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De
la relation Blair-Bush
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Par
Mohamed Sid-Ahmed |
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discours prononcé le 10 novembre par Tony Blair
autour de la politique étrangère de son pays a
été qualifié par de hauts responsables à Londres
de clé pour comprendre l'ensemble des politiques
de Blair. C'est ainsi qu'il a déclaré que les
politiques de son pays étaient axées sur deux
piliers : les Etats-Unis et l'Union européenne.
Il a ajouté que la relation entre eux s'était
fortement détériorée à cause de la guerre américano-britannique
contre l'Iraq.
Au
cours de ce discours, Blair a indiqué que la Grande-Bretagne,
ainsi que les autres pays d'Europe doivent coopérer
avec les Etats-Unis au lieu de tenter de les marginaliser
ou les isoler. Il a aussi ajouté que c'était une
véritable catastrophe que l'Europe permette à
ses sentiments d'hostilité anti-américains de
diriger sa politique étrangère. Puis il a terminé
son discours sur un ton de défi : « Je
pense qu'il est grand temps que le président Bush
vienne en Grande-Bretagne ».
La
première rencontre entre les deux hommes date
de février 2001, quelque temps après l'arrivée
de Bush à la Maison Blanche. Les journalistes
habitués à la relation amicale entre Blair et
l'ex-président américain Bill Clinton ont été
surpris par la rapidité avec laquelle il a noué
une étroite relation avec le nouveau président
américain. Des responsables britanniques avaient
alors déclaré que Blair s’entendait bien avec
Bush. Ce dernier le considérait comme un responsable
politique ayant des opinions lucides. Il semble
que les deux chefs d'Etat possèdent les mêmes
visions du monde. Vision essentiellement fondée
sur la prise de décisions tranchantes. Cependant,
l'admiration de Blair pour Bush est-elle toujours
la même ?
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La
nouvelle politique de Blair
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Blair
a exploité le penchant traditionnel de Bush pour
les décisions tranchantes afin de l'inciter à
adopter un plan de politique plus décisive en
Iraq, conforme aux mesures sécuritaires sévères
que l'Administration américaine a décidé de prendre
ces derniers temps. L'un des axes de la nouvelle
politique de Blair cherche à gagner le soutien
des sunnites en Iraq. Londres pense que le plan
de transfert du pouvoir aux Iraqiens en juin prochain
peut échouer s’il n'a pas le soutien des sunnites.
Sir
Jeremy Greenstok, le représentant de la Grande-Bretagne
en Iraq, a dévoilé les détails de la nouvelle
stratégie aux journalistes au cours de sa dernière
visite à Londres. Il a déclaré que le nouveau
plan cherche à convaincre les sunnites iraqiens
que leur voix sera entendue dans le nouvel Iraq
et que leurs régions jouiront d'un plus grand
nombre de contrats de reconstruction.
Greenstok
a déclaré que Londres pensait qu’il est impératif
d’adopter une politique globale pour changer radicalement
la conjoncture actuelle en Iraq et qu'il fallait
dépasser la logique de l'emploi de la force armée
et opter pour des choix politiques. Il a refusé
de critiquer la politique américaine en Iraq,
mais a déclaré avec ironie : « Nous,
les Britanniques, nous sommes pratiques et parfois
pessimistes ... c’est pourquoi nous sommes
capables de voir la difficulté de la voie dans
laquelle nous nous engageons. Nous étions auparavant
en Iraq et nous avons une riche expérience avec
les mouvements de rébellion au Kenya et en Irlande
du nord ». D’autre part, de hauts responsables
britanniques ont déclaré : « Les
Américains n’ont aucune expérience dans le renforcement
de la paix ». Greenstok a de plus
déclaré : « Blair a obtenu une concession
du président américain, celle de permettre aux
compagnies britanniques de se présenter sur le
même pied d’égalité avec les sociétés américaines
pour remporter des contrats de reconstruction
de l’Iraq ». A cet égard, un responsable
britannique a remarqué que les Américains « ont
enfin remarqué que nous faisions partie de la
coalition ! ».
La
visite de Bush à Londres, la première visite d’Etat
effectuée par un président américain en Grande-Bretagne
depuis un siècle, survient dans des conditions
extrêmement embarrassantes. Selon le gouvernement
britannique, l’invitation aurait été adressée
au président Bush au printemps dernier, c’est
pourquoi on ne peut considérer qu’elle a une relation
avec la victoire militaire en Iraq. Etant donné
que les choses ne se sont pas déroulées comme
l’espéraient les deux parties, les deux leaders
ont certainement été exposés à de vives pressions
durant cette visite. Dans une tentative d’échapper
aux énormes manifestations qui ont rassemblé plus
de 10 000 personnes, ils ont annoncé un nouveau
programme visant à transmettre rapidement le pouvoir
aux Iraqiens, tout en gardant les forces alliées
en Iraq pour aider le régime de transition !
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Test
pour l'influence de Blair |
D’autres
questions ont été aussi un test pour l'influence
dont jouit Blair auprès de l’Administration américaine.
