Une
nouvelle saison théâtrale débute. Les théâtres privés
s'apprêtent déjà à programmer des reprises. Les théâtres
publics préparent de nouvelles pièces. Dans cette course
effrénée entre les secteurs public et privé, un nouveau
venu refait son apparition : le Théâtre de la télévision,
fermé pendant une vingtaine d'années. Ce dernier produit
une nouvelle pièce, Nazline al-mahatta al-gaya,
d'après un texte de Mohsen Mosselhi. Cette mise en scène
d'Assem Nagati sera en effet donnée sur les planches du
théâtre Youssef Al-Sébaï à Héliopolis, après la
fête du petit Baïram.
Le
théâtre de la télévision, fondé dans les années 1960,
reprend ses fonctions qui consistent à produire et ensuite
filmer des pièces de théâtre dans le but de les diffuser
à grande échelle. « Il ne s'agit pas de créer
un théâtre intermédiaire entre le théâtre privé et celui
de l'Etat. On n'est pas en concurrence avec eux et on
ne dénigre pas leur présence non plus. On cherche plutôt
à présenter au public un vrai théâtre. Un théâtre amusant
et sérieux », souligne Essam Al-Sayed, nouveau
directeur du Théâtre de la télévision. On s'attend alors
à un théâtre respectueux qui s'éloigne de l'art du cabaret
commun aux pièces privées, et des expérimentations du
théâtre public.
Car
lors de sa création, ce théâtre produisait quelque cinquante
spectacles par an en collaboration avec une douzaine de
troupes. Chaque spectacle était donné pendant une durée
de 5 à 15 jours. Il accordait un intérêt particulier à
la participation de jeunes comédiens, écrivains et metteurs
en scènes. Les spectacles faisaient parfois le tour des
quartiers populaires au Caire comme en province. D'ailleurs,
Essam Al-Sayed met l'accent sur ces mêmes principes :
« On ne peut pas dire qu'on va répéter exactement
l'expérience des années 1960. Le temps et les circonstances
actuelles sont différents. De plus, la société a beaucoup
changé. On ne vise plus à créer des troupes comme c'était
le cas dans les années 1960, mais plutôt à faire office
d'unité de production pour éviter de transformer les comédiens
et les metteurs en scènes en fonctionnaires ».
Et
d'ajouter : « La production ne se limitera
pas aux œuvres classiques ou tragiques, mais s'étendra
aux genres musicaux, comiques, etc. Cela nécessite des
moyens techniques et d'énormes budgets que la Télévision
peut facilement offrir ».
Avec
la panoplie de médias existants, il n'est plus si facile
d'inciter le public à se rendre au Théâtre de la télévision.
Cependant, Al-Sayed pense autrement : « Je
trouve qu'une pièce de théâtre perd beaucoup de sa valeur
quand elle est filmée et présentée telle qu'elle a été
donnée sur scène. Mais par la diffusion d'un théâtre qui
se respecte, on encourage justement le public à fréquenter
de nouveau le théâtre ».
Toujours
dans le but d'attirer le public, le théâtre de la télévision
fait appel à de jeunes stars ayant fait leurs preuves
dans des drames télévisés. De même, les pièces sélectionnées
doivent aborder un sujet en rapport avec les gens du peuple
et à la portée de tous.
Ainsi
dans Nazline al-mahatta al-gaya, les rôles principaux
sont tenus, entre autres, par Rania Mahmoud Yassine, Ahmad
Al-Demerdach, Amira Al-Aïdi. Tous de jeunes stars qui
ont marqué le public durant le Ramadan à travers les multiples
feuilletons télévisés.
La
pièce est une fantaisie qui retrace l'histoire de 6 couples
de diverses catégories sociales de l'enfance jusqu'à la
maturité. A travers un voyage fictif par train, chaque
séquence de leur vie est représentée par un wagon. Le
voyage n'est pas réellement effectué, les personnages
découvrent vers la fin qu'ils n'ont jamais quitté leur
train. Cette mise en scène comique du jeune Assem Nagati
sera suivie d'une série de pièces qui seront respectivement
données sur les planches du Théâtre de la télévision :
Talata ala balata (Trois sur une dalle) Al-Aïdi
al-naema (Les Mains douces) et Zahret al-hob
(Fleur de l'amour). |