Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Escapades
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Villes nouvelles . Le gouvernement envisage la création de plusieurs lignes de métro pour les relier au Caire. Elles seront opérationnelles en 2010. Coût du projet : 6 milliards de L.E.

Connexion vitale

Des cités fantômes dénuées de vie et d'agrément. C'est ainsi que sont devenues aujourd'hui la plupart des villes nouvelles. Créées par le gouvernement dans les années 1970 et 80, ces villes situées à la périphérie du Caire étaient censées attirer le maximum de citoyens pour décongestionner la capitale. Toutefois, le manque de services et la rareté des moyens de transport ont fait qu'elles sont restées désertes. Pour remédier à cette situation et encourager la population à habiter ces nouvelles villes, le gouvernement envisage de les relier au Caire en créant plusieurs lignes de métro. Le projet est parrainé par le ministère de l'Habitat et celui des Transports. « Des villes comme le 6 Octobre, le 10 de Ramadan et Al-Chorouq n'ont réussi à attirer qu'un nombre limité d'habitants. Ce projet encouragera sans doute les citoyens à s'y installer », déclare Fouad Madbouli, responsable au ministère de l'Habitat. Il explique que le projet consiste à créer trois lignes de métro. La première reliera Le Caire aux villes du 10 de Ramadan, d'Al-Chorouq et d'Al-Obour. La deuxième ligne reliera la capitale au 6 Octobre et à la cité du cheikh Zayed. Quant à la troisième ligne, elle partira du Caire vers les villes de Badr et la cité du Nouveau Caire. « Le but de ce projet est de fournir un moyen de transport pratique, confortable et moins cher, d'autant plus que la plupart des moyens de transport reliant la capitale aux nouvelles villes sont des moyens de transport privés », assure Madbouli. Le projet coûtera environ 6 milliards de L.E. Les travaux devraient commencer dès l'année prochaine et s'achever en 2010.

Selon les estimations du ministère des Transports, ce projet réduirait le coût moyen du trajet entre la capitale et les nouvelles villes, qui passerait de 7 L.E. par jour à 1,5 L.E. Parallèlement à la construction de ces trois lignes, le gouvernement entend tripler le nombre de minibus et d'autobus climatisés reliant la capitale aux villes nouvelles.

L'Etat qui a investi des milliards de L.E. pour fournir les infrastructures et les services nécessaires à ces villes veut donc aujourd'hui leur donner une nouvelle existence, surtout que plusieurs universités ont été créées dans ces villes comme au 6 Octobre et à Chourouq. Kamal Riyad, spécialiste en planification urbaine, affirme que l'Etat aurait dû s'y prendre plus tôt. « L'Etat n'a commencé à prêter attention à cette question qu'à la fin des années 1990 lorsqu'il s'est rendu compte que ça ne marchait pas », lâche Riyad. D'autres urbanistes estiment ce projet va à l'encontre de l'idée même de la création ces villes. En effet, le but initial était de construire des villes totalement indépendantes de la capitale avec des investissements capables d'assimiler la main-d'œuvre. Or, c'est le contraire qui s'est produit. Et aujourd'hui, ces villes nouvelles se sont transformées en banlieues de la capitale. « 25 ans après leur création, ces villes n'ont pas pu réaliser leurs objectifs, puisque leurs habitants continuent toujours à se rendre quotidiennement dans la capitale, que ce soit pour travailler ou pour se procurer leurs besoins », explique l'urbaniste Milad Hanna.


Une solution à tous les maux ?

Hoda Hawas, urbaniste, trouve que la défaillance des moyens de transport a mené à un autre résultat inattendu en rendant ces villes attirantes uniquement pour les catégories aisées qui, de plus, ne sont pas concernées par ce problème de transport. « Mais l'installation de lignes de métro, considéré comme un des moyens de transport bon marché, encouragerait les jeunes des catégories moyennes et sous-moyennes à aller habiter ces villes. Ces moyens de transport seront très efficaces pour la main-d'œuvre qui travaille dans les grandes usines et compagnies », explique-t-elle. Quant à Abdallah Abdel-Aziz, professeur de planification urbaine à l'Université d'Aïn-Chams, il propose que parallèlement à ce projet, l'Etat devrait utiliser les villes nouvelles pour décentraliser les services : « Le Caire étouffe, car tous les ministères, organismes et banques se trouvent à l'intérieur de la capitale. Pourquoi l'Etat, en parallèle de ce projet, ne construirait-il pas des annexes de ces institutions dans ces nouvelles villes ? C'est à ce moment-là qu'on pourra vraiment dire que ces dernières sont de vraies villes indépendantes qui ont réalisé leur objectif », conclut-il.

Mirande Youssef
Marianne Youssef

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631