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Comment faire réussir l'Initiative de Genève ?
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie En dépit des tensions et des désaccords qui ont dominé en Israël et dans les territoires palestiniens, l'Initiative de Genève a connu un accueil international très favorable.

Les messages d'approbation reçus de la part de personnalités politiques assuraient que l'initiative représente une lueur d'espoir pour l'un des conflits les plus anciens au monde. « C'est le meilleur plan pour toute éventualité de paix », a affirmé l'ex-président Jimmy Carter. Et Javier Solana, le responsable de la politique étrangère de l'Union Européenne (UE), d'affirmer : « l'initiative est l'exemple idéal du rôle de la société civile dans le redressement des perspectives politiques ».

Le lancement officiel de l'initiative fut aussi l'occasion d'aborder le fond des différends qui entravent une paix globale et durable sur le volet israélo-palestinien. L'ex-président Jimmy Carter — ancien parrain des négociations égypto-israéliennes — n'a pas manqué de préciser les responsables de la poursuite du conflit au Proche-Orient. Cette responsabilité incombe au gouvernement israélien et à l'actuelle Administration américaine. « L'approbation de la politique israélienne, dit Mr Carter, l'indifférence à la souffrance des Palestiniens ne peuvent qu'encourager les sentiments d'antagonisme et de haine ... et donc les opérations terroristes ».

Qu'en est-il maintenant de l'Initiative de Genève dans le monde arabe ? L'opinion générale dans le monde arabe ne refuse pas l'initiative. Sauf en ce qui concerne la question du droit au retour des réfugiés. L'initiative est admise comme tentative de règlement politique fondée en grande mesure sur les résolutions de la légitimité internationale. Les objections et les réserves des forces politiques palestiniennes, des organisations de la société civile se concentrent essentiellement sur la question du retour des réfugiés. C'est là en fait le point le plus faible de l'initiative de Genève, du point de vue palestinien et arabe.

Du côté palestinien, l'Autorité d'autonomie considère l'initiative comme un document renfermant des éléments positifs et d'autres négatifs quant aux droits légitimes du peuple palestinien. L'initiative peut dans ce cadre servir de base pour de futures négociations. Mais il n'était pas possible que l'Autorité approuve officiellement ce document, de nombreuses dispositions étant inacceptables pour l'opinion palestinienne. Mais en même temps, elle ne pouvait pas le refuser.

Le véritable problème est celui de la position du gouvernement israélien. Ariel Sharon n'a vu dans l'Initiative de Genève qu'un danger pour Israël et des concessions en faveur des Palestiniens. Le gouvernement de droite est allé jusqu'à demander que les promoteurs israéliens de l'initiative soient traduits devant la justice pour trahison. Cette idée trouve un fort appui chez des rabbins qui n'ont pas manqué de délivrer les « fatwa » nécessaires pour confirmer la trahison des Israéliens qui ont participé à l'élaboration de l'Initiative de Genève.

L'extrémisme excessif de la droite, soutenu par les rabbins juifs, a naturellement conduit à un état de division et de divergence dans l'opinion publique israélienne. C'est ce que révèlent les derniers sondages qui montrent la chute de la popularité du gouvernement de Sharon.

Que peut-on attendre d'un gouvernement extrémiste qui refuse tout règlement avec les Palestiniens et s'imagine qu'il peut imposer par la force des armes le règlement qu'il désire, à travers la colonisation et la construction du mur de sécurité ? Un gouvernement qui bénéficie de surcroît du soutien de l'Administration américaine. Tant que ces deux acteurs ne changent pas de position, il n'y aura de progrès sur aucun volet du conflit arabo-israélien.

 

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