Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Turquie . Allié à la coalition américano-britannique qui a mené la guerre contre l'Iraq, le pays est confronté à une série d'attentats revendiqués par la mouvance d'Al-Qaëda.
Dans le collimateur d’Al-Qaëda

Ebranlée par une série d'attentats terroristes, la Turquie semble désormais dans le collimateur d'Al-Qaëda, qui lui fait payer ses liens privilégiés avec la coalition américano-britannique qui mène la guerre contre l'Iraq. Les deux attaques anti-britanniques sur le sol turc, perpétrées jeudi dernier, marquent l'acharnement des terroristes envers ce pays, déjà touché la semaine précédente. L'ensemble de ces actes terroristes a fait au moins 52 morts et près de 750 blessés, alors que Londres et Washington évoquent la possibilité de nouvelles attaques en Turquie et à l'étranger.

L'enquête sur ces attentats progresse et s'est déjà soldée par plusieurs arrestations. La police turque a interpellé 18 personnes après ces derniers attentats qui ont fait 27 morts, tandis que des milliers de Turcs manifestaient samedi dans plusieurs grandes villes à la suite de la vague d'attaques suicides. Les personnes soupçonnées d'implication dans les attentats contre le consulat général britannique et le siège de la banque britannique HSBC à Istanbul ont été appréhendées par la police antiterroriste lors de descentes « successives » dans trois quartiers de la rive asiatique de la métropole.

Les deux séries d'attentats ont été revendiquées par le réseau Al-Qaëda d'Ossama Bin Laden ainsi que par un groupe islamiste extrémiste turc, le Front islamique des combattants du Grand Orient (IBDA-C). Aucune de ces revendications n'a été formellement authentifiée, même si les experts s'accordent à penser que ces attaques portent la marque d'Al-Qaëda. La revendication par Al-Qaëda a été envoyée dans un message électronique qui lui est attribué par l'hebdomadaire saoudien Al-Majallah.

Cependant, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a avoué dimanche ne « pas être sûr à 100 % » de l'implication d'Al-Qaëda dans les attentats à Istanbul, même « s'il est évident qu'ils ont un motif religieux ». « Ces attentats sont-ils le fait du conglomérat Al-Qaëda, de ce holding, ou est-ce le fait d'une autre organisation terroriste, nous n'en sommes pas encore certains à 100 % », a déclaré le premier ministre.

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs qualifié de honte pour le pays le fait que les quatre kamikazes responsables des attentats aient été des Turcs. « Quatre des morts sont des citoyens terroristes », a-t-il relevé dans un discours prononcé à l'occasion des funérailles de deux policiers tués. « Ce sont des gens qui ont des liens avec l'étranger, qui sont responsables des attentats », a-t-il déclaré. Les kamikazes, quatre jeunes Turcs âgés d'une vingtaine d'années, sont tous originaires de Bingol, ville du sud-est kurde déshérité. Les services de renseignements turcs recensent environ un millier de Turcs qui ont participé au djihad planétaire, en Bosnie, Tchétchénie ou Afghanistan, possible vivier de recrutement pour les réseaux les plus radicaux. « Les auteurs de ces attentats, comme ceux au Maroc, en Tunisie ou en Indonésie, ont une conception globale du djihad. Depuis dix ans, on voit ce genre d'actions d'Al-Qaëda, ce n'est pas un phénomène spécifique à la Turquie », a indiqué Rusen Cakir, spécialiste de l'islam politique turc. Le chef de la police d'Istanbul a accusé la presse d'être responsable de la deuxième vague d'attentats à la voiture piégée, pour avoir publié de façon irresponsable des informations sur l'enquête alors que les autorités étaient « à une heure » d'arrêter les coupables de la première vague, contre des synagogues.

Dans le même temps, plusieurs milliers de personnes ont manifesté sous haute sécurité dans les principales villes de Turquie pour condamner les attentats, mais aussi pour dénoncer les Etats-Unis, à l'appel de syndicats et organisations non gouvernementales de gauche. A Istanbul, théâtre des quatre attaques suicides, environ 3 000 personnes se sont rassemblées sur la place centrale de Taksim sous le thème de « la paix contre la violence et le terrorisme ». De nombreux manifestants portaient le drapeau turc et scandaient « Non à la guerre, oui à la paix ! », mais aussi « A bas l'impérialisme américain ! » et « Non aux Yankees, pour une mobilisation assez faible ».

La série d'attentats suicides meurtriers revendiqués par la mouvance d'Al-Qaëda met à l'épreuve la Turquie, pays musulman, à l'Etat laïque mais dirigé par un gouvernement aux racines islamistes. Membre de l'Otan, alliée des Etats-Unis et d'Israël, candidate à l'Union européenne, la Turquie s'est toujours démarquée dans le monde musulman par son Etat aux principes strictement laïques dont le respect est surveillé de près par l'armée.

Maha Salem
Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631