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En
dépit des tensions et des désaccords qui ont dominé en Israël
et dans les territoires palestiniens, l'Initiative de Genève
a connu un accueil international très favorable.
Les messages d'approbation
reçus de la part de personnalités politiques assuraient que
l'initiative représente une lueur d'espoir pour l'un des conflits
les plus anciens au monde. « C'est le meilleur plan
pour toute éventualité de paix », a affirmé l'ex-président
Jimmy Carter. Et Javier Solana, le responsable de la politique
étrangère de l'Union Européenne (UE), d'affirmer : « l'initiative
est l'exemple idéal du rôle de la société civile dans le redressement
des perspectives politiques ».
Le lancement officiel
de l'initiative fut aussi l'occasion d'aborder le fond des différends
qui entravent une paix globale et durable sur le volet israélo-palestinien.
L'ex-président Jimmy Carter — ancien parrain des négociations
égypto-israéliennes — n'a pas manqué de préciser les responsables
de la poursuite du conflit au Proche-Orient. Cette responsabilité
incombe au gouvernement israélien et à l'actuelle Administration
américaine. « L'approbation de la politique israélienne,
dit Mr Carter, l'indifférence à la souffrance des Palestiniens
ne peuvent qu'encourager les sentiments d'antagonisme et de
haine ... et donc les opérations terroristes ».
Qu'en est-il maintenant
de l'Initiative de Genève dans le monde arabe ? L'opinion
générale dans le monde arabe ne refuse pas l'initiative. Sauf
en ce qui concerne la question du droit au retour des réfugiés.
L'initiative est admise comme tentative de règlement politique
fondée en grande mesure sur les résolutions de la légitimité
internationale. Les objections et les réserves des forces politiques
palestiniennes, des organisations de la société civile se concentrent
essentiellement sur la question du retour des réfugiés. C'est
là en fait le point le plus faible de l'initiative de Genève,
du point de vue palestinien et arabe.
Du côté palestinien,
l'Autorité d'autonomie considère l'initiative comme un document
renfermant des éléments positifs et d'autres négatifs quant
aux droits légitimes du peuple palestinien. L'initiative peut
dans ce cadre servir de base pour de futures négociations. Mais
il n'était pas possible que l'Autorité approuve officiellement
ce document, de nombreuses dispositions étant inacceptables
pour l'opinion palestinienne. Mais en même temps, elle ne pouvait
pas le refuser.
Le véritable problème
est celui de la position du gouvernement israélien. Ariel Sharon
n'a vu dans l'Initiative de Genève qu'un danger pour Israël
et des concessions en faveur des Palestiniens. Le gouvernement
de droite est allé jusqu'à demander que les promoteurs israéliens
de l'initiative soient traduits devant la justice pour trahison.
Cette idée trouve un fort appui chez des rabbins qui n'ont pas
manqué de délivrer les « fatwa » nécessaires
pour confirmer la trahison des Israéliens qui ont participé
à l'élaboration de l'Initiative de Genève.
L'extrémisme excessif
de la droite, soutenu par les rabbins juifs, a naturellement
conduit à un état de division et de divergence dans l'opinion
publique israélienne. C'est ce que révèlent les derniers sondages
qui montrent la chute de la popularité du gouvernement de Sharon.
Que peut-on attendre
d'un gouvernement extrémiste qui refuse tout règlement avec
les Palestiniens et s'imagine qu'il peut imposer par la force
des armes le règlement qu'il désire, à travers la colonisation
et la construction du mur de sécurité ? Un gouvernement
qui bénéficie de surcroît du soutien de l'Administration américaine.
Tant que ces deux acteurs ne changent pas de position, il n'y
aura de progrès sur aucun volet du conflit arabo-israélien.
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