| « Non
à La mondialisation capitaliste et l'hégémonie américaine. Oui
à la résistance iraqienne et palestinienne ». Tel fut
le slogan de la deuxième conférence du Caire sur l'Iraq et la
Palestine tenue les 13 et 14 décembre au siège du Syndicat des
journalistes. Alors que la nouvelle de l'arrestation du président
iraqien déchu Saddam Hussein par les troupes américaines faisait
le tour de la planète, plusieurs dizaines de personnalités arabes,
européennes et même américaines étaient réunis au siège du syndicat
au Caire pour dénoncer l'hégémonie américaine en Iraq et les
agressions israéliennes contre le peuple palestinien. Parmi
elles, Ramzi Clark, ancien secrétaire d'Etat américain, Tony
Benn, un des leaders du Parti travailliste britannique,
George Galloway, député britannique, ainsi que des représentants
des syndicats et d'organisations populaires arabes.
Ce n'est pas la
première fois qu'une telle conférence est organisée en Egypte.
Une manifestation similaire avait eu lieu en décembre 2002 également
au Caire dans le cadre de la « campagne mondiale de
lutte contre l'occupation américaine et sioniste ».
La politique américaine fait en effet face à de nombreuses critiques
dans le monde suscitant la mobilisation des organisations de
gauche et des partisans du mouvement antimondialisation. C'est
dans ce contexte que se tenait la conférence du Caire.
Au terme des travaux,
les participants ont émis 9 recommandations appelant à résister
à l'hégémonie américaine et à l'occupation israélienne dans
les territoires palestiniens. Les participants ont de même souligné
la nécessité de soutenir le peuple iraqien dans sa résistance
légitime contre l'occupation américaine et de refuser le Conseil
transitoire iraqien dont les membres ont été choisis par l'occupation
américaine et non par le peuple. « La résistance iraqienne
a besoin du soutien du monde entier. C'est la seule chose qui
va pousser les Américains et leurs alliés à se retirer de l'Iraq.
Au cours des 6 derniers mois, les forces américaines ont perdu
un grand nombre de soldats, plus qu'ils n'en ont perdu pendant
la guerre du Vietnam. Il faut défendre l'Iraq et faire face
aux Américains qui prétendent le libérer alors qu'ils sont des
occupants », réclame l'Iraqien Sabah Al-Mokhtar, président
de l'Association des avocats arabes en Angleterre.
Outre l'hégémonie
américaine dans le monde, la mondialisation était aussi au centre
des discussions. Les participants ont mis l'accent sur la nécessité
de trouver des alternatives pour garantir la justice et les
intérêts des peuples. Selon les personnalités présentes à la
conférence, les Etats-Unis cherchent à imposer une fausse démocratie
dans le monde arabe pour réaliser ses intérêts et donner à Israël
le droit et la force pour jouer un rôle primordial au Proche-Orient.
« Les Etats-Unis prétendent défendre la liberté et le
respect des lois alors que leur stratégie ne respecte pas la
souveraineté des pays et la légitimité internationale. Ils ne
se soucient que de leurs intérêts. Les guerres américaines ne
sont pas crédibles. Bush veut s'emparer du monde. Si Saddam
sera jugé pour ses crimes. Bush et Sharon, aussi, doivent être
jugés », pense Ramzi Klark, ancien secrétaire d'Etat
à la Justice.
La conférence a
appelé à évacuer les armes de destruction massive du Proche-Orient
et du monde entier, ainsi qu'à la libération des milliers de
prisonniers palestiniens et à la condamnation des régimes arabes
qui ont accepté la guerre contre l'Iraq.
Le rôle des organisations
populaires a également été évoqué. Selon les participants, ces
organisations peuvent contribuer à la résistance contre l'hégémonie
américaine à condition toutefois que les régimes en place appliquent
la démocratie. « Les régimes arabes ignorent la volonté
de leurs peuples ainsi que leurs réclamations. Les peuples arabes
ont la même langue et appartiennent à la même culture. Ils peuvent
constituer une force dans le monde sous un seul étendard. Les
régimes arabes doivent se rendre compte de cette réalité et
en profiter », estime George Galloway.
La conférence a
appelé les pays arabes à annuler les lois d'urgence et les tribunaux
d'exception et à lever les restrictions imposées aux activités
politiques. « Le Djihad est un devoir imposé à chaque
musulman » insiste Maamoun Al-Hodeibi, le guide spirituel
de la confrérie des Frères musulmans.
La conférence du
Caire s'est achevée sur des recommandations uniquement. Les
participants avaient réclamé une campagne internationale de
boycott des produits israéliens et américains ainsi que l'organisation
de conférences dans différents pays dans le but d'expliquer
la cause palestinienne et iraqienne et envoyer des délégations
pour visiter l'Iraq. « Mais aucun plan de travail pour
réaliser ce que nous voulons n'a été établi. C'étaient des recommandations
très générales. Nous ne voulons pas des conférences pour condamner »,
conclut Abdel-Aziz Al-Husseini, membre du comité populaire de
soutien à l'Intifada.
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