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Turquie .
L'économie turque semble capable de faire face à la récente
vague d'attentats, mais demeure vulnérable.
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L'optimisme reste de mise
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| Convalescente
après la grave crise financière de 2001, sous perfusion
internationale, il semble que l'économie turque est assez
bien armée pour faire face à la vague d'attentats de ces
derniers jours, mais elle est vulnérable à de nouveaux
actes terroristes.
« Nous
maintenons un scénario constructif, sûrement pas un scénario
de fin du monde », résume Joël Guglietta, analyste
de la banque CAI (Crédit Agricole Indosuez), après
les attentats qui ont visé samedi 15 des synagogues, et
jeudi 20 des intérêts britanniques à Istanbul. Les économistes
de la banque d'affaires américaine Merrill Lynch
sont du même avis : « Malgré ces événements,
nous gardons une opinion fondamentalement positive sur
le marché turc du fait des éléments macroéconomiques et
de la stabilité politique », à moins que de nouvelles
attaques ne se produisent, écrivent-ils dans une note
d'analyse.
Cependant,
les attentats ont frustré les investisseurs britanniques.
« Les entreprises qui travaillent déjà (en
Turquie) vont sans doute continuer, mais celles qui
ne faisaient que l'envisager vont sûrement prendre du
recul », a déclaré Tony Gunn, directeur d'Inturecede.
Selon le ministère du Commerce et de l'Industrie, la Turquie
compte sur son territoire quelque 300 entreprises britanniques,
dont 125 sont situées dans la région d'Istanbul. Les entreprises
britanniques ont investi en Turquie, notamment dans les
secteurs de l'automobile et du textile. L'Angleterre est
un partenaire important pour le pays, avec des exportations
vers la Turquie s'élevant à 1,1 milliard de livres (1,57
milliard d'euros) de janvier à août 2003, contre des importations
de 1,7 milliard de livres (2,43 milliards d'euros).
La chaîne
de supermarchés Tesco a annoncé en novembre le
rachat des supermarchés Kipa, près d'Izmir (ouest
de la Turquie). Un porte-parole de Tesco a déclaré
jeudi dernier : « Nous faisons toujours ce
qu'il faut en entrant sur un marché et la sécurité est
l'une des choses que l'on examine. Nous sommes dans une
tout autre région qu'Istanbul », a-t-il ajouté. |
Pas de panique |
| Le marché
boursier turc est demeuré fermé vendredi, et le restera
jusqu'au 1er décembre en raison de la fête religieuse
de l'Aïd. Selon Guglietta, du Crédit Agricole
Indosuez, la réaction jeudi des marchés obligataires,
où s'échangent les titres à 30 ans de la dette turque,
prouve cependant bien que les investisseurs — majoritairement
turcs eux-mêmes — ne paniquent pas. Et la Banque
Centrale s'est dite prête à injecter des liquidités si
nécessaire. Au final, « il n'y aura pas de dérapage
incontrôlé sur les taux d'intérêt et sur la devise »,
estime-t-il.
Interrogé
à ce sujet lors d'un point presse, le porte-parole du
Fonds Monétaire International (FMI), Thomas Dawson, a
lui aussi estimé que « les marchés obligataires
et des changes ont réagi de manière raisonnable étant
donné le choc et la tragédie ». La Turquie suit
un programme du FMI qui lui a accordé une ligne de crédit
de 18 milliards de dollars pour l'aider à sortir de la
récession. Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé en
septembre un accord de crédit de 8,5 mds de dollars, confirmant
leur soutien économique massif à un pays jugé stratégique,
en raison surtout de leur intervention en Iraq.
Les économistes
s'accordent pour dire que le pays, notamment son système
bancaire et fiscal, reste fragile. Mais il est actuellement
un très bon élève en matière macroéconomique, et sa politique
économique recommence à inspirer la confiance à ses partenaires.
« La performance de l'économie turque a été très
bonne cette année. La croissance a de bonnes chances de
dépasser les 5 % prévus par le gouvernement, et l'inflation
à la fin de l'année devrait être en dessous de l'objectif
de 20 % », selon Merrill Lynch. Pour
l'année prochaine, Joël Guglietta table sur un taux de
croissance de 4,9 % du Produit Intérieur Brut (PIB).
L'un des
risques les plus évidents aux yeux des experts après les
attentats est celui pesant sur le tourisme, qui a représenté
plus de 4 % du PIB ces 12 derniers mois et généré
des recettes d'environ 9 mds de dollars, dont une importante
partie grâce aux touristes visitant Istanbul. Ce secteur
pourrait souffrir beaucoup en cas de nouvelles attaques. |
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