|
La
journée sera décisive pour l'Egypte. Le 20 décembre, au
stade Léopold Senghor, la sélection égyptienne rencontrera
en effet le Sénégal en deuxième journée des qualifications
pour les Jeux Olympiques (JO) 2004. Placés dans le groupe
A aux côtés du Nigeria, du Sénégal et de la Tunisie, les
Pharaons doivent décrocher la première place du
groupe s'ils veulent se rendre à Athènes l'année prochaine.
En première journée, ils s'étaient inclinés devant les
grand favoris du groupe, les Super Eagles nigérians.
La rencontre, difficile, s'était terminée par leur défaite
0-2 au Stade du Caire. Ce qui n'a pas manqué de saper
davantage le moral des hommes de Chawqi Gharib, pas encore
tout à fait remis de leur humiliation des Jeux africains
d'Abuja, où ils avaient été éliminés au premier tour après
trois défaites. « Nous avons dû composer avec
un manque de potentiel, de confiance et une altération
de niveau. La succession des rencontres ne nous a pas
permis de remédier à nos difficultés. Mais depuis, nous
avons eu du temps pour nous rétablir. J'espère avoir désormais
la bonne formule », déclare Gharib.
Ce
dernier a en effet tenu un long camp de préparation qui
a débuté le 3 décembre, soit 17 jours avant la rencontre.
C'était selon lui la seule manière de rétablir l'homogénéité
perdue du groupe. En marge de cette préparation physique
et technique, le cadre de la sélection a aussi cherché
à restaurer l'esprit combatif des joueurs et à leur redonner
confiance après les sévères critiques dont ils ont récemment
fait l'objet.
Malgré
cela, cette préparation ne peut être qualifiée d'idéale.
Car les joueurs olympiques n'ont disputé que deux rencontres,
relativement faciles. La première contre le club de deuxième
division Moqaouloun et la seconde contre le club
marocain de première division, organisée à l'occasion
du cours séjour de l'équipe au Maroc, quand elle s'est
rendue à Dakar. Il était prévu une rencontre entre les
deux homologues, mais le côté marocain s'est excusé en
raison des engagements de sa sélection. |
Gharib
a accompagné 20 joueurs dans ce voyage et quelques nouveautés
ont été mises en place lors du match contre le Sénégal.
Les joueurs juniors de la sélection d'Egypte ont fait
leur apparition dans le groupe, tels l'attaquant Emad
Meteab (Ahli) et le milieu et défenseur Mohamad
Al-Zayat (Ahli). Et cela outre le duo inspirateur
d'Ismaïli et de la sélection Ahmad Fathi et Hosni
Abdel-Rabbo. Mais ce tandem, perçu comme le grand espoir
du football égyptien, risque de ne pas être au niveau
des ambitions après leur élimination du Championnat du
monde juniors (1/8e de finale) et la défaite d'Ismaïli
en finale de la Ligue des champions contre Enyimba, lors
du vendredi « noir » d'Ismaïli
le 12 décembre.
A
noter également l'absence de l'attaquant vedette de l'équipe,
Mohamad Al-Yamani (Standard Liège/Bel), membre
de la petite poignée d'expatriés égyptiens. Selon les
déclarations du cadre de la sélection, il serait introuvable.
Son absence ne devrait cependant pas être trop problématique
puisqu'il n'est plus la vedette qu'il était lors du Championnat
du monde juniors 2001. Avec son club, il n'a cette saison
joué que quelques minutes. Et le niveau qu'il a affiché
avec la sélection olympique n'a pas confirmé son talent.
Ces remplaçants sont néanmoins nombreux, notamment l'attaquant
de la FC Midtjylland danoise, Mohamad Zidan, la
vedette montante d’Ahli Ossama Hosni, le talentueux
Gamal Hamza (Zamalek), le buteur d'Ismaïli
Mohamad Mohsen Abou-Greicha ou même le nouveau venu Emad
Meteab.
Pour
l'ensemble de ces joueurs, cette rencontre du 20 décembre
est capitale. « C'est une question de vie ou de
mort. Nous devons remporter ce match à tout prix pour
rester dans la course. Au risque de voir notre objectif
de participer à des Olympiades réduit en poussière »,
relève le sélectionneur.
Dans
l'autre camp, le football sénégalais connaît lui un épanouissement
qui lui a permis de terminer quart de finaliste du Mondial
2002 (performance record pour l'Afrique avec celle du
Cameroun en 1990), et finaliste de la Coupe d'Afrique
des Nations (CAN) 2002. C'est pourquoi les Lions Sénégalais
n'ont d'autre désir que de confirmer leur réputation et
faire leur première apparition en Jeux Olympiques. Lors
de leur première épreuve difficile, les Lionceaux,
menés par l'entraîneur national Abdoulaye Sarr, ont cependant
déçu leurs supporters en enregistrant un match nul (1-1
contre l'Afrique du Sud) et deux défaites (1-2 contre
la Zambie et 0-2 contre le Nigeria). Pourtant, le capitaine
Ibrahima Sonko (Brendford/ D2 Ang) refuse de parler
de baisse de niveau. « Nous aurions pu gagner
tous nos matchs. Nous avons simplement manqué de chance »,
annonce ce solide défenseur qui avait déjà été convié
en sélection A par le sélectionneur national Guy Stéphane.
La
performance de cette sélection espoir contre la Tunisie
à l'occasion de la première journée des qualifications
a prouvé qu'avec plus de 80 % de son effectif, venant
de clubs locaux, elle possédait un solide caractère. Mais
les choses seront différentes le 20 décembre. Les préparations
démontrent que le match est pris très au sérieux à Dakar.
Le sélectionneur a convoqué 27 joueurs dans un regroupement
qui a débuté le 15 décembre. Dans le groupe, 12 membres
de différents clubs d'Europe sont présents. A côté de
Sonko, d'autres éléments-clés seront à observer de près
tels que Mohamad Adama Sarr (Atalanta/D2 Ita),
Kader Mangane (Neuchâtel/Sui), Badara Sène (Sochaux//Fra)
et Daniel Bocandé (Metz/Fra), fils du légendaire
attaquant sénégalais Jules Bocandé.
Cet
important recrutement prouve la détermination de Sarr
et de ses Lions à remporter les trois points de
la rencontre pour intégrer sérieusement la concurrence.
Le Sénégal rêve des Jeux olympiques et de reprendre le
flambeau des ex-champions nigérians (1996) et camerounais
(2000) qui ont fait la gloire du continent. Mais pour
cela, ils devront se heurter aux ambitions égyptiennes. |