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Palestine
. L'Autorité et Washington
rejettent les « mesures unilatérales » envisagées
par Ariel Sharon alors qu'aucune date n'a été fixée pour une
rencontre entre les premiers ministres palestinien et israélien.
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Israël
isolé |
Les Palestiniens
sont mécontents de la politique d'Israël. Et il le font savoir.
Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a réitéré samedi
sa dénonciation des « mesures unilatérales »
envisagées par son homologue israélien Ariel Sharon, et ce en
recevant l'émissaire américain David Satterfield qui est arrivé
la veille dans la région pour tenter de trouver
les moyens de relancer le processus de paix gelé depuis le déclenchement
de l'Intifada, fin septembre 2000. M. Qoreï, qui a vu l'émissaire
américain dans la localité Al-Azariya, près de Jérusalem, en
Cisjordanie, a déclaré à l'issue de la rencontre : « Nous
avons réaffirmé que des actions unilatérales constituaient un
obstacle à la paix et avons demandé l'arrêt de la construction
du mur ». Il se référait à la ligne de séparation érigée
par Israël en Cisjordanie malgré les protestations internationales.
Dans la perspective
d'un échec de la Feuille de route, le dernier plan de paix international,
M. Sharon a multiplié les allusions à des « mesures
unilatérales » qu'il pourrait être amené à prendre,
dont l'annexion de facto de régions de Cisjordanie au
prix d'un retrait de colonies isolées principalement dans la
bande de Gaza.
Au sujet d'une
possible rencontre avec M. Sharon, M. Qoreï a indiqué « qu'aucune
date n'avait été fixée » jusqu'à présent. « Il
faut s'assurer d'abord qu'elle aboutisse à des résultats ».
M. Qoreï a précisé que de hauts responsables de son cabinet
et de celui de M. Sharon se rencontreraient de nouveau pour
tenter de préparer une rencontre au sommet. Cela fait déjà plusieurs
semaines que les deux cabinets sont en contact pour une rencontre
repoussée jusqu'à présent par les Palestiniens faute d'assurances
israéliennes.
Jeudi, M. Qoreï
avait également mis en garde contre les « mesures unilatérales »
évoquées ces derniers jours par M. Sharon. « S'il veut
démanteler des colonies, qu'il le fasse. Mais s'il veut annexer
des terres palestiniennes à l'aide de la clôture, le terrorisme
se renforcera », a-t-il prévenu. Les propos du premier
ministre palestinien coïncident avec les critiques manifestées
par le président américain George W. Bush au sujet des « mesures
unilatérales ». « Israël doit être conscient
qu'il ne faut pas prendre de décisions qui rendent difficile
la création d'un Etat palestinien. Il est dans l'intérêt d'Israël
qu'il y ait un Etat palestinien et il est dans l'intérêt du
peuple palestinien, pauvre et qui souffre, qu'il y ait un Etat
palestinien », a-t-il dit vendredi. Le président américain
a affirmé qu'il « n'a pas changé d'avis » sur
la nécessité d'un Etat palestinien indépendant. « La
première étape est pour toutes les parties de combattre le terrorisme,
d'arrêter de détruire les espoirs du plus grand nombre. La deuxième
étape est que les Palestiniens trouvent un gouvernement qui
soit disposé à rejeter les vieilles politiques du passé et conduire
le peuple palestinien non seulement vers un Etat démocratique,
mais aussi vers une solution pacifique des différences »,
a-t-il ajouté. De son côté, le porte-parole du ministère américain
des Affaires étrangères, Richard Boucher, a affirmé que Washington
« a toujours été opposé à des mesures unilatérales qui
préjugeraient de l'issue » d'un règlement final. Il
a également déclaré que Washington voyait d'un œil favorable
toute mesure qui puisse « améliorer la vie des Palestiniens
ordinaires », allusion à des mesures pour faciliter
la circulation des personnes ou l'activité économique que les
Etats-Unis demandent régulièrement à Israël de prendre.
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Manifestations contre le mur et les détentions
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Exaspérés par
l'intransigeance israélienne quant à la construction du mur
de la Cisjordanie, deux mille Palestiniens et près d'un millier
de pacifistes israéliens ont manifesté, samedi à Al-Ram, faubourg
palestinien de Jérusalem-Est, contre la construction de la
ligne dans ce secteur. Selon un rapport publié en octobre
par des donateurs internationaux qui aident les Palestiniens,
la barrière construite notamment autour du secteur oriental
de Jérusalem, provoquera des déplacements de populations.
Ce document indique aussi que « les communautés voisines
de Jérusalem sont séparées de la ville, dont elles dépendent
pour le commerce, le travail et les services sociaux vitaux »,
surtout dans les domaines scolaire et médical. Les Palestiniens
exigent l'arrêt de la construction de cet ouvrage défensif
controversé censé empêcher les attaques en territoire israélien
et qui mord profondément sur le territoire du futur Etat palestinien
qui, selon la Feuille de route, devrait voir le jour d'ici
à 2005.
Le même jour,
plusieurs milliers de Palestiniens ont manifesté à Gaza pour
exiger la libération des détenus dans les prisons israéliennes.
La manifestation, organisée par les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa,
groupe armé lié au mouvement Fatah du dirigeant palestinien
Yasser Arafat, a sillonné les rues de Gaza avant de se diriger
vers le siège du Conseil législatif (Parlement). Dans un communiqué
distribué lors de la manifestation, les Brigades ont affirmé
« refuser que notre Etat soit transformé en une vaste
prison déchirée par les colonies et encerclée par les murs
de séparation racistes ».
Sur le terrain,
Kamleh Al-Chouli, une étudiante palestinienne de 20 ans, a
été tuée samedi par des tirs israéliens alors qu'elle se rendait
en voiture à l'université Al-Najah de Naplouse (nord de la
Cisjordanie). Selon des sources militaires israéliennes, le
taxi dans lequel elle se trouvait a forcé un barrage de l'armée.
Les militaires ont ouvert le feu après les tirs de sommation
d'usage, la blessant mortellement.
Deux Palestiniens
qui tentaient de s'infiltrer en Israël à partir du nord de
la bande Gaza ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi
par des tirs de soldats israéliens. Ces deux Palestiniens
faisaient partie d'un groupe de six Palestiniens qui ont été
repérés alors qu'ils se trouvaient dans une « zone
de sécurité » interdite d’accès en territoire palestinien,
près de la clôture entourant la bande de Gaza. Ces décès portent
à 3 646 le nombre des personnes tuées depuis le début
de l'Intifada, fin septembre 2000, dont 2 726 Palestiniens
et 854 Israéliens.
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| Rania Adel |
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Réunion
à haut niveau
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David Satterfield, un adjoint du sous-secrétaire
d'Etat chargé du Proche-Orient, William Burns, a eu lundi une
réunion « tripartite avec des représentants israéliens
et palestiniens », a déclaré le porte-parole du département
d'Etat, Richard Boucher. Des représentants des « donateurs
majeurs » pour le processus de paix assistaient aussi
à cette rencontre, a-t-il affirmé, sans donner plus de détails
sur les participants à cette rencontre.
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