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Politique .
Dans son discours d'ouverture de la
nouvelle session parlementaire, le président Hosni Moubarak
a appelé à un renforcement du rôle des partis et a évoqué un
possible amendement des lois régissant l'exercice des droits
politiques. |
| Moubarak
prône
une réforme démocratique |
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« Le
renforcement de la démocratie demeure notre priorité numéro
un pour faire de la pratique démocratique une culture au sein
de notre société. La démocratie est un comportement social avant
d'être un système politique. Dans ce contexte, les partis politiques
ont un grand rôle à jouer. Nous avons besoin d'un dialogue sérieux
et objectif pour réformer les deux lois relatives à l'exercice
des droits politiques ». Ce fut l'un des points culminants
du discours du président Hosni Moubarak, mercredi 19 novembre,
à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle session parlementaire.
En effet, c'est la première fois que le chef de l'Etat évoque
ouvertement la possibilité d'amender les lois régissant l'activité
politique en Egypte.
Dans
les rangs de l'opposition, les propos du président ont été accueillis
favorablement. Bien que la prudence règne : « Nous
souhaitons que ces propos du président de la République soient
suivis par des mesures concrètes. C'est certes positif, mais
il faudra savoir de quelle réforme il s'agit. Les lois relatives
à l'exercice des droits politiques sont archaïques »,
déclare le député indépendant Aymane Nour (ancien Wafdiste)
dont le projet de création d'un nouveau parti politique, Al-Ghad
(Demain), vient d'être rejeté par le comité des partis (organe
gouvernemental chargé d'approuver ou de rejeter la création
de nouveaux partis). « Ce comité, créé conformément
à la loi sur les partis politiques, est une véritable catastrophe.
Les membres de cette commission sont des dirigeants du parti
au pouvoir. Il faut qu'ils soient de tendances politiques différentes
ou bien dépendant d'un pouvoir indépendant comme la justice.
Depuis l'instauration du multipartisme il y a 26 ans, ce comité
n'a approuvé la création que d'un seul parti politique. Est-ce
raisonnable ? », interroge Aymane Nour. « Nous
voulons une liberté véritable qui permet à toutes les tendances
politiques de faire valoir leurs programmes politiques, sociaux
et économiques », martèle Aymane Nour. Selon l'opposition,
la loi 40/77 relative aux partis politiques comporte de nombreuses
restrictions. « Les propos du président sont encourageants
et laissent augurer d'une ouverture au cours de la période à
venir », déclare pour sa part Al-Badri Farghali, député
du parti du Rassemblement, unioniste, progressiste (gauche).
Le président de
la commission des lois, Mohamad Moussa, affirme que la commission
attend les propositions du gouvernement concernant un éventuelle
amendement des lois relatives à l'exercice des droits politiques.
« Ensuite, un comité formé de juristes et de représentants
de partis politiques sera chargé d'étudier ces propositions
avant de les soumettre au vote du Parlement ».
Certains députés,
comme le néo-Wafdiste Mahmoud Al-Chazli, pensent que
cette volonté d'ouverture affichée par le gouvernement vise
à répondre aux pressions étrangères : « Il y a
des pressions étrangères, notamment de la part des Etats-Unis,
pour amener le gouvernement à mettre en place des réformes démocratiques.
Je pense que le président de la République a insisté sur cette
question pour rétorquer aux critiques disant qu'il n'y a pas
de démocratie en Egypte », poursuit Al-Chazli. Au contraire,
pour Ahmad Abou-Zeid, du PND, le président Moubarak a lancé
ces déclarations après s'être rendu compte de la faiblesse des
partis politiques lors du dialogue national. « Le rôle
des partis de l'opposition est faible, car ils ne cherchent
que le pouvoir et leurs intérêts personnels. D'ailleurs, bon
nombre de ces partis sont paralysés à cause de conflits internes.
C'est pourquoi le président a réclamé la modification de la
loi sur les partis politiques pour renforcer leur rôle »,
souligne Abou-Zeid.
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Questions sociales
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Outre la réforme
des lois régissant l'exercice des droits politiques, le président
Moubarak a souligné dans son discours l'importance de la participation
des jeunes dans le développement politique et social. « Il
faut permettre aux jeunes de participer à la gestion du travail
partisan et leur donner l'occasion de proposer des idées et
d'expliquer leur vision pour assurer la continuité entre l'expérience
du passé et l'ambition du futur », a déclaré le chef
de l'Etat, qui a également appelé à bâtir une société contemporaine,
à redéfinir le rôle du gouvernement en tant qu'organe exécutif,
et à poursuivre la décentralisation et le développement de l'administration
locale.
Moubarak a également
mis l'accent sur le rôle des femmes. « Il est nécessaire
de poursuivre nos efforts pour éliminer toute discrimination
contre les femmes. Nous sommes déjà plus avancés que d'autres
pays dans ce domaine. Il faut aussi donner aux femmes une plus
grande opportunité d'occuper des postes dirigeants et renforcer
leur présence sur la scène politique, notamment au niveau de
la représentation parlementaire », a déclaré le chef
de l'Etat. Dans ce contexte, il a exigé l'achèvement rapide
du projet de création de tribunaux de la famille et la suppression
de toute entrave empêchant la mise en vigueur des verdicts se
rapportant aux versements des pensions accordées aux femmes
après le divorce, en modifiant la loi n°1 de l'année 2000.
Sur le plan social,
le président de la République a mis l'accent sur la réforme
de l'éducation. « Je demande au gouvernement d'établir
une législation pour la création d'un organisme indépendant
chargé d'évaluer et d'instaurer un contrôle neutre et continu
sur l'éducation afin de garantir l'efficacité des diverses institutions
éducatives ».
