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Une nouvelle étape
de la révolution des médias
Par Mohamed Sid-Ahmed

Les nouvelles réalisations de la technologie et notamment les nouvelles relations entre l'homme et la machine ont frayé la voie à une nouvelle révolution dans le domaine des médias. L'évolution réalisée dans le portable en est le principal outil. La technologie du sans fil a radicalement développé les compétences de l'Internet et transformé les diverses machines électroniques dont il se compose en une seule machine intégrée. Cette transformation prédit l'avènement d'une nouvelle ère postindustrielle. Le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) s'est tenu à Genève la semaine dernière pour annoncer le début de cet événement historique grandiose.


La révolution des machines intelligentes

La nouvelle révolution de la technologie des médias promet des capacités étonnantes. Du côté technique, on s'attend à l'apparition d'un monde entièrement nouveau basé sur la généralisation de l'informatique et son utilisation dans divers domaines de la vie. Dans un avenir proche, seront fabriqués des vêtements, contrôlés par des ordinateurs infiniment petits, capables de réchauffer pendant l'hiver et de refroidir pendant l'été. De plus, l'ordinateur pourra changer la couleur et le motif de ces vêtements selon le tempérament de celui qui les porte. Des véhicules anti-chocs seront aussi inventés. Ils seront munis d'ondes de radar qui freineront le véhicule au bon moment. Diverses sortes de robots seront conçues pour remplacer l'homme dans les besognes ennuyantes, dangereuses ou répugnantes indispensables à la vie de tous les jours. L'ordinateur lui-même connaîtra une énorme évolution. Prochainement, nous n'aurons plus besoin de papier comme intermédiaire entre les idées développées dans le cerveau et leur enregistrement sur ordinateur. Une grande partie de tout cela est maintenant disponible. Pour le mettre en application, il suffit d'avoir l'audace d'imaginer. Nous sommes au seuil de l'invention de maisons intelligentes, des cuisinières et des machines à laver électroniques capables de satisfaire tous les besoins quotidiens. En effet, les pays développés ont déjà fabriqué des armes intelligentes et se sont lancés dans les horizons de ce qu'on appelle l'intelligence artificielle. Celle-ci fait l'objet de vastes polémiques en ce qui concerne ses caractéristiques, ses dimensions, ses limites ... Ce sujet a occupé de larges places dans les discussions techniques du sommet de Genève.


Un profond dilemme

Cependant, un dilemme s'est posé aux discussions. 70 % des réseaux d'Internet du monde sont employés par 24 pays qui sont les plus riches de la planète. Ces pays sont habités par 16 % de la population mondiale. Notons que le monde n'est pas seulement divisé en deux pôles opposés du point du vue de l'infrastructure technologique mais aussi du côté du contenu de cette infrastructure. En effet, 70 % des réseaux d'Internet utilisent une seule langue, l'anglais. La révolution de l'information s'affirme par son caractère de phénomène de mondialisation. Par conséquent, tout ce qui se dresse sur le chemin de la mondialisation est à même de limiter son développement.

Afin que la révolution médiatique poursuive son développement, il est indispensable que ceci s'effectue de manière équilibrée et régulière dans toute la planète en sa qualité d'unité indivisible. Cependant, ce développement équilibré n'est pas possible à cause de l'élargissement du fossé technologique entre une minorité de pays développés et une majorité de pays technologiquement arriérés. C'est vraiment une honte pour les pays développés que de larges secteurs des pays technologiquement arriérés soient encore privés de réseaux téléphoniques qui sont le fondement d'Internet. Pour que la technologie de l'Information s'étende à toute la planète, il incombe aux pays technologiquement avancés de contribuer efficacement au financement du développement des capacités informatiques des autres pays car l'impact sera positif pour tous. Cependant, le problème du financement est apparu au cours du sommet de Genève comme un obstacle sur le chemin de la réalisation des besoins de la nouvelle révolution de l'information.

La déclaration de principes ainsi que le plan d'action qui ont été annoncés à l'issue du sommet ont mis l'accent sur l'importance de faire partager la technologie de l'information par toute la communauté internationale et faire profiter tout le monde de son rôle dans le développement. Dans ce contexte, l'Egypte a annoncé qu'elle accueillerait un sommet sur l'Afrique, l'une des régions du monde les plus sous-développées sur le plan technologique. Le Nord aussi bien que le Sud ont intérêt à la réussite de ce sommet pour accorder à l'Afrique l'attention qu'elle mérite.


Un différend complexe

Le sommet de Genève a témoigné d'un différend entre les pays occidentaux et certains pays intransigeants en ce qui concerne le contenu de la déclaration et du plan d'action. Alors que la Suisse et l'Union européenne ont tenu à lier le développement aux objectifs de la Charte de l'Onu et le plein respect des droits de l'homme, l'Iran a défendu durant la politique de l'interdiction certains sites Internet. Le président Khatami a précisé que cette interdiction ne s'applique qu'aux sites pornographiques ou obscènes qui s'opposent aux principes de l'islam. Il a déclaré que l'Iran avait seulement interdit 240 sites alors que certains rapports ont mentionné que les autorités iraniennes en avaient interdit plus de 10 000.

