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Tradition
religieuse .
La mosquée d'al-imam Al-Chaféï et son mausolée
attirent non seulement les disciples de cet
imam, les citoyens et les paysans, mais encore
les archéologues et les architectes.
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Sur
les traces d'al-imam Al-Chaféï |
« C'est
le dernier vendredi du mois du Ramadan, allons
prier à la mosquée d'al-imam Al-Chaféï pour
prendre la baraka », dit Hagga Amina
à sa fille et ses petits-enfants. Hagga Amina
a l'habitude d'aller à al-imam Al-Chaféï tous
les vendredis du Ramadan. La prière du vendredi
finie, beaucoup d'hommes et de femmes et même
d'enfants se précipitent à la porte du mausolée
d'al-imam et attendent son ouverture. Une
fois celle-ci ouverte, tous ces gens prennent
la direction du mausolée. Là a été installée
une porte de bois pour séparer les femmes
des hommes. « Laissez-moi une place
s'il vous plaît, donnez-moi l'occasion de
voir et toucher le mausolée », crie
Hagga Amina aux femmes qui se pressent dans
les lieux. Hagga Amina atteint enfin
le mur du mausolée après beaucoup de difficulté.
Beaucoup de femmes enlèvent leur voile qui
couvrent leurs cheveux et le font passer sur
les murs du mausolée de l'imam en pleurant.
Celles-ci ont l'habitude de passer leurs foulards
sur toutes les tombes même si elles n'appartiennent
pas à des Awliyaa (hommes pieux). A côté de
la tombe de l'imam, il y a trois autres, celles
du souverain ayyoubide Al-Kamel et sa mère,
la reine Chams, ainsi que la tombe de l'un
des amis de l'imam. Ensuite, elles balayent
le sol du darih (tombe) avec leur voile
en chuchotant des formules religieuses.
« Al-Imam
Al-Chaféï est connu pour sa dévotion et son
culte répandu en Egypte dès son arrivée sur
les rives du Nil en 198 de l'hégire, 814,
jusqu'aujourd'hui », explique le
cheikh de la mosquée, surtout pendant le mois
du Ramadan. Pour lui, beaucoup de citoyens
viennent des quatre coins de l'Egypte, notamment
le vendredi, afin de prier dans la mosquée
de l'imam et visiter sa tombe. Mais, généralement
la plupart des visiteurs sont des oulémas
qui suivent le rite chaféïte (l'un des 4 rites
de l'islam sunnite). Ils viennent non seulement
pour prier, mais encore pour donner des leçons
aux habitants des alentours qui ont besoin
d'approfondir leur connaissance religieuse.
Pour
les visiteurs, d'autres centres d'intérêt
sont présents outre l'aspect religieux :
c'est la beauté architecturale du mausolée
et de la coupole qui le surmonte. Abdel-Monsef
Salem, spécialiste d'archéologie islamique,
relève d'abord la superficie de ce mausolée,
qui est 225 mètres carrés. Il s'agit du plus
grand non seulement en Egypte, mais aussi
au Moyen-Orient. En même temps, la coupole
et la mosquée témoignent du grand intérêt
accordé à cet imam de la part des souverains
et des habitants dès le début de l'époque
ayyoubide jusqu'au règne du khédive Tewfiq
vers la fin du XIXe siècle.
En
effet, après sa mort en 204 de l'hégire, l'imam
a été enterré dans une simple tombe qui appartenait
aux fils d'Ibn Al-Hakam. Ces derniers étaient
des amis à lui chez qui il a vécu dès son
arrivée en Egypte en 198 de l'hégire. Auprès
de la tombe, ont été édifiés trois mihrabs
pour y prier et apprendre aux étudiants le
culte chaféïte. Au fil des ans, le nombre
des étudiants augmente et la superficie consacrée
pour les études est reste telle qu'elle était.
Il fallait attendre 371 ans et l'arrivée de
Saladin. Celui-ci a restauré et conservé la
tombe. Aussi, il l'a annexée d'une école qu'il
a appelée Al-Salahiya afin d'unir tous les
étudiants. Mais malheureusement cette école
a été complètement détruite. Son existence
n'est prouvée que par les documents. |
Le bois fait son apparition
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Quelques
années plus tard, la reine Chams, mère du
roi ayyoubide Al-Kamel, a bâti une grande
coupole en bois au-dessus de la tombe de
l'imam. Elle a voulu que tous les deux,
elle et son fils, soient enterrés auprès
de cet homme vénéré. C'est pourquoi, elle
a construit une très grande coupole en bois
doré décorée et dont l'architecture était
très développée par rapport à son époque.
Incrustée de lapis-lazuli, celle-ci est
construite sur « deux niveaux liés
à une méthode architecturale non connue
en Egypte à cette époque », explique
le spécialiste. Cette coupole est devenue
le modèle des coupoles de plusieurs autres
monuments islamiques. « Les mosquées
Al-Zaher Beibars et Al-Nasser Mohamad Ibn
Qalaoun, le palais de Bachtak ainsi que
l'école de Qaïtbay en sont les plus fameux
exemples », affirme Abdel-Monsef
Salem. Maintenant, au-dessous de la coupole,
on peut distinguer quatre tombes :
une grande tombe de l'imam entourée de bois
incrusté de verre et dont la porte est en
bois recouvert de décorations islamiques.