Le président a
également souligné l'importance de poursuivre la lutte contre
l'analphabétisme. Il a demandé au gouvernement de mettre en
place un plan détaillé qui sera appliqué dans un délai défini
pour réformer l'assurance médicale afin de l'appliquer à tous
les citoyens. Moubarak a abordé le problème de la surpopulation
en assurant qu'il nécessite un traitement plus sérieux à travers
une sensibilisation quant aux dangers qui menacent la société
si le taux de croissance démographique ne diminue pas. Il a
révélé que la population est passée de 20 millions en 1950 à
68 millions en 2002. « Une grande responsabilité incombe
au gouvernement, aux députés, aux hommes de religion et à la
société pour appliquer le plan national visant à réduire les
taux de croissance démographique. Ce qui évite de recourir à
des solutions qui touchent aux principes sociaux, surtout la
gratuité de l'éducation et la couverture médicale. Le gouvernement
est tenu de renforcer le rôle du Conseil national pour la population »,
a affirmé le président.
Côté économie,
le chef de l'Etat a salué le rôle du secteur privé qui a créé
de nouvelles opportunités d'emploi et encouragé les investisseurs.
« J'appelle le gouvernement à achever le projet de loi
sur le monopole, celui sur les petites entreprises, ainsi que
l'amendement de la loi sur l'investissement », a déclaré
Moubarak. Il a appelé le gouvernement à accorder un plus grand
intérêt à l'exportation, aux impôts et aux subventions. Il a
appelé à une réduction des dépenses gouvernementales. « Nous
devons réformer notre politique monétaire et douanière »,
a assuré d'autre part le président Moubarak, qui a exigé une
révision des impôts sur le revenu et de la taxe sur les ventes
« dans l'intérêt des couches défavorisées ».
« Le président
a beaucoup parlé cette fois-ci des aspects sociaux comme l'éducation
et la santé, ce qui prouve qu'il y a une crise sociale. Le fait
que le président ait évoqué ces problèmes en réclamant de nouvelles
législations est un signal que les politiques actuelles ne sont
pas bonnes. A mon avis, la solution consiste à changer l'actuel
gouvernement et non pas à promulguer de nouvelles lois »,
déclare Al-Badri Farghali.
Dans le domaine
de la politique étrangère, le président Moubarak a évoqué la
crise au Proche-Orient : « L'espoir de parvenir
à une paix au Proche-Orient ne disparaîtra pas malgré l'attitude
négative du gouvernisraélien à l'égard des efforts visant à
relancer les négociations ». Il a exigé un retour de
la souveraineté au peuple iraqien le plus rapidement possible.
« La campagne internationale contre le terrorisme ne
réussira pas tant que l'occupation des territoires arabes continuera
et tant qu'on prendra à la légère la réaction des peuples qui
luttent contre l'occupation », a conclu le chef de
l'Etat.
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Héba Nasreddine
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Le
président
en bonne santé
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Quelques jours après
le malaise dont il a été atteint lors de l'ouverture de la session
parlementaire, l'état de santé du président Moubarak s'est nettement
amélioré, assurent ses médecins. « Tous les examens
médicaux, les analyses et les électrocardiogrammes subis par
le président ont été rassurants », a expliqué le ministre
de la Santé, Mohamad Awad Tagueddine. Victime d'un malaise,
le président Moubarak avait dû interrompre son discours prononcé
devant les députés mercredi dernier, et quitter l’hémicycle
pendant une quarantaine de minutes environ. Il transpirait fortement
et se plaignait de la climatisation. « Le chef de l'Etat
était atteint d'une forte grippe, accompagnée de fièvre. Il
prenait des antibiotiques et faisait le jeûne du Ramadan, ce
qui a provoqué une chute de tension », a déclaré le
ministre de l'Information, Safouat Al-Chérif.
Les médecins ont recommandé au président Moubarak
de se reposer pendant quelques jours, malgré son emploi du temps
chargé. Le premier ministre Atef Ebeid a ainsi été désigné pour
assister à sa place à une cérémonie religieuse organisée à l'occasion
de Leilet Al-Qadr (la nuit du destin). « Je reconnais
que je n'ai pas écouté les conseils de mes médecins, qui m'avaient
demandé de reporter ce discours jusqu'à au moins trois jours.
J'étais déterminé à ne plus reporter ce discours, mais je reconnais
que la période de repos que j'ai eue n'a pas été suffisante »,
a déclaré le président Moubarak au rédacteur en chef du quotidien
gouvernemental, Al-Gomhouriya. Il a assuré qu'il était
en bonne santé et qu'il reprendrait ses activités normales après
la fête du Fitr, petit Baïram.
Plusieurs hauts responsables du gouvernement
se sont succédé au palais présidentiel d'Abdine pour s'enquérir
de l'état de santé du chef de l'Etat. Parmi eux figurent le
premier ministre, Atef Ebeid, le président de l'Assemblée du
peuple, Ahmad Fathi Sorour, le président du Conseil consultatif
et du Haut Conseil de la presse, Moustapha Kamal Helmi, ainsi
que des dirigeants de l'opposition. Moubarak a reçu des appels
téléphoniques du président français Jacques Chirac, du roi Fahd
d'Arabie saoudite, du prince héritier saoudien Abdallah, du
roi Abdallah II de Jordanie, et de ses homologues soudanais
et syrien, Omar Al-Béchir et Bachar Al-Assad, ainsi que du premier
ministre israélien Ariel Sharon, pour s'informer de sa santé.
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| Héba Nasreddine
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