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Palestine
. Rejetant le « plan de séparation » d'Ariel
Sharon, les Palestiniens font appel à la communauté internationale
pour remettre sur les rails la Feuille de route.
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Levée
de boucliers contre
le plan de Sharon |
Le
plan de séparation unilatéral du premier ministre israélien
Ariel Sharon continue de susciter malaise et embarras parmi
les Palestiniens et en Israël. « Sharon veut imposer
une solution au peuple palestinien en appliquant sa vision et
son interprétation de la Feuille de route. Pour lui, cela signifie
une autonomie pour 42 % des territoires palestiniens »,
a affirmé le ministre palestinien des Communications, Azzam
Al-Ahmad. Ce chiffre de 42 % correspond à la partie de
la Cisjordanie transférée par les accords d'Oslo de 1993 à l'Autorité
palestinienne. Ces zones sont aujourd'hui réoccupées. Selon
lui, M. Sharon, en proclamant publiquement sa volonté d'appliquer
la Feuille de route alors qu'il a « une vision totalement
différente », tente d'atténuer les critiques croissantes
auxquelles il est confronté.
En
présentant son plan jeudi, M. Sharon avait affirmé qu'il serait
appliqué « dans quelques mois » si les Palestiniens
ne respectaient pas leurs engagements prévus dans la Feuille
de route, le dernier plan de paix international. Dans ce cas
de figure, des colonies juives seraient démantelées et d'autres
annexées au territoire israélien. Officiellement, M. Sharon
se dit toujours prêt à rencontrer M. Qoreï et à appliquer la
Feuille de route, afin de ne pas être accusé d'être responsable
de l'échec du plan, et surtout pour ne pas mécontenter son allié
américain. Mais dans la pratique, il a clairement décidé de
prendre les choses en main.
Se
défendant d'être responsables de l'enlisement de la Feuille
de route, comme les en a accusés Ariel Sharon en brandissant
la menace de mesures unilatérales, les Palestiniens ont appelé
vendredi la communauté internationale à faire appliquer ce plan
de paix. « Nous devons intensifier nos efforts auprès
du Quartette pour qu'un calendrier soit élaboré pour l'application
de la Feuille de route », a déclaré le ministre palestinien
en charge des négociations, Saëb Eraqat. « Nous voulons
que la Feuille de route soit appliquée telle qu'elle a été adoptée
par le Conseil de sécurité de l'Onu et le Quartette doit mettre
en place un mécanisme d'application et de surveillance »,
a-t-il ajouté. La Feuille de route, qui prévoit la création
d'un Etat palestinien par étapes d'ici à 2005, avait été adoptée
en novembre par le Conseil de sécurité, au grand dam d'Israël,
qui voit d'un mauvais œil toute intervention, à part celle de
Washington, dans les négociations avec les Palestiniens.
L'Autorité
palestinienne a estimé que le plan de séparation unilatéral
présenté par M. Sharon était « inapplicable »
et qu'il s’inscrivait dans le cadre de sa politique « ambiguë ».
Pour sa part, le premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a
souligné qu'il était « déçu » par les « menaces »
de son homologue israélien. Le chef spirituel du groupe radical
Hamas, cheikh Ahmad Yassine, a pour sa part qualifié
de « leurre » le plan de M. Sharon. Alors que
le Djihad islamique a affirmé que le plan dévoilé
par le premier ministre israélien était « une recette
pour davantage de violence ». |
Embarras
de Washington
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Même
en Israël, le plan annoncé par M. Sharon a fait l'objet de critiques.
Le chef de l'opposition travailliste, Shimon Pérès, a sévèrement
critiqué ce plan. « Israël ne peut pas se séparer unilatéralement
des Palestiniens sans susciter leur colère. Le Quartette estime
en outre que la clôture de sécurité (édifiée en Cisjordanie)
contrevient à la Feuille de route », a assuré M. Pérès.
Les
Américains ont eux aussi exprimé leur embarras face au plan
Sharon. « Nous nous opposerons à toute initiative unilatérale »
empêchant d'appliquer la Feuille de route, a ainsi averti le
porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan. Mais il
a dans le même temps déclaré que « des initiatives unilatérales
peuvent aider la Feuille de route à avancer. Les initiatives
israéliennes pour démanteler des colonies font partie de la
Feuille de route ». Comme pour rassurer Washington,
Sharon avait affirmé que les mesures unilatérales qu'Israël
prendra dans le cadre de ce plan de séparation le seront en
pleine coordination avec les Etats-Unis, sans que l'on sache
toutefois si cela signifie que le feu vert de Washington sera
nécessaire.
De
son côté, la France, qui a « pris note » du
discours du premier ministre israélien Ariel Sharon sur un redéploiement
unilatéral, rappelle la nécessité « du dialogue et la
négociation » pour résoudre le conflit, a déclaré vendredi
un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Sur
le terrain, Israël poursuit sa politique d'arrestation des activistes
palestiniens. L'armée a arrêté dans la nuit de dimanche à lundi
quinze Palestiniens qu'elle recherchait en Cisjordanie, a-t-on
appris de source militaire. Les Palestiniens ont été appréhendés
dans les régions de Naplouse, Ramallah et Hébron, et six d'entre
eux appartenaient au Hamas radical intégriste, a-t-on
précisé de même source. Par ailleurs, six Palestiniens ont été
blessés samedi par des tirs israéliens de balles caoutchoutées
dans le camp de réfugiés de Balata à Naplouse, dans le nord
de la Cisjordanie, selon de source sécuritaire palestinienne. |
Rania
Adel |
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