A travers le verre, on peut voir le cercueil
couvert d'un tissu vert et surmonté d'un
turban. Auprès d'elle, une tombe plus petite.
Celle-ci appartient à l'un des amis de l'imam.
A côté de ces deux tombes, on voit deux
autres : l'une, la plus petite, appartient
à la reine Chams et l'autre au souverain
Al-Kamel. Elles sont fermées à l'aide de
portes en bois et dont la décoration est
superbe. Autre importance : cette coupole
est « la première construite en
bois en Egypte », explique le spécialiste.
Ce qui augmente sa valeur archéologique.
En même temps, cette coupole est surmontée
d'un croissant sous forme de bateau. « Cette
forme symbolise la fécondité de la science
de l'imam Al-Chaféï ». De même,
à l'époque, on y mettait des graines pour
les pigeons et les oiseaux. « Malheureusement
cette habitude a disparu au fil des siècles »,
déplore le spécialiste.
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Une dévotion
continue
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Par
ailleurs, le mausolée renferme des cercueils
en bois dont la date remonte à l'époque ayyoubide.
Ils témoignent l'art d'une époque dont les
monuments de bois ont été complètement détruits.
A la fin de cette époque, l'Egypte a vu plusieurs
conflits entre les différents Mamelouks et
le gouverneur Chawer. Et par conséquent, tous
les monuments en bois ont été les premières
victimes. D'où vient l'importance des cercueils
conservés sous la coupole d'Al-Chaféï.
L'importance
de l'imam chez les souverains n'a pas cessé
durant les époques mamelouke et ottomane et
aussi chez les citoyens. Chacune des deux
équipes avait sa méthode d'exprimer cet amour.
Par exemple le sultan Qaïtbay a renouvelé
le marbre qui couvrait des parties de la coupole
et les mihrabs. Aussi, après avoir constaté
que les trois mihrabs ne suivent pas la direction
de la qibla, l'ingénieur Chamseddine
Ibn Al-Zamane a ajouté un quatrième mihrab
qui désigne la direction de la qibla.
Cependant, lorsqu'on entre à cet endroit consacré
à la prière des femmes, la plupart parmi elles
suivent la fausse direction.
Et
l'une des plus importantes restaurations effectuées
en 1196 pendant le règne d'Abdel-Rahmane Katkhoda.
Il a restauré les dalles de l'entrée et les
a décorées de la mosaïque marocaine à l'instar
de l'Alhambra (le palais rouge) en Andalousie.
Quant
à la mosquée, elle a été bâtie en 1309 de
l'hégire, 1891, par le khédive Tewfiq. C'est-à-dire
après la mort de l'imam de plus que 1 000
ans. « Elle a été construite sur les
vestiges de l'école Al-Salahiya »,
affirme l'archéologue. La construction de
la mosquée à la fin du XIXe siècle témoigne
que l'imam Al-Chaféï captait les esprits des
souverains avant les citoyens. |
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Doaa
Elhami |
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Le
messager |
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Il
s'appelle Abou-Abdellah Mohamad Ibn Idriss
Ibn Osman Naféï Ibn Al-Thaëb Al-Chaféï. Il
est né en 150 de l'hégire/717 à Gaza). Ayant
perdu son père prématurément, sa mère l'a
emmené vers l'âge de deux ans à La Mecque.
Là-bas, il a été élevé, instruit et a appris
le fiqh (la jurisprudence islamique)
et le hadith. A l'âge de vingt ans, il a été
à Médine et est devenu l'un des disciples
de l'imam Malek. Après la mort de ce dernier
en 179 de l'hégire/796, il a été au Yémen.
Ensuite, une amitié a été créée entre lui
et l'imam hanafite Mohamad Ibn Al-Hassan Al-Chaïbani.
Il est venu ensuite, périodiquement en Egypte.
Et il a été bien accueilli comme disciple
de l'imam Malek. Puis il a été à Bagdad en
195 de l'hégire/810. Là, il a enseigné le
fiqh. Enfin, il est retourné en Egypte
en 198 de l'hégire/814 et y a vécu jusqu'à
sa mort en 204 de l'hégire/820.
Considéré comme le fondateur
de la jurisprudence islamique, on peut diviser
la vie de l'imam en deux parties essentielles,
la première à Bagdad, et la deuxième en Egypte.
A Bagdad, il apprenait la jurisprudence islamique
aux disciples. Mais ses années les plus fécondes
étaient celles de sa vie en Egypte. Il a écrit
son livre Al-Réssala, (Le Message)
où il expliquait les sources radicales de
la jurisprudence islamique. Al-Chaféï préférait
utiliser le dialogue comme style dans ses
écrits sans mentionner les noms de ses collègues
dont les avis sont différents. Un style simple
qui a aidé à faire comprendre et répandre
son culte en Egypte.
D. E.
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