La Haute Cour
de sûreté de l'Etat doit examiner au cours des prochains jours
un nouveau procès d'espionnage. Le procureur général, Maher
Abdel-Wahed, a en effet déféré, la semaine dernière, devant
cette cour, un avocat de 29 ans, Walid Ahmad Loutfi Hachem,
accusé d'espionnage au profit d'Israël. Ce dernier a été arrêté
il y a deux semaines par les services de sécurité dans un café
du quartier d'Al-Haram au Caire. Il est accusé d'avoir proposé
ses services à Israël en échange d'une somme d'argent. « Il
a appelé l'ambassade israélienne en avril dernier plusieurs
fois, affirmant qu'il pouvait coopérer avec les responsables
israéliens en leur fournissant des informations. Il a même envoyé
un fax renfermant des informations qui nuisent aux intérêts
du pays », selon le Parquet. L'avocat avait rendez-vous
avec un responsable israélien afin d'être payé pour les informations
qu'il a fournies. Il devait recevoir 2 500 dollars. C'est
en attendant le représentant de l’ambassade israélienne dans
ce café qu'il a été arrêté, le 23 octobre. La police l’a fouillé,
trouvant les numéros de l'ambassade israélienne enregistrés
sur son portable. Les appareils de sécurité affirment que l'accusé
a avoué avoir des problèmes financiers et qu'il voulait gagner
de l’argent à tout prix.
Selon Saïd Abdel-Khaleq,
avocat, l’accusé, dont la date du procès n'a pas été fixée,
risque une peine allant de 10 à 15 ans de prison. En effet,
ce procès vient s’ajouter à trois autres procès d’espionnage
révélés au cours des trois dernières années. En 2000, un grand
procès d’espionnage a retenu l'attention de l’opinion publique.
Accusé d’espionnage, Chérif Al-Filali, ingénieur de 36 ans,
a commencé à trahir son pays en 1990 lorsqu’il est parti pour
l’Allemagne, où il a suivi des cours d’hébreu. En 1996, il s’est
rendu en Espagne où il a été recruté par un ancien officier
russe en vue de fournir au Mossad d’importantes informations
sur l’armée égyptienne et le tourisme. Il a été condamné le
23 mars 2002 à 15 ans de prison. En juin 2002, Magdi Anouar
Mohamad a été condamné à 10 ans de prison par la Haute Cour
de sûreté de l’Etat à Alexandrie. Il a été accusé d’espionnage
au profit d'Israël. Lui aussi aurait contacté le consulat israélien
à Alexandrie en prétendant posséder des documents renfermant
des informations importantes sur les activités diplomatiques
et politique égyptiennes. En novembre 2002, 9 personnes ont
été arrêtées. Elles ont été accusées d’espionnage au profit
d’Israél sous la couverture d’une agence de voyages.
Ce genre de procès
est parfois utilisé pour montrer que les services de renseignements
égyptiens sont actifs. « Et d’autre part, ils sont utilisés
comme une carte de pression, surtout lorsque il y a une certaine
tension avec Israël ou dans la région en général. Le procès
de Chérif Al-Filali a été annoncé après la décision de l’Egypte
de rappeler l’ambassadeur égyptien en Israël en 2000 »,
souligne Béchir Abdel-Fattah, chercheur au Centre d'Etudes Politiques
et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. Le premier ministre
israélien, Ariel Sharon, a déclaré au mois d'août dernier que
Le Caire ne pourra être associé au processus de paix tant que
l’espion Azzam Azzam est détenu au Caire.
Selon Abdel-Fattah,
ce genre de pression ne réussit cependant pas, puisque l’Egypte
est impliquée dans le processus de paix, en aidant les différentes
formations palestiniennes à engager un dialogue pour arriver
à une trêve qui mène à la paix.
|