Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Diplomatie . Le président Hosni Moubarak a rencontré la semaine dernière à Genève le président iranien Mohamad Khatami. Une poignée de main qui semble signer le début d'un rapprochement entre Le Caire et Téhéran.
Le dégel égypto-iranien

La rencontre cette semaine à Genève entre le président Moubarak et le président iranien Mohamad Khatami est historique. Il s’agit de la première rencontre à ce niveau entre les responsables des deux pays depuis 24 ans. L’Iran avait rompu ses relations diplomatiques avec l’Egypte en 1979 après la signature des accords de Camp David avec Israël. Les deux chefs d’Etat étaient présents à Genève pour participer au sommet mondial sur la société de l’information. Khatami a demandé à rencontrer Moubarak en marge du sommet. Et sa demande a été accueillie très favorablement par le chef de l'Etat. « Cette rencontre a été programmée à plusieurs reprises par le passé mais l’absence d’un des deux présidents aux sessions de l’Onu ou de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) a empêché qu’il ait lieu », a déclaré le vice-président iranien, Mohamed Ali Abtahi. Il s'est refusé de dire si la reprise des relations entre les deux pays était à l’ordre du jour de la rencontre. Le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Maher, a lui affirmé que cette rencontre historique entre les deux chefs d’Etat « a donné une impulsion vers plus de compréhension et de coordination ». « Le résultat normal du développement des choses est d’aboutir à une normalisation », a déclaré Maher. Et d'ajouter qu'« il est nécessaire que les deux parties entreprennent des démarches additionnelles et préparatoires afin de parvenir à ce que nous voulons ».

Dans les milieux diplomatiques égyptiens, on souligne une volonté de rapprochement de la part des Iraniens qui existe depuis quelque temps. « Ceci se remarque lorsque des représentants des deux pays se rencontrent à diverses occasions dans les quatre coins du monde. Nous avons eu des rencontres de ce genre, que ce soit au niveau des ministres des Affaires étrangères ou des ambassadeurs », affirme une source au ministère des Affaires étrangères. Selon cette source, durant ces rencontres, il est toujours question de surmonter les divergences et les obstacles pour favoriser une reprise des relations.

Mais quels sont ces obstacles ? L'Egypte exige toujours que le nom de Khaled Al-Islamboli, l'assassin de l'ancien président Anouar Al-Sadate, soit retiré d'une avenue du centre de Téhéran. Le Caire est toujours opposé à la présence iranienne dans les trois îles situées entre l’Iran et les Emirats arabes unis, considérées par l’Egypte comme appartenant aux Emirats. Cette zone entre dans la sphère des intérêts stratégiques et sécuritaires de l’Egypte.

Les Iraniens ont jusqu'ici fait part d'une grande flexibilité pour retirer le nom de la rue Khaled Al-Islamboli. Ils ont proposé de le remplacer par Al-Qahira (Le Caire). « Cette décision a été prise, il y a un an, par les membres du Conseil de la ville de Téhéran, après avoir obtenu l’autorisation du Conseil de sécurité nationale. Elle sera appliquée prochainement », explique Hassan Abou-Taleb, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. Selon lui, le litige sur les trois îles situées sur la côte des Emirats arabes ne représente pas, à lui seul, un obstacle suffisant à la reprise des relations entre l’Egypte et l’Iran. Ceci d’autant plus que les parties concernées ont décidé de transférer l’affaire devant la Cour internationale de justice à La Haye. « On sait que les milieux diplomatiques iraniens et égyptiens aimeraient accélérer le processus de normalisation. Et on a même assisté à une augmentation des échanges culturels et commerciaux entre les deux pays », affirme un diplomate égyptien. « Il faut cependant admettre que les échanges se sont limités à ces domaines sans jamais s'étendre aux véritables relations politiques ». Même après la rencontre de Genève, « il existe encore de fortes craintes de la part des Egyptiens portant sur le rétablissement des relations diplomatiques, voire normalisation avec l’Iran », affirme Hassan Abou-Taleb.

Selon lui, les responsables égyptiens sont préoccupés par le fait qu'une reprise des relations diplomatiques puisse aider certains courants en Iran à établir des liens avec les islamistes égyptiens. Des sources bien informées ont laissé entendre qu’un des sujets de discussion entre les présidents Moubarak et Khatami était la demande de l’Egypte d’obtenir des informations sur les membres égyptiens d'Al-Qaëda qui se trouvent, selon les services de sécurité, actuellement en Iran. C'est là une des questions cruciales dont le règlement peut favoriser une reprise des relations entre Le Caire et Téhéran.

Randa Achmawi

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631