Il y avait premièrement la question des détenus
à Guantanamo. L’Administration américaine avait
déclaré que deux des six prisonniers britanniques
allaient être traduits devant un tribunal militaire.
Mais les deux procès ont été suspendus après la
protestation de la Grande-Bretagne. Selon les
rumeurs, le président Bush aurait voulu donner
satisfaction à Blair. Mais il a refusé que les
détenus soient déférés devant des tribunaux civils
ou britanniques.
Ensuite
vient l’affaire de l’acier. Les Etats-Unis ont
dernièrement perdu le procès intenté contre eux
devant l’OMC sur les taxes que l’Administration
américaine a décidé d’imposer sur l’acier importé
en mars de l’an dernier. Si les Etats-Unis n’abolissent
pas ces taxes supplémentaires le mois prochain,
l’UE et les autres pays auront alors le droit
d’imposer des taxes supplémentaires sur leurs
importations américaines. Ces taxes peuvent englober
les fruits importés de Floride, un Etat extrêmement
important pour les élections présidentielles de
l’année prochaine.
Arrive
enfin la Feuille de route. Blair avait réussi
à convaincre Bush de publier cette Feuille de
route en contrepartie du soutien britannique à
la guerre américaine contre l’Iraq. C’est ainsi
que le chef du gouvernement britannique a réussi
à convaincre les Américains d’intervenir directement
dans la crise entre Palestiniens et Israéliens.
Cependant, la Feuille de route se trouve maintenant
dans une impasse. Comment Blair va-t-il lui redonner
vie ?
Les
manifestants ont fait tomber, lors de la visite
du président américain, une statue en carton de
six mètres de haut de Georges Bush, répétant ainsi
la scène de la chute de la statue de Saddam diffusée
par toutes les chaînes de télévision du monde
le 9 avril dernier. Bush peut-il accepter que
le peuple de son proche allié, la Grande-Bretagne,
le place sur un pied d’égalité avec son pire adversaire ?
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Istanbul
à nouveau
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| Par
Salama A. Salama
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| La
violence politique a pris une nouvelle dimension
avec les dernières explosions qui ont secoué Istanbul
pour la deuxième fois en deux jours seulement.
Ces explosions ont cette fois-ci ciblé des objectifs
britanniques et non pas juifs à l'instar des premières
attaques. Ceci prouve que la question n'a rien
à voir avec l'antisémitisme, mais qu'il s'agit
uniquement de l'une des manifestations de la violence
qui sévit dans la région du Moyen-Orient. De fait,
ce phénomène commence à toucher de simples personnes
qui n'ont rien à voir avec les intérêts ciblés.
On
peut faire plusieurs remarques sur cette vague
d'attentats en Turquie. D'abord, l'attaque portée
contre les intérêts britanniques coïncide avec
la visite effectuée par le président George W.
Bush à Londres. Cette visite a en effet soulevé
une vague de protestation qui a dévoilé l'opposition
profonde et le refus que porte le peuple britannique
aux Etats-Unis, son allié le plus proche. Ces
sentiments sont décuplés au Proche-Orient, ce
qui risque de se traduire dans des flambées de
violence. Le discours de Bush prononcé lors de
sa visite a montré clairement le fossé profond
qui sépare la vision américaine de celle de la
plupart des peuples du monde.
Ensuite,
le terrorisme international commence a revêtir
de nouvelles formes et à attirer de nouveaux adeptes.
Et ce à la lumière de la tendance des grandes
puissances à utiliser la force militaire pour
régler des conflits politiques, comme c'est le
cas en Iraq. Sans oublier que ces mêmes puissances
ferment les yeux sur les agressions commises par
d'autres parties internationales jouissant d'une
immunité absolue, comme Israël. Bref, le désespoir
des populations de voir un jour instaurer la justice
internationale a rendu le climat favorable à la
diffusion de la violence politique. Sachant que
cette violence ne se soumet à aucune logique.
Elle est mue par un désir intense de vengeance.
Enfin,
il n'est plus suffisant de jeter le blâme sur
l'organisation Al-Qaëda comme étant l'unique
responsable de tous les crimes terroristes dans
le monde. Il s'est avéré que la plupart des terroristes
qui ont adhéré à Al-Qaëda au cours des
années 1980 et 90 ont été arrêtés, tués ou ils
se sont repentis. De nouvelles générations de
jeunes adhérents appartiennent aujourd'hui à des
cellules usant de la violence en recourant aux
techniques les plus sophistiquées. C'est l'avis
du prince Turki Al-Fayal, ancien chef des services
de renseignements saoudiens et actuel ambassadeur
du royaume en Grande-Bretagne. En effet, des jeunes
dans la vingtaine ont été arrêtés lors des dernières
explosions de Riyad et d'Istanbul.
Bref,
l'extension du phénomène du terrorisme aura sans
doute des impacts non négligeables au niveau international.
Il n'est plus suffisant que Bush et Blair déclarent
leur détermination à lutter contre le terrorisme.
Il est au contraire indispensable de relancer
la proposition faite depuis des années par le
président Moubarak de tenir une conférence internationale
pour lutter contre le terrorisme.
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