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Nouvelles technologies . Le sommet de l'information, qui s'est clos la semaine dernière à Genève, a éludé les questions délicates, comme le contrôle de l'Internet. Seules des promesses floues sur la réduction du fossé numérique ont été faites.
Un sommet qui surfe dans le vague

Litanies de discours, auditoires clairsemés, propos insipides, chefs d'Etat décommandés ... Le Sommet mondial sur la société de l'information aura fait beaucoup de bruit pour des résultats modestes. La régulation de l'Internet était l'un des points litigieux avec la liberté d'expression, le rôle des médias, et le respect de la propriété intellectuelle qui ont été réglés par des formules floues et des solutions d'attente dans la déclaration de principes adoptée par les 175 pays représentés à Genève.

Le sommet de l'information, qui s'est déroulé du 8 au 11 décembre, avec la participation de quelques 11 000 délégués de 175 pays, 663 Organisations Non-Gouvernementales (ONG), 111 entreprises privées et 72 organisations internationales s'est notamment penché sur la gouvernance de l'Internet.

Cette question est depuis longtemps sujet de débats. Aujourd'hui, ce sont les Etats-Unis qui contrôlent la toile à travers l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). Les Etats-Unis s'opposaient fermement à la création d'une instance de l'Onu chargée de contrôler l'Internet. Pour Washington et d'autres pays développés, il est fondamental que le contrôle de l'Internet reste dans le domaine privé, et ne soit pas transféré à une agence de l'Onu. Pour justifier son rejet de toute régulation, Washington se barricade derrière son premier amendement sur la « liberté d’expression » et la lutte contre le terrorisme. « A mon avis, les Etats-Unis tiennent farouchement à garder l'ICANN sur leur territoire pour des raisons qui sont plutôt d’ordre politique qu’économique. Ainsi, ils peuvent espionner le reste du monde », analyse un expert sous couvert d'anonymat. Un groupe de travail de l'Onu rendra ses conclusions d'ici à 2005 et sera chargé de déterminer s'il convient de créer une nouvelle autorité de contrôle technique de la Toile.

Parmi les autres sujets figurant en bonne place, on trouve aussi celui de la diffusion de la connaissance, le développement des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) pour tous, par exemple le cyber gouvernement, l'e-business, le télé-enseignement ou encore la cybersanté.

Pas de grands résultats concrets pour les pays pauvres. Les questions ardues ont été reportées à la seconde phase de ce sommet, qui se déroulera à Tunis en 2005, notamment celle du financement d'un fonds de solidarité numérique dont les Africains réclamaient la création pour les aider à diffuser plus largement les nouvelles technologies. L'Afrique a obtenu la création d'un fonds de solidarité numérique, mais les pays du Nord ont jusqu'à fin 2004 pour s'engager à y contribuer financièrement. De même, les Etats-Unis ont annoncé le déblocage de 400 millions de dollars pour le développement des nouvelles technologies dans les pays pauvres, mais sans préciser si cela se fera ou non par l'intermédiaire de ce fonds.

De toutes les régions du monde, c'est en effet en Afrique que le fossé numérique est le plus marqué. L'Afrique, qui rassemble 13 % de la population mondiale, ne compte que 1 % des internautes. La proportion des utilisateurs d'Internet est de 1 sur 15. En Amérique du Nord et en Europe, 1 personne sur 2 a accès à Internet. De même, sur 770 millions d'Africains, seuls 5,9 millions ont un ordinateur, soit un personne sur 130. Toutefois, l'Afrique a fait des progrès importants en matière de télécommunications au cours des dernières années. Le nombre de lignes téléphoniques terrestres est ainsi passé de 12,5 millions en 1995 à 21 millions en 2001. Si l'on considère que le fait d'avoir accès à l'information peut être un facteur de développement du commerce, de l'éducation, de l'emploi, de la santé et de la fortune, « trop de gens dans le monde restent à l'écart de cette révolution », a souligné le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan.

Ibtessam Zayed
L'Egypte se veut branchée

L'Egypte a souhaité affirmer son attachement aux nouvelles technologies, lors du sommet de l'information qui s'est déroulé à Genève du 8 au 11 décembre, où le président Moubarak était présent. La participation du pays à un niveau présidentiel assure l'importance accordée par l'Etat pour développer ce secteur. Cette participation témoigne aussi du rôle que l'Égypte a joué à travers les conférences préparatrices qui ont eu lieu en juin dernier pour tenter de coordonner les attentes des pays arabes et des pays du Sud.

Lors du sommet, l'Egypte a ainsi été choisie « comme l'un des 5 centres mondiaux attribuant directement les adresses Internet », explique Tareq Kamel, conseiller auprès du ministre des Télécommunications.

Ce dernier ajoute que l'Egypte participera à des réunions préparatoires à la deuxième phase du sommet de l'information, qui se tiendra à Tunis en 2005. L'Egypte devrait contribuer avec les pays arabes et africains à former un groupe de travail pour déterminer les mécanismes de financement de la réduction du fossé numérique.

De même, ce sommet a permis d'exposer l'expérience égyptienne et ses initiatives pour combler le fossé numérique. « Une expérience de propagation des nouvelles technologie de l’information qui va du projet Un ordinateur dans chaque maison à l’accès gratuit à l'Internet, ou encore la mise en place des réseaux de téléphone dans les régions les plus reculées … », explique Karim Ramadan, directeur général de Microsoft Egypt.

La réduction du fossé numérique figurait en effet en tête des préoccupations des pays en voie de développement. « Depuis le lancement de son programme de développement technologique en 1999, l'Egypte a réalisé un progrès remarquable pour libéraliser les services de télécommunications », ajoute Ramadan. Le nombre d'abonnés au téléphone fixe est passé de 4,9 millions en octobre 1999 à 8,6 millions en octobre 2003, soit une augmentation de 14 %.

Par ailleurs, plus de 5,5 millions d'Egyptiens disposent aujourd'hui d'un téléphone portable, avec une augmentation de 20 % en 2002. Le nombre d'internautes a augmenté, pour atteindre 2,4 millions en octobre 2003, contre 300 000 en 1999, selon un rapport du ministère des Télécommunications. Le nombre des sociétés œuvrant dans ce domaine a également augmenté, pour atteindre 1 070, offrant ainsi 27 000 opportunités de travail. De même, les rendements des fabriquants de logiciels ont atteint 12 milliards de L.E., soit 3 % du PIB. Un chiffre qui demeure modeste si on le compare avec l'Inde dont les revenus de ce secteur atteignent 8 milliards de dollars.

I.Z

 

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