Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Burundi . Prévue initialement dimanche, l'entrée des ex-rebelles FDD dans le gouvernement a été reportée à la semaine prochaine, laissant craindre l’apparition de tensions au lendemain de la signature de l’accord de paix.
Embûches sur le chemin de la paix

« Cela ne remet pas en cause l'accord qui a été signé » entre les FDD (Forces pour la Défense de la Démocratie) et le gouvernement burundais, s’est empressé d’assurer vendredi le porte-parole du gouvernement, Albert Mbonerane. Il faisait référence au report à la semaine prochaine de l’entrée dans le gouvernement burundais des anciens rebelles hutus des Forces pour la défense de la démocratie, prévue initialement le 23 novembre. Le porte-parole a expliqué ce « glissement de date » par le fait que le sommet des chefs d'Etat de la région des Grands Lacs, qui a entériné l'accord de paix, s'est tenu le 16 novembre, alors qu'il aurait dû se tenir plus tôt. « Les choses évoluent bien », a-t-il toutefois estimé. De leur côté, les FDD ont affirmé que « ce report ne cause aucun problème ». « On s'attendait à un léger retard (...) à cause du sommet des chefs d'Etat qui est venu plus tard que prévu », a expliqué le porte-parole des FDD, le major Gélase Daniel Ndabirabe.Jeudi, l'Assemblée nationale de transition a entériné « par acclamation » l'accord global de paix et a adopté plusieurs amendements à la Constitution de transition du Burundi, « qui ouvre la voie à l'entrée du CNDD-FDD (branche politique des FDD) dans les institutions », selon Jean de Dieu Mutabazi, conseiller principal du président de l'Assemblée nationale. L'accord de paix global signé à Dar Es-Salaam, en Tanzanie, entre les autorités de Bujumbura et les FDD, prévoit un partage du pouvoir et, à terme, l'intégration des anciens rebelles hutus dans les forces armées. Les FDD doivent faire leur entrée dans les institutions politiques avec quatre ministres dont un ministre d'Etat dans le gouvernement, quinze députés ainsi qu'une vice-présidence et un secrétaire général adjoint de l'Assemblée nationale de transition. Après leur désarmement, les FDD devront être intégrées dans les forces armées, côte à côte avec leurs ennemis d'hier. Par ailleurs, la transformation en parti politique des FDD, prévue pour vendredi 21 novembre, avait elle aussi été reportée sine die. « Il faut d'abord que ce mouvement cantonne ses hommes », avait affirmé M. Mutabazi. « Il y a eu du retard par rapport au calendrier fixé, le cantonnement ne pourra commencer à la date fixée, ce qui va se répercuter sur notre transformation en parti politique », a expliqué le porte-parole des FDD. « C'est après le cantonnement, qui signifie la renonciation de la lutte armée, que nous allons devenir un parti politique », a-t-il confirmé. Pour le ministre burundais de la Défense, le général Vincent Niyungeko, « le cantonnement n'est pas possible en ce moment ». Et pour cause. « Pour le moment, la Banque mondiale ne peut pas financer les camps de cantonnement », explique en écho une source gouvernementale.Les FNL, une absence à risque Ainsi, les chants de joie des sympathisants des FDD qui ont accompagné la signature de l'accord de paix ont dû rapidement laisser la place aux délicates opérations de rassemblement, démobilisation et désarmement des rebelles. Ces opérations, essentielles pour concrétiser sur le terrain l'accord, ont un coût financier. Classé comme un des pays les plus pauvres du monde, avec une économie rendue exsangue par la guerre, le Burundi a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle s'implique financièrement. Reste à savoir si cet appel en forme de SOS sera entendu. Autre écueil, toujours sur le plan militaire, la menace des rebelles hutus des Forces Nationales de Libération (FNL), qui refusent obstinément de s'asseoir à la table des négociations. Les chefs d'Etat de la région des Grands Lacs leur ont donné trois mois pour entamer des négociations avec le gouvernement de Bujumbura. Passé ce délai, les FNL seront considérées comme un obstacle à la paix « et traitées comme tel ». D'ores et déjà, les FNL, dont les attaques ont fait 15 morts en une semaine, ont rejeté cet ultimatum. Elles refusent de négocier avec le gouvernement, exigeant des négociations directes avec l'armée, véritable détentrice du pouvoir, selon eux. Leur absence du processus de paix « fait courir le risque d'une poursuite du conflit armé », estiment la Ligue burundaise des droits de l'homme Iteka et l'Observatoire de l'Action Gouvernementale (OAG) dans un communiqué.Malgré tout, l'ancien président burundais, Pierre Buyoya, s'est dit optimiste pour la paix au Burundi. Les rebelles des FLN « ont la capacité de perturber le processus de paix, mais pas le faire dérailler », a estimé M. Buyoya, qui a cédé la présidence le 1er mai au Hutu Domitien Ndayizeye. « Les gens au Burundi sont las de la guerre. La majorité de chaque section de la population, les paysans, les hommes d'affaires, et même à présent les rebelles veulent la paix », a-t-il insisté.

Chérif Albert

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631