Al-Ahram
Hebdo : En quoi consiste exactement ce projet
dont la première phase vient d'être terminée ?
Chawqi
Nakhla : L'objectif de ce projet est de faire un
inventaire de tous les sites archéologiques qui se trouvent
au nord de Saqqara. Il consiste à préciser le nombre des
monuments qui se trouvent sur ce site, de déterminer leur
état et de faire des cartes complètes, tout en collectant
les informations écologiques et déterminant les risques
qui menacent le site. Cela permettra par la suite de préciser
les travaux de restauration et de conservation qui doivent
être faits. .
— Quelles
ont été les premières conclusions ?
— On a constaté
que Saqqara renfermait 612 monuments non enregistrés auprès
du Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Ainsi, pour la
première fois une base de données a été effectuée sur
chacun de ces monuments avec son histogramme. Beaucoup
de choses ont été découvertes. La civilisation que l'on
pourrait appeler celle de Saqqara se prolonge de la période
archaïque jusqu'à l'époque islamique.
— Avez-vous
commencé des travaux à la suite de ces découvertes ?
— On ne pouvait
pas opérer sur tous ces monuments en même temps, on a
alors concentré nos travaux sur 12 d'entre eux. On a réalisé
une cartographie du nord de Saqqara en utilisant les photos
aériennes qu'on a enregistrées sur CD Rom. On a fait des
études écologiques, sur les changements atmosphériques,
la pollution, l'accroissement démographique, le nombre
des visiteurs en plus des informations géologiques et
hydrologiques et leurs influences sur les monuments. Tout
cela pour mener une restauration et une conservation impeccable.
Ce travail nous a pris trois ans et un budget de deux
millions de L.E. C'est une équipe égyptienne composée
d'égyptologues, scientifiques, ingénieurs et architectes
qui ont exécuté ce travail.
— Pourquoi
avez-vous choisi Saqqara pour réaliser ce projet ?
— Saqqara,
dont la superficie s'étend de la région des Pyramides
de Guiza jusqu'à Dahchour, est enregistrée auprès de l'Unesco
en tant que patrimoine mondial. Et l'une des demandes
de l'Organisation du patrimoine dépendante de l'Unesco
est de former un comité permanent composé de scientifiques,
archéologues et architectes sur site dans le but d'inscrire
les nouveaux monuments découverts auprès du CSA, tout
en suivant les changements causés par l'atmosphère. Il
faut aussi étudier les pierres qui seront utilisées dans
la restauration. Sans oublier les habitants du site et
leur influence sur les monuments. De là, le gouvernement
italien a présenté en 1996-1997 un projet pour préparer
une carte des risques encourus par les monuments du nord
de Saqqara. Les travaux de la première phase ont commencé
en juillet 2000.
— Quel
est le programme prévu pour la deuxième phase?
— Les travaux
de la deuxième phase vont commencer vers le début de 2004
et leur durée sera 3 ans. Un budget de 3,5 millions d'euros
a été alloué pour cette phase. On va transformer les dépôts
en une sorte de musées pour qu'ils soient accessibles
à la visite. On compte sélectionner les monuments les
plus importants à l'exemple de la tombe de Nefer pour
être visitée à travers les moniteurs qui seront placés
à l'extérieur du site. Cette méthode pourrait satisfaire
les touristes, et augmenter le budget tout en conservant
les tombes. D'ailleurs, l'un des résultats les plus importants
de la première phase est qu'on a pu former de jeunes archéologues
et techniciens qui pourraient assurer le suivi de ce programme.
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