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Show-Business
. Emplis de rêves de célébrités,
des milliers de jeunes se ruent vers Studio Al-Fan, une
émission égypto-libanaise, qui propose de transformer les jeunes
talents en véritables stars. A l'inverse des autres émissions
de ce type, ce studio semble ne pas être qu'un miroir aux alouettes.
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La
voie de la célébrité |
| Des
rythmes mélodieux s'échappent du bureau de l'émission Studio
Al-Fan, où des dizaines de jeunes talents se sont rassemblés
pour se préparer à l’épreuve de sélection finale. Ces futures
stars ont déjà passé avec succès les deux étapes de présélection
pour l'émission égypto-libanaise. C'est un programme télévisé
très populaire auprès des jeunes, bien que l'émission n'ait
commencé que depuis quelques mois. Il a prouvé sa crédibilité
quant à une sélection exigeante des candidats, et à un jury
qui a toujours siégé devant le public. Un jugement qui paraît
donc hors de tout soupçon ou de tout piston, contrairement à
ce qui était pratiqué dans les autres émissions.
« J'ai
hésité longtemps avant de me présenter à cette compétition.
J'ai déjà participé à ce type de compétition à deux reprises.
A chaque fois, j'ai été déçue. Soit c'est le piston qui l'emporte,
soit c'est à la tête du client, soit on promet monts et merveilles,
et au moment de l'épreuve, c'est une douche froide que l'on
reçoit sur la tête », explique Dina Al-Guiyouchi, qui
ajoute que ce sont des amies qui ont vécu cette belle expérience
qui l'ont encouragée à présenter sa candidature. Et d'ajouter :
« Cela me suffit de savoir que Simon Asmar, le réalisateur
de l'émission, a déjà formé un bon nombre de stars à l'exemple
de Elissa, Waël Kfouri, Nawal Al-Zoghbi et bien d'autres. Il
ne faut pas aussi oublier qu'il a une expérience de 30 ans derrière
lui ».
Ce n'est pas seulement l'avis de Dina, mais
aussi de centaines de jeunes talents qui attendent beaucoup
de ce studio. Studio Al-Fan, qui a ouvert ses portes
au mois de mai dernier, sélectionne non seulement les futures
stars, mais se charge aussi de leur formation en tant que designers,
présentateurs, mannequins et surtout chanteurs. L'idée a germé
chez le réalisateur Simon Asmar après le succès réalisé par
de telles émissions au Liban depuis plus de trente ans.
« Le public égyptien est très subtil, il encourage et
accueille chaleureusement les jeunes artistes. De telles émissions
permettent de sélectionner et de suivre les plus talentueux.
Je pense que le milieu artistique a besoin de telles initiatives »,
explique Simon Asmar.
Trois mille jeunes se sont présentés au Studio
Al-Fan pour tenter leur chance. La compétition est donc
farouche. Nour, une Alexandrine de 21 ans, n’arrête pas de passer
d'une salle à une autre pour demander aux autres candidats et
aux membres de la direction si sa chanson concorde avec sa voix.
Cela fait un mois que Nour se rend au studio, et elle est devenue
une toute autre personne. Elle a perdu 25 kg, elle est plus
naturelle, plus volubile. Elle n'hésite pas à faire quelques
manières pour plaire à l'assistance. « Est-ce que ma
coiffure est jolie ? », demande-t-elle. Ihab,
le styliste, n'hésite pas à lui donner son avis. « Je
pense que des cheveux plus foncés t'iraient mieux ».
Nour se regarde dans un miroir et constate que ses cheveux sont
plutôt ternes. « Peut-être qu'en les teignant en noir,
cela rehausserait la robe noire que je dois porter pendant
la soirée ».
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« Ici, c'est le talent qui prime »
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| « J'ai
présenté ma candidature et chanté devant un jury dont les membres
étaient placés dans une autre salle. A ma grande surprise, j'ai
été sélectionnée », explique Nour. Elle ajoute qu'elle
n'en revenait pas lorsque le jury l'a désignée car, selon elle,
dans de telles compétitions, c'est le piston qui fonctionne.
« Ici c'est le talent qui prime. Toutes les amies qui
se sont présentées n'ont pas été admises, alors qu'elles étaient
bien pistonnées », souligne-t-elle. Les nerfs tendus,
Nour commence à faire des vocalises, puis se met à fredonner.
Sa deuxième chanson est belle, mais elle sait que le dernier
mot revient au jury. C'est lui seul qui décidera de son avenir
d'artiste.
Une
fois le premier essai terminé, chaque candidat suit un programme
bien approprié, en quelque sorte, une phase de préparation pour
la première rencontre devant le jury et le public. « Des
cours de solfège, des conseils précieux pour changer d'allure,
de style de vêtements en commun accord avec le styliste ou encore
des cours de gymnastique et de diététique pour le maintien de
la forme », explique Zaki Abdel-Hamid, directeur de
la société. Il ajoute qu'aujourd'hui, le travail artistique
ne nécessite pas seulement un certain talent, mais il s'est
transformé en une véritable industrie de stars. D'après lui,
le but de cette société est de créer une institution pour bien
former les futures stars et les suivre dans leur avenir artistique.
