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Football . Le Championnat du monde juniors 2003 se déroule du 27 novembre au 19 décembre aux Emirats arabes unis. Les jeunes Pharaons sont appelés à obtenir plus que leur médaille de bronze de l’édition 2001.
Les juniors sous pression

C'est avec un retard de huit mois, en raison de la guerre en Iraq, que le coup d'envoi de la 13e édition du Championnat du monde juniors sera donné le 27 novembre. Le match d'ouverture opposera les Emirats arabes unis, pays hôte, à la Slovaquie.

L'Egypte participe à cette compétition en tant que champion d'Afrique juniors 2003. Un titre qui met les hommes du sélectionneur Hassan Chéhata sous la pression des supporters qui attendent d'eux une prestation digne de leur réputation. « Nous tenterons de faire de notre mieux pour satisfaire le public. Le sélectionneur nous a demandé de ne pas nous encombrer l'esprit et de jouer rencontre par rencontre. Nous sommes donc concentrés sur notre premier match (contre la Colombie) », déclare Ahmad Fathi, le milieu de l'équipe égyptienne. L'exploit de la génération de l'ancien sélectionneur Chawqi Gharib, médaillée de bronze du Mondial 2001 d'Argentine, implique que les Pharaons juniors porteront un fardeau d'autant plus lourd aux Emirats. Car le public égyptien attend des champions d'Afrique (Ndlr : la sélection 2001 a terminé troisième d'Afrique) une performance similaire sinon meilleure que celle de leurs prédécesseurs. « Nous avons tous les mêmes chances. En catégorie juniors, les différences de niveau de jeu ne sont pas énormes. Je pense que notre équipe possède de nombreux talents capables de faire la différence lors de cette compétition », confirme Ismaïl Youssef, l'entraîneur adjoint de la sélection.

La préparation des juniors n'a pour autant pas été facile. Hassan Chéhata a en effet dû composer avec l'absence de certaines de ses pièces maîtresses. Le déficit est surtout flagrant en ce qui concerne la partie offensive de l'équipe. Retenu avec son équipe (Olympique de Marseille/Fra) en Ligue 1 et en Ligue des champions, l'attaquant Ahmad Hossam, Mido, ne fera ainsi pas le voyage aux Emirats. L'Egypte aurait pu inciter Marseille à l'autoriser à rejoindre la sélection puisque c'est une compétition internationale supervisée par la Fédération internationale de football (FIFA). Mais les dirigeants égyptiens ont préféré maintenir des relations cordiales avec le club phocéen et ne faire appel au joueur vedette qu'en sélection olympique et sélection A. Il va néanmoins sans dire que la présence de Mido aurait apporté davantage de solidité et de confiance à l'équipe juniors étant donné que le jeune prodige égyptien aurait été le joueur le plus réputé de la compétition. Ce qui aurait été immanquablement un élément d'intimidation sur les équipes adverses. Mais selon Chéhata, l'équipe est à même de se passer de lui pour maintenir l'homogénéité au sein du groupe.

Mido ne sera pas le seul joueur absent. L'attaquant d’Enppi, Amr Zaki, a de son côté été opéré du genou il y a deux mois et risque bien de ne pas être rétabli pour le Mondial. Pour compenser ce déficit, le cadre technique a fait appel à Ahmad Wahid (Enppi), Islam Choukri (Moqaouloun), Ahmad Samir Farag (Sochaux, Fra) et Réda Métoualli (Ghazl Al-Mahalla) qui viendront épauler le titulaire indiscutable Emad Meteab (Ahli), buteur du Championnat d'Afrique 2003.

Le changement de date du Mondial n'a pas non plus arrangé le directeur technique, contrairement à ce qu'il affirmait en février dernier. « Aujourd'hui, nous sommes prêts à jouer. Mais si la compétition est reportée, nous aurons plus de temps pour peaufiner notre préparation, guérir nos blessés (le défenseur star de l'équipe Mohamad Al-Zayat aurait raté la compétition) et peut-être de trouver de nouveaux éléments », déclarait Chéhata à l'époque. Car le report de la compétition a apparemment nui à l'équipe. Malgré le camp de préparation qui dure depuis un mois, le cadre technique n'a en fait réussi à mettre la main sur tous ses éléments que très récemment. « Nous n'avons tous été vraiment regroupés que juste avant la rencontre face au Mexique (le 19 novembre dernier) », révèle Ahmad Fathi. Car après le Championnat d'Afrique de janvier 2003 du Burkina-Faso, les joueurs sont restés en camp de préparation jusqu'en mars, ancienne date prévue pour le Mondial. Le groupe était alors en pleine forme et très homogène. Mais en début de saison, les joueurs ont tous rejoint leurs équipes respectives. D'ailleurs, les nombreux engagements des clubs n'auraient pas permis de maintenir indéfiniment l'équipe groupée. Ce qui s'est répercuté sur sa dynamique. Le sélectionneur craint donc aujourd'hui l'épuisement de certains de ses joueurs. Et en particulier celui de son duo vedette de milieu de terrain, Ahmad Fathi et Hosni Abd-Rabbo, qui disputent avec Ismaïli le championnat national, la Ligue des champions d'Afrique et la Ligue des champions arabes en plus de leur engagement national avec les sélections olympique et juniors.

