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Mozambique
. Le Frelimo, parti au pouvoir, a enregistré une victoire spectaculaire
lors des premières élections municipales dignes de ce nom. L’opposition
peine à s’enraciner. |
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Un test
de démocratie réussi |
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la première fois de son histoire, le Mozambique a tenu des élections
municipales plurielles, la semaine dernière. Plus de deux millions
d'électeurs de 33 villes ont ainsi été appelés à voter pour
leurs maires et leurs conseils municipaux, devant choisir entre
le Frelimo (Front de Libération du Mozambique, gouvernement),
le Renamo (Mouvement de Résistance du Mozambique, principal
parti d'opposition), ou l'un des 15 autres petits partis d'opposition.
Le
vote fait partie de la « stratégie de départ »
de l’actuel président, Joaquim Chissano (Frelimo), au pouvoir
depuis 1986, qui a déclaré qu’il ne se représenterait pas aux
présidentielles de 2004. Les municipales devaient donc constituer
un « test » de la popularité du gouvernement
avant les élections présidentielles et législatives de l’année
prochaine. Le Frelimo n’en sort pas déçu : les résultats
officiels, mais non définitifs, disponibles dès vendredi soir,
annoncent en effet une immense victoire du Frelimo, qui raflerait
ainsi 29 des 33 circonscriptions. Le Renamo, qui tablait pourtant
sur au moins un tiers des circonscriptions n’en contrôlera probablement
que 4 au final (Beira, Nacala, Île de Mozambique, Angoche).
« Même le Frelimo n’arrive pas à croire à l’ampleur
de sa victoire », exultait un membre de ce parti.
Le
Renamo espérait beaucoup de ces élections ; le parti d’opposition
pensait ainsi réussir à mobiliser les électeurs en dénonçant
l’incapacité du Frelimo à améliorer les conditions de vie de
la population, dont une grand majorité survit avec moins d’un
dollar par jour, en particulier dans le centre et le nord du
pays. Ces régions ne profitent que marginalement de la croissance
économique, des investissements étrangers et des aides de la
communauté internationale (1/2 milliard de dollars en 2002),
qui bénéficient surtout à Maputo, la capitale, et à la moitié
sud du pays. Ces résultats n’ont pas manqué de surprendre nombre
d’analystes, qui tablaient sur une forte poussée du Renamo,
allant jusqu’à prédire que la moitié des villes tomberaient
dans l’escarcelle de ce parti.
C'est
la première fois que le Renamo participe à des élections municipales.
Ce parti d’opposition, issu de la transformation de la guérilla
en parti politique, suite aux accords de paix de 1992, avait,
comme les autres partis d’opposition, boycotté les municipales
de 1998 pour protester contre la « fraude généralisée »
dont il accusait le pouvoir. Cette fois-ci en revanche, le Renamo
a salué la transparence des élections. Alfonso Dhlakama, leader
du parti, a ainsi déclaré que « la situation était normale »,
et qu’il n’y avait « aucune comparaison avec les processus
électoraux antérieurs ». Le Renamo s'est tout de même
plaint de fraudes à Beira. Le Frelimo quant à lui, a demandé
des recomptes à Nacala et sur l'île de Mozambique ; mais
il est peu probable que ce recompte change l'équilibre du vote.
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Faible
participation
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Une
centaine d’observateurs étrangers, dont une soixantaine dépêchés
par l’Union européenne. et une vingtaine d’Américains du Centre
Carter, ont confirmé ces dires après avoir assisté au processus
électoral dans de nombreux bureaux de vote, et ont déclaré
que la campagne électorale puis les élections, s’étaient déroulées
de manière « libre et équitable ». Aucune
violence n’a été à déplorer. Seul incident, la disparition
des listes électorales de Cuamba, qui a empêché un millier
d'électeurs de voter. Ces élections apparaissent donc comme
une réussite pour cette jeune démocratie, dans un pays où
les souvenirs de la guerre civile (1976-1992, au moins un
million de morts) sont encore vivaces. Des pluies torrentielles,
dans le nord et dans le centre, ont également perturbé le
scrutin, empêchant nombre d’électeurs de se rendre aux urnes.
La
participation n’en a pas moins été faible, 20 %
environ des deux millions d’inscrits s’étant présentés aux
urnes, sur une population de 18 millions d’habitants, seules
les zones urbaines ayant été appelées à voter.
Ces
résultats annoncent-ils une domination sans partage du Frelimo,
lors des élections de 2004 ? Si les municipales montrent
que le soutien populaire au Frelimo est intact, il ne faut
pas oublier que les zones rurales (où le Renamo est mieux
implanté) n’ont pas participé aux élections. Et le Renamo,
malgré ces résultats très inférieurs à ses attentes, a montré
sa capacité à participer au jeu démocratique. Le parti veut
faire preuve d’optimisme et considère qu’une seule victoire
suffirait pour qualifier le résultat de positif puisque « auparavant,
c’est le Frelimo qui contrôlait les 33 circonscriptions ».
Les circonscriptions gagnées par le Renamo sont, de plus,
loin d’être insignifiantes : Beira est la deuxième ville
du pays ; Nacala est un port important ; et l’île
de Mozambique est également considérée comme stratégique.
De plus, l’action de la Commission électorale (qui doit confirmer
ces résultats officiels, et reclassifier tous les votes déclarés
invalides) pourrait, en recomptant les voix, renverser les
résultats en faveur du Renamo dans au moins deux circonscriptions
où le Frelimo n’a qu’une majorité de quelques voix. Les résultats
définitifs devraient être connus au plus tard le 4 décembre.
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