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Syrie-Etats-Unis . La pression américaine s'accentue sur Damas, Washington envisageant d'imposer des sanctions si la Syrie ne change pas sa politique dans la région.
Washington hausse le ton

Les relations américano-syriennes sont de plus en plus tendues, à la suite de la signature par le président américain George W. de la loi « sur la responsabilité de la Syrie et sur la souveraineté du Liban » instituant des sanctions économiques et politiques contre la Syrie. Cette loi, signée vendredi, autorise M. Bush à décréter des restrictions sur les exportations et les investissements américains en Syrie, à abaisser le niveau de la représentation diplomatique américaine à Damas, et restreindre la liberté de circulation des diplomates syriens aux Etats-Unis.

Elle prévoit également l'interdiction d'exportations de produits de haute technologie en principe destinés à un usage civil, mais pouvant trouver une utilisation militaire. Elle autorise, d'autre part, la Maison Blanche à geler les avoirs syriens aux Etats-Unis et à revoir le droit de survol de l'espace aérien américain par des appareils syriens. La signature du président américain est intervenue après que le Congrès américain eut approuvé, le 11 novembre, des sanctions économiques et diplomatiques contre la Syrie, accusée de soutenir le terrorisme.

Toutefois, Christopher Cox, président de la commission de la sécurité intérieure au Congrès, a laissé entendre qu'il y a une possibilité d'éviter les sanctions si « les Etats-Unis et la Syrie se mettent d'accord sur certains sujets ». « Si la Syrie respecte les clauses de la loi, la coopération, notamment économique, s'étendra » entre les Etats-Unis et la Syrie, a poursuivi M. Cox qui dirige une délégation américaine composée de quatre représentants républicains et quatre démocrates, arrivée samedi à Damas dans le cadre d'une tournée en Europe et au Moyen-Orient. « Nous ne prévoyons pas de résultats immédiats, la Syrie va étudier la question et cela prendra quelque temps », a poursuivi M. Cox.

Selon lui, l'Administration américaine veut que la Syrie cesse son soutien au Hezbollah chiite libanais et aux organisations palestiniennes basées à Damas, qu'elle considère, à l'instar d'Israël, comme des mouvements « terroristes ». En outre, Washington accuse Damas de laisser passer des combattants armés en Iraq à partir de son territoire.

Réagissant à la loi américaine, la presse officielle syrienne a accusé « les partisans d'Israël au Congrès américain » d'être derrière l'adoption de la loi des sanctions et la radio publique a regretté cette décision « qui ne peut qu'intensifier les tensions, au lieu de chercher les points communs » entre les intérêts américains et syriens. Le rédacteur en chef du journal du parti au pouvoir, Al-Baas, Mahdi Dakhlallah, y voit « une tentative de modifier les positions de la Syrie » sur le conflit israélo-arabe et l'Iraq. Dans un entretien accordé récemment au journal New York Times, M. Assad avait indiqué que son gouvernement avait aidé les Etats-Unis à déjouer au moins sept attaques terroristes contre des objectifs américains. Il avait aussi affirmé que la Syrie ne soutenait pas d'organisations terroristes et que son soutien au Hezbollah n'était que politique.


Dénonciation arabe

Proche allié de Damas, qui y exerce une influence prépondérante, le Liban a dénoncé samedi l'imposition par les Etats-Unis de sanctions contre Damas appelé à retirer ses troupes du Liban. Pour le premier ministre, Rafiq Hariri, ces sanctions « compliquent les choses et rendent difficiles un règlement du conflit israélo-arabe et la marche vers la paix ». De son côté, le ministre de l'Information, Michel Samaha, a estimé que « cette loi constitue une atteinte flagrante de la part des Etats-Unis à la souveraineté des deux Etats » syrien et libanais.

« Il existe un Parlement libanais et un Parlement syrien, et les relations libano-syriennes, de même que la présence syrienne au Liban, sont dictées par des accords conclus entre les deux pays souverains », a-t-il ajouté. La Syrie, liée depuis 1991 au Liban par un « traité d'amitié, de fraternité et de coopération », exerce une influence sans partage chez son petit voisin, où elle déploie quelque 20 000 soldats.

Pour leur part, l'Egypte et la Jordanie ont appelé Damas et Washington à un dialogue pour régler leurs différends. Le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Maher, a critiqué samedi l'imposition par les Etats-Unis de sanctions contre la Syrie tout en soulignant qu'il « y a actuellement un dialogue entre les Etats-Unis et la Syrie, et il est préférable de le poursuivre plutôt que de menacer avec des sanctions qui n'apporteront pas de résultats ». Le lendemain, le président Hosni Moubarak a minimisé la portée de la loi, se déclarant convaincu que le président américain ne les appliquerait pas. « Je ne crois pas qu'il y a lieu de l'utiliser, car la Syrie veut négocier et s'asseoir à la table des négociations pour régler le problème de ses territoires » du Golan, occupés et annexés en 967 par Israël, a-t-il souligné.

De son côté, la Ligue arabe a exprimé dimanche son « extrême inquiétude », et a appelé Washington à abandonner son « alignement » sur Israël. Le porte-parole de la ligue, Hossam Zaki, a déclaré que la politique américaine partiale à Israël « provoque les peuples arabes et musulmans et crée un climat de tension, de colère et de frustration ».

Seul Israël s'est réjouit de la position américaine hostile à la Syrie. « Israël ne peut être que satisfait. Ces sanctions vont faire comprendre à la Syrie le prix à payer pour son soutien aux organisations terroristes », a affirmé un responsable qui a requis l'anonymat. « Le président Bachar Al-Assad n'a pas voulu prendre en compte les avertissements américains en fermant les quartiers généraux des organisations palestiniennes installées à Damas ou en cessant de soutenir le Hezbollah », a ajouté ce responsable.

Rania Adel

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