Les derniers résultats des matchs préparatoires reflètent la perte d'entrain : trois victoires difficiles à domicile (deux contre l'Iraq sur le même score de 1-0, une contre le Mexique 2-1) et un nul contre la Corée du Sud (0-0). Mais pour Chéhata, ces résultats ne laissent rien prédire sur les performances à venir de ses joueurs. Car ce qui compte avant tout pour lui est qu'ils rencontrent des équipes aux styles de jeu similaires à celui de l'Angleterre, de la Colombie et du Japon, toutes au coude à coude avec l'Egypte dans le groupe D. Un groupe plutôt difficile, surtout avec la présence de la Colombie qui a impressionné lors des Championnats d'Amérique du Sud juniors (4e place), et du Japon qui se caractérise par un style de jeu rapide. En juniors, l'Angleterre ne s'est pas particulièrement distinguée, mais elle reste un adversaire dont il faut se méfier.

Contrairement à 2001, l’Egypte peut cependant se réjouir de l'absence dans son groupe de superpuissances telles que l'Argentine ou le Brésil. La qualification est à la portée des Pharaons. Mais les ambitions du public vont beaucoup plus loin.

Karim Farouk

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« Nous sommes tout à fait prêts ! »

Hassan Chéhata, directeur technique de la sélection juniors, évalue les chances de l'Egypte juste avant son départ pour la Coupe du monde 2003 qui a lieu aux Emirats arabes unis .

Al-Ahram Hebdo : Comment percevez-vous votre poule qui comprend l'Egypte, l'Angleterre, le Japon et la Colombie ?

Hassan Chéhata : Je pense que c'est l'une des plus solides du Mondial. C'est le groupe de la mort comme on dit. Les quatre équipes sont robustes et méritent toutes de se qualifier pour le deuxième tour. La compétition promet d'être spectaculaire ...

— Quelle est l'équipe de votre poule que vous craignez la plus ?

— Les 3 équipes ! C'est une Coupe du monde. Il faut se méfier de toutes les équipes, sinon elles ne se seraient pas qualifiées pour cette compétition. Je redoute toujours les matchs de premier tour car elles ont toutes l'ambition d'obtenir de bons résultats et leurs joueurs se montrent très enthousiastes. Mais je crains surtout le premier match du premier tour car le résultat a un grand rôle psychologique sur les joueurs pour le reste de la compétition.

— Le fait que l'Egypte ait remporté la 3e place de la dernière édition avec Chawqi Gharib ne vous met-il pas sous pression ?

— Non. Renouveler l'exploit de la sélection de Chawqi Gharib est possible. Nous y parviendrons avec un peu de chance.

— Quel est votre objectif alors avant de partir pour les Emirats ?

— Notre premier objectif est bien sûr la Coupe. Nous rêvons de faire mieux que l'exploit de Chawqi Gharib. Cela ne veut pas dire que nous y parviendrons. Mais nous y travaillons ...

 

— Vous ne nous promettez donc pas de remporter la Coupe ?

— Aucun entraîneur au monde n'oserait faire une telle promesse. Mais nous ferons de notre mieux pour obtenir le meilleur résultat possible. Avec mon équipe technique, procédons par étapes ... La première a été de remporter la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) au Burkina-Faso, en janvier dernier. La suivante est la Coupe du monde.

— La compétition pour remporter la Coupe d'Afrique des nations est donc différente de celle de la Coupe du monde ...

— Oui. Nous sommes aujourd'hui l'équipe numéro 1 en Afrique. Nous ferons de notre mieux pour défendre nos chances aux Emirats.

— Y êtes-vous bien préparés ?

— Oui. Notre préparation a été bonne. Nous avons disputé des matchs amicaux préparatifs contre des équipes locales et d'autres étrangères. Une certaine homogénéité s'est installée au sein de l'équipe. Aujourd'hui, nous sommes tout à fait prêts.

— Pourquoi n'avez-vous pas sélectionné la star égyptienne Ahmad Hossam (Mido) ?

— Mido nous aurait sans doute beaucoup aidés. Il est fort techniquement et expérimenté. Je souhaitais qu'il soit avec nous mais il a des problèmes avec son club. Il a donc été difficile pour moi de le mettre sur la liste des 20 joueurs pour qu'il participe seulement à un ou 2 matchs avec l'équipe. J'ai donc préféré prendre un autre joueur disponible pour tous les matchs de l'équipe même s'il est de niveau moindre.

— Avant de partir pour cette Coupe du monde, n'avez-vous pas peur de l'examen que vous allez passer avec vos joueurs aux Emirats ?

— Non, pas du tout ! Je me suis bien préparé et les joueurs sont de haut niveau technique. Chacun d'eux connaît son rôle sur le terrain par cœur. Ils sont préparés psychologiquement pour remporter une des premières places du Mondial. Ils en sont vraiment capables.

Propos recueillis par
Amr Moheb
 

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