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Prix . Depuis la libéralisation du taux de change en janvier 2003, les prix des produits de consommation sont en continuelle augmentation. Le gouvernement a annoncé une « révision » des prix qui n'a eu aucun effet sur le marché.

Le gouvernement tergiverse

Depuis la décision du gouvernement de libérer le taux de change, les prix sur le marché égyptien n'ont cessé de monter, surtout ceux des produits alimentaires qui ont augmenté de 8,5 % entre janvier et octobre 2003. Alors que l'augmentation totale des prix est de 5,3 %. Le prix de la viande à titre d'exemple est passé de 20 L.E. le kilo au début de l'année à 25 aujourd'hui. Celui de l'huile est passé de 4,50 L.E. à 6,50 L.E. Face à cette fébrilité des prix, le gouvernement a jugé bon de sortir de son mutisme avec quelques timides réactions.

Au début du mois, le gouvernement a annoncé sa décision de réviser les prix de 15 produits alimentaires de base. A savoir les produits laitiers, les poulets, la viande, les œufs, le beurre, les pâtes, le sucre, le riz, les fèves, les lentilles, le thé, l'huile, la margarine et la farine. Certains journaux ont sous-entendu qu'il s'agit de réduction des prix. Or, il n'en est rien. Il s'agit juste d'une subventions des produits des entreprises publiques qui sont en général de qualité inférieure et qui ne couvre qu'une partie minime de la consommation.

Pour leur part, certains grands supermarchés ont affiché de larges banderoles annonçant qu'ils vendent des produits selon les indices de prix du ministère de l'Approvisionnement. « Nous devrons recevoir du riz et du sucre à des prix plus bas de ceux du marché. Nous recevrons une liste des autres produits la semaine prochaine », explique Ahmad Khaled, directeur du magasin Cash&Carry.

Or, le lendemain de la déclaration du ministre de l'Approvisionnement, les prix ont augmenté dans les coopératives (des supermarchés publics où se vendent les produits subventionnés ainsi que d'autres produits à des prix inférieurs à ceux du marché). « J'ai acheté du riz à 2,25 L.E. le kilo alors que les mêmes marques avec le même emballage se vendaient à 2 L.E. seulement avant Quant au sucre, il n'existe pas dans les coopératives car son prix augmentera », assure une mère de famille.

L'Hebdo a tenté de s'informer sur les détails de cette « révision » auprès du ministère de l'Approvisionnement et du Commerce intérieur. Or, il a été impossible d'obtenir une information cohérente. Un responsable du bureau du ministre est allé jusqu'à dire qu'il s'agit juste d'une annonce pour les journaux et que jusqu'à maintenant rien n'a été concrétisé.

« Il n'y a pas de nouvelles décisions », explique pour sa part Khaled Abou-Ismaïl, président de la Fédération des chambres de commerce. « Cette décision existe depuis presque deux mois, avant le début du Ramadan. Seulement, le gouvernement a augmenté le nombre des produits concernés par la révision », ajoute-t-il.

Il semble que personne ne sait grand-chose sur les déclarations de Hassan Khedr, ministre de l'Approvisionnement et du Commerce intérieur. Celui-ci a annoncé que son plan de contrôle des prix est en cours et qu'il a commencé par une liste des produits, à savoir 20 000 tonnes de sucre, 5 000 tonnes de lentilles, 5 000 tonnes de fèves ainsi que de la farine, de l'huile et du thé.

Sur le marché, rien n'a été senti. Le budget de la famille égyptienne s'est sensiblement creusé depuis le début de l'année. Une étude de l'Organisme central de mobilisation et des statistiques a révélé que les dépenses en nourriture d'une famille pauvre composée de 5 personnes sont passées de 660 L.E. par an avant la libéralisation du taux de change en janvier dernier à 755 L.E. aujourd'hui. « La hausse des prix depuis janvier dernier jusqu'au mois d'avril a causé un fardeau sur le budget des familles de 486 L.E. par an en moyenne. Ces familles se trouvent donc obligées d'augmenter leurs dépenses en nourriture (au détriment d'autres produits) si elles en ont les moyens. Sinon, elles seront acculées à couper leurs achats en produits alimentaires », a annoncé Ahab Eloui, président de l'Organisme des comptes. Ce déséquilibre dans le budget des familles égyptiennes est d'autant plus pesant que la nourriture en occupe la partie majeure avec 38,8 % des dépenses totales en milieu urbain et 50,8 % en milieux ruraux selon le dernier recensement sur le budget de la famille de 1999/2000. Il faudra donc plus que des déclarations évasives pour redresser ces déséquilibres.

Marwa Hussein

 

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