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Porcelaine . La seconde exposition internationale, tenue à la galerie Ofoq du musée Mahmoud Khalil, jette la lumière sur un art ancien voué, en Egypte, à l'ombre.
L'or blanc prend des couleurs

Au commencement, était la céramique. C'est l'un des premiers gestes fondateurs de la civilisation qu'on a souvent comparé à la fabrication du pain prenant des formes et techniques variées de la faïence et de la porcelaine.

C'est dans le spontané de cet art, lié aux trouvailles archéologiques, à la civilisation de chaque pays, mais surtout à son évolution qu'on a cherché à organiser une exposition internationale de l'art de la peinture sur porcelaine. Il s'agit d'une rencontre entre, d'une part, divers pays arabes et étrangers, Bahreïn, le Koweït, l'Arabie saoudite, l'Egypte, la France, le Japon, la Suisse, la Nouvelle Zélande, et un focus particulier sur les pays de l'Amérique latine. A partir de nombreuses participations égyptiennes, Samia Zada, présidente de l'organisation mondiale de la peinture sur porcelaine, tente de remettre en valeur un genre artistique proche de la conscience populaire. Puisqu'il a été en floraison dès les dynasties pharaoniques, puis à l'époque copte, et a connu son âge d'or à l'époque islamique, surtout celles des Fatimides et des Ayyoubides. Ainsi, après une première rencontre au Palais des arts du Caire en 2000, cette exposition vient lancer la mise en fonctionnement du centre de créativité de l'art de la porcelaine au centre d'Al-Fostate en janvier prochain. Si à la première exposition un intérêt particulier était accordé à la reprise des peintures pharaoniques, comme décor de la porcelaine, à cette exposition, l'organisatrice cherche à présenter les tendances d'aujourd'hui. « Les pièces provenant de l'Amérique latine ou de l'Australie témoignent d'une tendance expressionniste dans la peinture sur la porcelaine », avance Samia Zada.

Cependant, on pourrait trouver un large éventail de tendances allant des plus classiques telles les assiettes ou les pots pourris à décor floral (l'Argentin Relly Molinari, les Australiennes Adriana Pippen et Louise Hopping, l'Espagnole Ana Maria Santos de Alonso, etc.) ou la reprise des thèmes japonais (la Saoudienne Ohoud Al-Saadi) ou le décor des scènes galantes ou le goût de l'aristocratie dans des pièces en porcelaine dorée qui insistent sur cette matière nommée jadis l'or blanc ; jusqu'à la recherche esthétique de l'objet artisanal. Ayant recours à la translucidité de la porcelaine et l'usant comme simple support, la Brésilienne Rose Mari Borges peint un tableau, ou disons un détail expressionniste sur un support d'assiette, sa compatriote Elvira Aguira présente un portrait réaliste, l'Allemande Else Strube présente une scène dansante aux lignes modernes et une maîtrise des contrastes, la Libanaise Colette Masri va également dans cette direction qui dépasse la fonctionnalité de l'objet pour lui donner une portée plus plastique.

En insistant davantage sur la qualité des œuvres, en s'intéressant à la formation des jeunes porcelainiers, ces rencontres peuvent être fructueuses.

Dina Kabil

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