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Aïcha Abdel-Aal,
professeur d'histoire pharaonique à l'Université d’Aïn-Chams,
vient de publier ses recherches sur « les empreintes
de pieds historiques en Egypte et leur relation avec
les reliques des prophètes ». Elle est parvenue à donner
des preuves que les empreintes des pieds se trouvant dans plusieurs
mosquées et églises d'Egypte, jusqu'à présent considérées comme
des traces des prophètes, n'ont aucune relation avec eux, mais
qu'elles remontent plutôt aux époques pharaonique et gréco-romaine.
Selon elle, la
plupart des empreintes de pieds ont été révélées pendant la
seconde moitié du XXe siècle, lors de fouilles dans les temples
du Fayoum, de l'oasis de Dakhla, de Qéna et d'Alexandrie. « Les
empreintes découvertes appartiennent à différentes périodes
historiques. Elles remontent à une période allant de 300 av.
J.-C. à l’an 300, c’est-à-dire avant même la naissance du prophète
Mohamad », explique-t-elle .
Pour appuyer sa
thèse, elle a montré que des plaques en pierres étaient utilisées
pendant la période pharaonique. « Ces plaques servaient
à déterminer le lieu où l'homme devait déposé ses sandales pour
se laver avant de rentrer dans un lieu sacré », a-t-elle
signalé. Il y a par exemple la plaque du roi Narmer, fondateur
de la Ire dynastie, qui se trouve actuellement au Musée du Caire.
La forme d'un bassin
qui sert à laver les pieds a ainsi été trouvée gravée sur la
porte de la tombe du roi Ra-Hoteb, de la IVe dynastie, située
à Meïdoum, dans le gouvernorat de Fayoum. Et une autre plaque
existe encore au Musée gréco-romain à Alexandrie. Les textes
des pyramides (textes funéraires égyptiens) de la Ve et VIe
dynasties notent que la purification et le lavage des pieds
des pharaons étaient essentiels pour être en compagnie des dieux.
Elle a cité dans sa recherche qu'on a découvert 15 pièces en
plusieurs formes d'empreintes de pieds, qui maintenant sont
dispersées dans plusieurs mosquées et églises de toute d'Egypte.
Il s'agit notamment des mosquées de Sidi Al-Badawi à Tanta,
l'imam Chaféï au Caire, la mosquée Qaïtbay Al-Mahmoudi dans
les cimetières d'Al-Megawirine, Assar Al-Nabi au Vieux-Caire,
à Atfih dans le gouvernorat de Guiza, et la Mosquée Al-Attarine
à Alexandrie. Même la plaque de l'empreinte des pieds qui se
trouve dans l'église de Sakha à Kafr Al-Cheikh n'a, selon elle,
aucune relation avec Jésus-Christ.
Lors de période
gréco-romaine, des offrandes étaient faites dans les temples
et les fidèles les déposaient autour des empreintes supposées
des dieux avec la conviction que cela va mener à guérir les
maladies. Il est à noter que ces empreintes des pieds n'existent
pas seulement en Egypte mais aussi aux pays de la Méditerranée,
mais la forme de chaque empreinte diffère d'un pays à un autre.
Par exemple, les pieds qui se trouvent au Dôme du rocher datent
de la période gréco-romaine et les juifs les considèrent comme
les pieds de Dieu.
Mais certaines
reliques seraient authentiques, comme celles dans la mosquée
Al-Hussein, un cheveu du prophète Mohamad et un petit morceau
de sa galabiya. Les historiens classiques, comme Al-Maqrizi
et Ibn Taymeya qui a vécu à la fin de la VIIe siècle (800 de
l’hégire), niaient catégoriquement l'existence de ces reliques
qui n'étaient signalées par aucun hadith.
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