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Politique . Des élections législatives partielles doivent se dérouler le 25 décembre dans 20 circonscriptions. L'opposition ayant décidé de boycotter un scrutin « illégal », le PND devrait être seul en lice.
L'opposition boycotte les partielles

Les élections législatives partielles du 25 décembre prochain alimentent déjà un débat agité. Les partis d'opposition ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne participeraient pas à ce scrutin, où 20 sièges doivent être pourvus, rendus vacants par la démission de 16 députés du PND et le décès de 4 autres.

La démission de ces députés est intervenue le mois dernier suite à un verdict de la Haute Cour constitutionnelle rendant illégal le mandat de tout député n'ayant pas accompli son service militaire sans en avoir été dispensé, ce qui s'appliquait aux 16 députés du PND.

Selon l'opposition, ces élections sont illégales. « La démission des 16 députés du PND n'est pas légale car cela veut dire qu'on reconnaît leur mandat. Or, conformément à la décision de la cour, ils ne devaient pas à la base être députés. Le président de l'Assemblée du peuple, Fathi Sourour, aurait dû refuser la démission de ces députés et annuler leur mandat après le verdict de la Cour constitutionnel », assure Ahmad Nasser, ancien député wafdiste et seul candidat de l'opposition aux élections. « Je suis candidat dans la circonscription de Kerdassa, dont le député est mort. Ce cas est légal. Notre parti refuse de se présenter dans les circonscriptions des députés qui n'ont pas fait leur service militaire », ajoute Nasser.

Selon lui, le PND les aurait convaincus de renoncer à leur siège. « Ces députés étaient à la base des indépendants qui ont rallié le parti après les élections législatives d'octobre 2000. Le PND voulait sans doute s'en séparer », estime Ahmad Nasser ,qui dénonce la conduite du PND. Des membres du néo-Wafd ont d'ailleurs présenté des recours devant la Cour administrative contre la démission des députés. La cour a ainsi rendu un verdict déclarant illégales les élections dans deux circonscriptions. Le ministère de l'Intérieur a fait appel de cette décision.

Outre le néo-Wafd, le parti du Rassemblement et le Parti nassérien ont également décidé de ne pas prendre part aux élections, faisant valoir le manque de moyens et le manque de transparence. « Il sera très difficile aux membres de l’opposition de commencer une campagne électorale qui demande des investissements importants pour affronter les candidats du PND, surtout que la session prendra fin dans un an et demi. Cela n'en vaut pas la peine », explique Hussein Abdel-Razeq. Il ajoute qu'il sera facile pour le gouvernement de truquer ces élections.

Ignorant ces tergiversations, le PND a présenté cette semaine le nom de ses candidats. « Les candidats ont été choisis par le collège électoral », a déclaré le ministre de l'Information et secrétaire général du PND, Safouat Al-Chérif. Toutefois, dans les couloirs, on murmure que le PND a demandé à ses députés de démissionner en échange de vagues promesses de choisir des candidats issus de leurs propres familles.

Mohamad Ragab, chef de la majorité PND au Conseil consultatif, estime qu'il n'y a aucune irrégularité dans la démission des députés. « Ce sont seulement des points de vue. Le président du Parlement sait très bien que sa décision d'accepter la démission des députés ne va pas contre la loi, d'autres trouvent que non ». Yéhia Al-Gamal, professeur de droit constitutionnel, estime quant à lui que la démission peut être acceptée dans un seul cas, celui où le mandat du député est régulier et qu'il ne souhaite pas garder son siège.

May Atta

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