Il y a 55 ans, à la suite des atrocités de la seconde guerre mondiale, a été adoptée la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'article 19 prévoit de garantir « la liberté d'opinion et d'expression, dont la liberté, sans limite, d'obtenir des informations et des idées à travers tous les médias ... ». Cependant, ceci signifie-t-il qu'on permette l'expansion de fléaux comme la haine raciale ou les crimes sexuels contre les enfants ? Est-il raisonnable de laisser ces libertés sans réserve aucune ? Ou bien existe-t-il une fine ligne qu'il faut déterminer entre la liberté et le chaos.

Un autre désaccord est apparu autour de la gestion américaine du réseau Internet. Certains pays ont réclamé une gestion internationale. Dans ce contexte, le plan d'action a stipulé que le secrétaire général de l'Onu forme une équipe de travail pour étudier le sujet de la gestion d'Internet et présenter des propositions avant la fin 2005. Il incombera aussi à cette équipe de présenter une définition pratique du réseau, d'en déterminer les politiques générales, de définir le rôle des gouvernements, des organisations gouvernementales et internationales, du secteur privé et de la société civile.

Au cours du sommet, la délégation palestinienne a réclamé que la Déclaration de principes comprenne une prise de position contre les destructions israéliennes de l'infrastructure palestinienne de communications. Cependant, le sommet n'a pas répondu à la demande du groupe arabe d'inclure la question de la situation dans les territoires occupés dans la clause sur les droits de l'homme.

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La diffusion de la pensée arabe

Par Salama A. Salama

Créée sous le parrainage du prince Khaled Al-Fayçal, la Fondation de la pensée arabe, qui fut lancée au Caire et pris Beyrouth pour siège permanent, commence à élargir le cadre de ses activités. Et ce à travers la tenue de conférences annuelles auxquelles appellent les hommes politiques, les intellectuels ainsi que les économistes. Ceux-ci exposent lors de ces conférences leurs idées et leurs visions concernant les problèmes qui préoccupent la nation arabe et entravent son progrès. L'objectif étant d'examiner minutieusement ces problèmes et leur trouver les remèdes adéquats.

Lors de la conférence récemment tenue dans la capitale libanaise, les discussions ont porté sur « l'avenir arabe ». Vaste sujet qui a englobé des questions aussi variées que la démocratie, le terrorisme, le conflit des civilisations, l'avenir de la Ligue arabe, les relations arabo-américaines ainsi que la réforme politique. Sachant que ces questions ont été vainement débattues auparavant par les intellectuels dont les voix sont restées enfermées dans les salles de conférences. En effet, l'élite arabe est incapable d'exercer l'influence requise à cet égard. D'autre part, les régimes arabes ne sont nullement prêts à mettre en application les nouvelles idées de réforme. Dans ce cadre, on craint que la Fondation de la pensée arabe ne se transforme en un endroit pour produire des slogans et des discours retentissants n'ayant rien à voir avec la réalité vécue.

Mais loin des conférences, il faut avouer que l'effort le plus louable déployé par la fondation est le financement de programmes dans les chaînes satellites contribuant à sensibiliser les esprits arabes à la science et à la technologie. A titre d'exemple, une de ces chaînes arabes a effectué une interview avec l'éminent savant égyptien Rouchdi Rached, président du Centre de recherche sur l'histoire de la science et de la philosophie arabes en France, sur l'importance de la diffusion de la pensée et des méthodes scientifiques parmi les jeunes par le truchement des programmes scolaires et universitaires. Ce genre de pensée éveille chez les nouvelles générations l'esprit critique et leur montre l'importance de la discussions et des débats sur tous les sujets qui préoccupent nos sociétés. Nous avons grandement besoin d'une telle pensée afin de créer une nouvelle infrastructure pour les esprits arabes. Le but étant de dépasser le cadre des réalisations de nos ancêtres et de s'ouvrir sur les nouveaux horizons de l'époque actuelle.

C'est pourquoi il serait profitable que la fondation offre des prix aux innovateurs et aux savants éminents ayant laissé une empreinte dans le domaine de la science et de la recherche scientifique. Des savants comme le Dr Mohamad Ghoneim, pionnier de la transplantation rénale méritent une telle consécration. Quant à l'octroi de prix aux dirigeants et aux hommes politiques, ceci n'est nullement nécessaire. Ces derniers reçoivent tous types d'honneur qu'ils méritent ou non. Plus encore, c'est à eux qu'incombe la responsabilité du sous-développement dont nous souffrons.

 

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