Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Sport

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Taekwondo . En manquant sa qualification pour les JO 2004 lors du tournoi mondial qualificatif, la sélection égyptienne a confirmé son retard sur la scène internationale. Il lui reste toutefois une dernière chance d'aller à Athènes.
Au creux de la vague

Les Egyptiens n'ont pas été à la hauteur. Ils sont revenus bredouilles du tournoi mondial de taekwondo, qualificatif pour les Jeux Olympiques (JO) 2004, qui s'est déroulé du 4 au 7 décembre à Paris (France). Aux JO, seules 4 catégories de poids sont représentées, pour chaque sexe. Mais au tournoi mondial de taekwondo, seuls 2 athlètes masculins et 2 autres féminins pouvaient participer. C'est donc Tamer Salah (-58 kg), Tamer Atef (-68 kg), Caroline Maher (-47 kg) et Abir Abdel-Halim (-57 kg) qui ont représenté le pays. « J'ai choisi ces 4 catégories, car les Egyptiens y sont très bons », souligne Amr Khaïri, directeur technique de la sélection nationale.

A l'issue de cette compétition, 28 athlètes se sont directement qualifiés pour les Jeux olympiques d'Athènes (14 hommes et 14 femmes). « Les résultats sont étonnants. Ils ne traduisent pas le vrai niveau des athlètes. Des inconnus ont réussi à se qualifier, comme le Sud-Africain Duncan Mahlangu (68 kg). Tandis que des grands comme le Français Michael Borot, vice-champion du monde (-80 kg) ont échoué », souligne Amr Khaïri.

Les Egyptiens auront néanmoins une autre chance de se qualifier pour Athènes par l'intermédiaire du tournoi régional qui aura lieu au Caire du 21 au 23 janvier 2004. Mais leurs performances à Paris sont de mauvais augure. Car les Pharaons, grands habitués des podiums dans les années 1990, semblent avoir définitivement perdu leur supériorité. Depuis sa déconfiture à Sydney en 2000, la discipline ne cesse de prendre du retard sur le plan international. Il faut dire que depuis les retraites de Yéhia Allam (+80 kg), Talaat Mabrouk (58 kg) et de Mahmoud Chalabi (67 kg), la sélection nationale manque d'athlètes expérimentés. Même si lors de la Coupe du monde de France 2000 elle avait remporté 4 médailles, puis une autre d'argent lors des Championnats du monde de Corée du Sud en 2001, grâce à Mahmoud Napoléon (-78 kg).

Amr Khaïri a donc entamé une nouvelle phase de préparation avec une jeune et nouvelle génération. Le seul ancien encore présent est Tamer Abdel-Moneim (72 kg). « La stratégie de la Fédération égyptienne des années 1990 était de se concentrer sur seulement 4 athlètes. Ils ont bénéficié d'une meilleure préparation et ont acquis de l'expérience en disputant plusieurs compétitions. Ce qui ne s'est pas reproduit avec la nouvelle génération depuis que la fédération souhaite élargir la base », estime Amr Khaïri.

Par ailleurs, depuis que le taekwondo est devenu une discipline olympique à Sydney en 2000, les différentes fédérations nationales ont accru leurs efforts pour la développer. Et alors que les grandes nations s'affrontent plus de 6 fois par an, les Egyptiens n'ont disputé cette année que les Jeux africains d'Abuja en septembre dernier. Le 21 janvier 2004 sera la dernière chance pour les Egyptiens. Seuls les 2 premiers de chaque catégorie feront le déplacement pour la plus importante des compétitions sportives de la planète.

Doaa Badr

Retour au sommaire
3 questions à Talaat Mabrouk, ancienne vedette de la sélection égyptienne, catégorie 58 kg.

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi avoir mis un terme à votre carrière avant les qualifications pour les Jeux d'Athènes 2004 ?
Talaat Mabrouk : Ma décision remonte aux attaques dont j'ai été l'objet au lendemain des JO de Sydney 2000. J'ai mis un terme à ma carrière sportive après la Coupe du monde du Japon en 2001. Mais le directeur technique de la sélection, Amr Khaïri m'a ensuite demandé de revenir pour permettre à l'Egypte de remporter des médailles lors du Championnat arabe du Caire et des Jeux africains d'Abuja en 2003. Depuis, je me consacre à l'entraînement d'autres sportifs.

— Aucun athlète égyptien ne s'est qualifié pour les JO d'Athènes par l'intermédiaire du tournoi mondial de Paris. Pourquoi ?
— Après l'échec de Sydney, les athlètes ont perdu confiance en eux. Auparavant, avant de nous rencontrer, nos rivaux étaient inquiets. Ils savaient que l'Egypte parvenait toujours à se classer parmi les grandes nations. Et puis quand un des adversaires est réputé, l'arbitre de la rencontre a parfois tendance à donner l'avantage au plus fort. La retraite des plus anciens de nos athlètes a par ailleurs beaucoup affecté le niveau de la discipline en Egypte. Car il est important pour les plus jeunes de suivre l'exemple des plus expérimentés. Cela leur permet d'apprendre beaucoup et de donner du potentiel à l'équipe.

— Pensez-vous que ces jeunes athlètes seront capables de réaliser de bonnes performances ?
— Bien sûr, les jeunes athlètes sont d'un niveau excellent. Ils ont juste besoin d'expérience et elle ne s'acquiert qu'en disputant de nombreuses compétitions internationales. Patientez. Ces jeunes n'ont pas encore les épaules pour supporter les attaques des médias. Ils n'en sont qu'au début de leur carrière sportive.
Et puis, ils ont besoin de bons financements. Auparavant, la fédération égyptienne avait un excellent système. Si elle y revient, nous aurons sans doute des athlètes de haut niveau mondial. Au niveau africain, la qualification pour les Olympiades d'Athènes sera facile pour les Egyptiens. Mais pour réaliser une bonne performance en Grèce, ils ont besoin de plus de moyens.

Propos recueillis par D. B.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631