dépassé les frontières locales, attirant vers lui des milliers de fidèles partout dans le monde. Deux succès assez particuliers qui prouvent avant tout la soif qui existe chez les fidèles des deux religions d’un discours qui touche au plus près leur vie et qui met le point sur un besoin d’une spiritualité réelle dans deux sociétés où règnent souvent des discours religieux officiels superficiels et sans aucune influence.

Sous le slogan « Réconcilier la religion et la vie », ils ont tous les deux réussi à s'adresser à leur cible en utilisant presque la même stratégie. Comme s’ils avaient suivi la même formation. Un recours à la gestuelle, un appel aux sentiments et non à la raison, un pouvoir de persuasion assez particulier : leur méthode transforme parfois la religion en une performance artistique. Mais, leur impact reste enchanteur surtout auprès des jeunes, des femmes et des classes aisées. A travers leurs programmes télévisés et leurs prêches dans les lieux de culte, ils ont pu montrer comment la religion peut donner des réponses pratiques aux problèmes auxquels nous faisons personnellement et quotidiennement face dans nos sociétés. Il suffit qu’ils prononcent leurs discours pour que la flamme circule entre les fidèles. Autre règle du jeu : former des milliers de disciples et créer un réseau de missionnaires qui aura pour tâche de saisir toute opportunité pour transmettre le même message. Résultat : des milliers de fidèles connaissent le chemin de Dieu. Tout cela peut paraître légitime, surtout quand la mission est sacrée, celle d’appeler plus d’âmes à Dieu. Mais, le bilan n’est pas forcément positif. Car, sous le couvert du libéralisme, un message extrêmement conservateur glisse. Et, malgré toutes ces ressemblances de façade, on constate que ces prédicateurs de renommée ont omis un message essentiel : celui de la tolérance et du respect de l’autre, quelles que soient ses différences. Ce qui fait que les âmes gagnées risquent d’être, après tout cet effort, une quantité qui connaît peu la véritable essence de la religion.

Amira Doss

 

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