« Nous leur offrons un soutien administratif et financier.
Nous voulons former de véritables stars que l'on pourra exporter
à l'étranger ».
L'expérience libanaise
de Simon Asmar s'ajoute à celle des professionnels égyptiens
tels que le distributeur de musique Khaled Nabil, la poétesse
Kawssar Moustapha, et la styliste et ancien mannequin Amina
Chilbaya, et bien d'autres noms encore, qui pourront transmettre
leur savoir à une nouvelle génération qui laisse augurer d'un
bel avenir.
« Les mots
d'encouragement formulés à mon égard par les membres du jury
m'ont remonté le moral, alors que mes mains tremblaient de peur.
C'était bien la première fois que je tenais un micro et j'avais
le trac », confie Lamia, originaire d'Assiout. Cette
jeune fille a décidé de tenter sa chance malgré le refus de
ses parents, qui d'ailleurs ont vite fait de changer d'avis
lorsqu'ils l'ont vue passer à la télévision. « J'ai
osé quitter mon travail aux Emirats arabes unis pour présenter
ma candidature au Studio Al-Fan. Je ne regrette rien,
car j'ai beaucoup appris », ajoute Lamia, qui a rapidement
changé de style de vêtements et de maquillage. « Les
responsables nous imposent la manière de nous tenir, de nous
vêtir. Même si je ne suis pas d'accord, je suis forcée d'accepter
pour paraître plus belle à l'écran », note-t-elle.
Bien qu'elle soit issue d'un milieu plutôt conservateur, Lamia
ne trouve pas d'inconvénient à s'initier au monde du showbiz.
« De nos jours, c'est un facteur indispensable pour
le succès d'une star », assure Lamia qui fredonne des
chansons du style classique qui se mêlent aux airs plus modernes
ou populaires des autres concurrents. |
Dictature du look |
Prenant son rôle
bien au sérieux, Hani se pavane fièrement. Les cheveux gominés,
il porte une chemise dernier cri, et un petit collier porte-bonheur.
« Quelle élégance, tu es tiré à quatre épingles aujourd'hui »,
lui dit Nancy, la secrétaire, en lui lançant un clin d'œil.
Elle se rappelle encore le jour où Hani est venu lui annoncer
qu'il avait renouvelé sa garde-robe. Il avait déboursé près
de 10 000 L.E. Mais à sa grande déception, le styliste
lui avait fait remarquer que toutes ses tenues étaient bonnes
à jeter à la poubelle. Venu de Port-Saïd, Hani chante depuis
7 ans des chansons populaires dans des boîtes de nuit ou des
fêtes de quartier. Et comme il n'a jamais été conseillé, il
est resté au même stade durant tout ce temps. « Pour
la première fois, je sens les prémices du succès avec le programme
de Studio Al-Fan », explique Hani. Face à une concurrence
farouche, il a été disqualifié par le jury. Pourtant, il est
heureux, car c'est bien la première fois de sa vie qu'il a
l'occasion de passer à la télévision. « J'ai été si
confiant que j'ai fini par oublier un couplet de la chanson »,
révèle-t-il. Cependant, selon les responsables du programme,
Hani a de bonnes dispositions pour devenir une grande star.
« Il doit encore travailler, notamment sa voix. Une
fois formé, Studio Al-Fan lui donnera un coup de main.
Il l'aidera à sortir sa première cassette ou vidéoclip »,
ajoute Zaki.
Si Hani a le
droit de rêver de devenir une star, d'autres, comme Mohamad
Khaïri, sont déjà lancés sur la voie de la célébrité. Une
situation qui demande bien des sacrifices. Ce dernier a commencé
à animer des soirées télévisées. Il a d'ailleurs commencé
à changer demode de vie. « Pas de veillées sauf dans
le cadre du travail. Je fais aujourd'hui attention à mon langage
et à ma façon de me comporter, car tous les regards sont braqués
sur moi », confie la future star, qui espère aussi
que les autres concurrents suivront son exemple.
« Offrir
au public de véritables talents avec une présentation irréprochable »,
précise Hossam Abdel-Khaleq qui s'est rasé le crâne pour changer
de look. « Il faut avoir de l'audace surtout que rien
n'est garanti ». Aujourd'hui, Hossam gagne de plus
en plus la sympathie du public pendant les soirées organisées
par les différentes chaînes satellites. Un pari qui augure
d'un bel avenir aux futures stars d'autant que la société
qui doit poursuivre son œuvre pour une durée de plus de vingt
ans, cessera à partir de la troisième session à accueillir
de nouveaux talents. Elle tient tout simplement à consacrer
tous ses efforts pour former et encadrer les jeunes talents
qui ont déjà passé les trois sessions. « Une fois
le fruit de leurs efforts récompensé, c'est à eux de décider
de continuer avec nous ou travailler avec d'autres producteurs »,
conclut Zaki.
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| Chahinaz Gheith
Doaa Khalifa |
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