| Le
Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) tenu la
semaine dernière à Genève s'est déroulé en présence de 67 chefs
d'Etat et de gouvernement, 6 000 experts et spécialistes,
représentant les organisations internationales et de la société
civile. Le président Moubarak a prononcé un discours à la session
inaugurale sur la vision arabe et africaine concernant la société
de l'information.
Le rapport de l'Onu
sur le développement humain dans le monde arabe pour l'an 2003,
paru il y a quelques semaines, était également centré sur la
« Société du savoir ». Le rapport affirme que
l'intention d'établir ladite société ne peut être conçue comme
un projet indépendant, un projet qu'on peut atteindre à travers
des efforts exclusivement déployés dans le domaine du savoir.
Il s'agit d'un processus évolutif global qui ne peut être réalisé
que dans le cadre d'un programme de réformes.
Le Sommet mondial
de Genève sur la société de l'information confirme cette vision
globale. Autant que la société du savoir, celle de l'information
n'est pas une question technique ou même informatique comme
on pourrait le croire à première vue. Mais il s'agit d'une évolution
globale qui doit concerner tous les secteurs de la société.
Une question liée au concept même du développement global.
Cela paraît clair
à la lecture de la Déclaration de principes du sommet propres
à la société de l'information. Dans son article premier, la
Déclaration insiste sur les liens étroits entre la société de
l'information et le développement global et durable. L'article
suivant souligne la globalité du concept de développement et
l'étendue de la vision concernant la société de l'information.
L'accès à cette société ne peut se faire que dans le contexte
général d'une renaissance nationale et d'un développement global
visant à améliorer le niveau de vie des citoyens, l'éradication
de la pauvreté et de la faim, la consécration de l'enseignement
primaire pour tous, le contrôle de la mortalité infantile, la
santé des mères, etc. Et dans la mesure où la société de l'information
repose essentiellement sur des bases scientifiques, la Déclaration
a souligné le rôle central de la science dans la société de
l'information.
La Déclaration
a également souligné l'importance de mettre au point une infrastructure
de l'information et des communications. L'établissement d'une
infrastructure évoluée qui repose sur les réseaux de l'information
et des communications, qui répond aux conditions régionales
et nationales, est sans aucun doute capable d'accélérer le progrès
social et économique, de promouvoir le bien-être des citoyens,
des sociétés et des hommes en tout lieu.
Il était aussi
nécessaire de rappeler que la technologie de l'information et
des communications est un outil et un moyen, non une fin en
soi. Les promoteurs de la Déclaration ont pris soin de souligner
la nécessité de respecter l'identité culturelle propre à chaque
peuple. La société de l'information doit reposer sur le respect
de l'identité culturelle et linguistique, des traditions et
des religions afin d'encourager le dialogue des cultures et
des civilisations.
La Déclaration
a pris soin également de rappeler l'importance des considérations
morales afin d'éviter l'usage de la technologie à des fins criminelles
ou racistes, de discrimination, de haine ou de diffamation d'une
religion.
La Déclaration
a consacré une partie importante à la coopération internationale
et régionale afin de réaliser des objectifs de développement.
La société de l'information est de nature mondiale. D'où la
nécessité de promouvoir la coopération internationale et régionale
entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile.
Le Sommet de Genève a enfin affirmé que la société de l'information
et du savoir commun serait à la portée de tous si l'on prend
les mesures nécessaires pour y parvenir. Des mesures fondées
sur la coopération internationale.
|