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Palestine . L'Autorité palestinienne et le gouvernement israélien préparent activement une reprise des négociations de paix.
Vers une relance du dialogue

Palestiniens et Israéliens préparent activement une reprise des négociations de paix. Objectif : remettre sur rails le plan de paix de la Feuille de route. Et, bien que la date de la rencontre entre les deux premiers ministres, palestinien et israélien, ne soit pas encore précisée, les déclarations des deux clans se multiplient laissant place à l'espoir.

Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a jugé un accord de paix avec Israël possible « dans les six mois ». « Je suis prêt à parler avec Sharon pour conclure un accord, si cela est possible. Mais je ne suis pas sûr que cela soit possible à l'heure actuelle », a déclaré M. Qoreï, vendredi, à la télévision publique norvégienne NRK. Toutefois, il a ajouté : « Je pense que, dans les six mois, nous pouvons conclure l'accord, et nous pouvons mettre fin au conflit », a-t-il déclaré.

La conclusion d'un cessez-le-feu avec Israël est l'une des priorités de M. Qoreï qui espère convaincre à cet effet les groupes armés palestiniens de décréter une trêve des attaques anti-israéliennes. Un dialogue entre les différents groupes armés palestiniens sur une éventuelle trêve doit commencer le 2 décembre au Caire, sous les auspices de l'Egypte. Le dialogue prévu portera « sur une formule de cessez-le-feu total ou partiel », la possibilité de donner un plus grand rôle aux groupes palestiniens dans la prise de décision au sein de l'Autorité palestinienne et l'élaboration d'une position commune « pour gérer la lutte contre l'ennemi ».

Côté israélien. Le premier ministre israélien Ariel Sharon a déclaré, dimanche, envisager des mesures pour améliorer les conditions de vie dans les territoires. Selon une télévision israélienne, il projetterait de faire évacuer plusieurs colonies « d'ici l'été 2004 » en vue de la création d'un Etat palestinien. La radio publique a toutefois souligné qu'il n'y aurait aucun changement du côté israélien si les attentats « ne cessent pas totalement ». Les médias israéliens ont fait état dimanche d'un projet d'évacuation unilatérale des colonies isolées dans la bande de Gaza, comme celle de Netzarim, et de la réinstallation des colons en Israël. En Cisjordanie, il en serait de même pour diverses implantations difficilement défendables situées au-delà de la « ligne de sécurité », ainsi que de colonies sauvages érigées récemment sans l'aval des autorités. « Il est possible que des petites colonies isolées soient évacuées », écrit ainsi le quotidien Yédiot Aharonot. Mais M. Sharon s'est abstenu de confirmer de tels plans d'évacuation, qui, s'ils étaient réalisés, marqueraient un changement sans précédent de sa politique.

D'autres mesures sont également envisagées et consistent à lever des barrages routiers, à alléger le bouclage de la Cisjordanie et de la bande de Gaza et à transférer à l'Autorité palestinienne des secteurs réoccupés depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000. M. Qoreï a tenu, lundi, à souligner que ces engagements se transforment en mesures tangibles. « Nous espérons qu'il y aura des mesures sérieuses et tangibles, des mesures qui auront un impact positif sur le processus de paix et la situation en général et qu'il ne s'agira pas seulement de relations publiques », a affirmé M. Qoreï.


Scepticisme sur les engagements de Sharon

En effet, le scepticisme plane sur les engagements israéliens. M. Sharon, sous forte pression américaine, a évoqué dimanche en Conseil des ministres des « gestes unilatéraux » qu'il pourrait faire envers les Palestiniens, mais a maintenu le vague sur leur nature exacte. Il a ainsi déclaré qu'il « n'écartait pas des gestes unilatéraux » en vue de réduire les attaques anti-israéliennes et d’alléger la pression sur la population palestinienne, selon un communiqué officiel. Mais il a souligné qu'il n'avait pris encore aucune décision à ce sujet, et a assuré le cabinet qu'il serait consulté à l'avance avant qu'une telle décision ne soit prise, ajoute ce texte. D'autre part, selon une source proche de la présidence du Conseil, il n'a pas écarté la possibilité que le cabinet procède à un « réexamen » du tracé de la ligne de défense contestée qu'Israël érige en Cisjordanie. Il répondait ainsi à une demande du parti Shinouï (parti laïque centriste de la coalition gouvernementale), qui trouve problématique et trop coûteux le projet actuel d'une ligne s'enfonçant profondément en Cisjordanie. Mais là non plus, il n'a pris aucun engagement de modifier un tracé qui a valu à Israël un concert de critiques internationales, y compris américaines.

Le scepticisme sur les engagements israéliens a été exprimé par la gauche israélienne. « C'est un pur exercice de rhétorique » a déclaré un dirigeant de l'opposition travailliste, le député Haïm Ramon. M. Sharon est en perte de vitesse dans les sondages en Israël, et Washington lui reproche d'avoir failli à ses engagements en s'abstenant de geler la colonisation et de démanteler les implantations sauvages.

Sur le terrain, un enfant palestinien de 11 ans a été tué, samedi, par des tirs de soldats israéliens en Cisjordanie, et un activiste armé a été abattu plus tôt à la lisière de la bande de Gaza et d'Israël. D’autre part, trois islamistes palestiniens de Cisjordanie, dont deux membres du Hamas et un du Djihad islamique, ont été expulsés dimanche soir par Israël vers la bande de Gaza, portant à six le nombre de bannissements de ce genre depuis le début du mois, a-t-on annoncé de sources militaires israéliennes.

Les trois expulsés font partie d'un groupe de 18 détenus que l'armée israélienne a décidé de bannir de Cisjordanie pour un à deux ans en les transférant vers la bande de Gaza.

Les juristes palestiniens ont dénoncé à plusieurs reprises de telles expulsions en affirmant qu'elles violaient l'article 49 de la Convention de Genève interdisant les « transferts forcés, en masse ou individuels » hors de territoires occupés. La Cour suprême israélienne a toutefois donné son aval en 2002 à ce type de mesures, arguant que les Palestiniens étaient simplement « déplacés » d'une zone palestinienne à une autre et non « expulsés ».

Rania Adel
 

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