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Société de l'Information . Medhat Khalil, PDG de Raya Holding, le premier groupe de télécom et de technologie d'information, était membre de la délégation égyptienne au Sommet mondial sur la société de l'information à Genève. Il parle des potentialités et des stratégies de l'Egypte.
« Nous sommes déçus par les résultats
du sommet de Genève
 »

Al-Ahram Hebdo : Etes-vous satisfait des résultats du sommet sur la société de l'information ?

Medhat Khalil : En fait, non. Le résultat de ce sommet a été très faible. Les pays en voie de développement auraient pu parvenir à des recommandations plus concrètes, des mesures imposées que devraient entreprendre les pays avancés. Comme, par exemple, des programmes d'assistances techniques et financières pour promouvoir la technologie de l'information.

Il était possible et nécessaire de sortir avec des mesures plus précises. J'en blâme la présidence du sommet qui aurait dû gérer les négociations plus efficacement.

— Comment jugez-vous la participation de l'Egypte au sommet ?

— Je suis fortement satisfait de la participation de l'Egypte au sommet. La délégation de l'Egypte était parmi les plus actives, avec le chef de l'Etat en tête. En fait, les experts égyptiens ainsi que les responsables du ministère des Télécommunications ont participé d'une manière effective à la formulation de la Déclaration finale.

— Pourquoi l'Egypte a-t-elle tenu à participer au niveau présidentiel ?

— Premièrement, ce sommet examinait un nombre de questions de plus en plus prioritaires vu le rôle croissant que joue l'information dans le développement et le progrès des pays. L'Egypte tient surtout à ce que les pays avancés jouent un rôle pour aider les pays les moins développés à combler le fossé numérique croissant. Ce qui s'est reflété dans la Déclaration finale du sommet. En second lieu, l'Egypte voulait participer aux discussions traitant de l'hégémonie américaine sur la gestion de l'Internet. Le but étant de donner aux pays en voie de développement droit au chapitre.

— Le commerce électronique n'a pas du tout évolué en Egypte, comme il a été prévu il y a plus de trois ans. Pourquoi ?

— En Egypte, les fondements nécessaires pour créer ce genre de commerce étaient absents. Cela a commencé à changer.

— Comment ?

— Tout d'abord, un réseau d'Internet efficace a été installé. De même, le nombre des internautes a passé, dans une intervalle de 18 mois, de 300 milles à 2,5 millions d'individus. 300 milles était un chiffre modeste, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas assez de gens pour effectuer des transactions à travers la Toile. Aujourd'hui, 2,5 millions peut représenter un début. Ensuite, le nombre d'ordinateurs personnels était négligeable. Durant les deux dernières années, le ministère des Télécommunications a entrepris deux initiatives : Ordinateur pour chaque étudiant et PC pour chaque famille. Ces deux initiatives ont rendu disponibles des ordinateurs à des prix convenables. Ces initiatives ont porté leurs fruits. Les ventes dépassent les prévisions. Avant la libéralisation du taux de change, le taux de croissance de la possession d'ordinateurs atteignaient 50 %. Maintenant, après que les prix ont augmenté à cause de la dépréciation de la livre égyptienne, le taux a baissé pour atteindre 20 à 30 %. Mais c'est quand même beaucoup. Et, finalement, les entreprises commencent à créer leurs sites sur le web. Tout cela me porte à croire fortement que l'année prochaine sera la première année du commerce électronique en Egypte.

— Est-ce que les mesures entreprises pour installer le gouvernement électronique progressent selon le même rythme ?

— Le progrès n'est pas homogène. Il y a un nombre limité d'organismes et de ministres qui ont déjà commencé à offrir leurs services sur le web. Le ministère des Finances est un bon exemple. Le ministère des Télécommunications a déjà installé un système pour le paiement des factures à travers le Net. Ceci est considéré comme une étape importante pour se préparer au lancement du gouvernement électronique quand l'environnement le permet.

— Un émirat arabe comme Doubaï a dépassé l'Egypte dans ce domaine. Pourquoi ?

— C'est vrai que la comparaison est désormais en défaveur de l'Egypte. Doubaï a réussi à simplifier les étapes de création des entreprises et le système douanier. Bref, elle a pu s'introduire comme une véritable zone franche, très attirante pour les investisseurs étrangers.

Par contre, en Egypte, les systèmes compliqués de douanes et de taxation ainsi que la bureaucratie, notamment celle de l'Organisme d'investissement, ne fait que chasser les investisseurs dans ce secteur.

Pour comparer, quand j'ai voulu installer une société à Doubaï, cela a pris trois jours et l'activité a commencé immédiatement après. Par contre, en Egypte, cela aurait pris au minimum trois mois.

Toutefois, l'Egypte possède un autre atout. On ne peut pas comparer les potentialités limitées de Doubaï avec ceux de l'Egypte. Notamment les ressources humaines en tant que nombre de diplômés. De même, la qualité de l'éducation et de l'enseignement est en progression.

— Comment la récession a-t-elle affecté le secteur de la technologie de l'information ?

— En réaction à la récession mondiale et locale, le secteur privé s'est rétréci, notamment les grandes et moyennes entreprises. Aujourd'hui, la demande sur les produits technologiques est devenue limitée. La demande locale provient de la part du gouvernement ainsi que du secteur bancaire. Malheureusement, les dépenses de ces deux parties ne peuvent pas compenser la demande du secteur privé.

— Quelles sont les raisons du retard dans l'établissement d'une société de d'information en Egypte ?

— Franchement, il n'y a pas de stratégie globale pour réaliser une avancée technologique significative. Même si le ministère des Télécommunications possède une vision claire. Il lui manque l'autorité pour l'appliquer.

Propos recueillis par
Ibtessam Zayed
Salma Hussein

 

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