Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Rwanda . Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) et Kigali semblent se diriger vers une amélioration de leurs relations. Mais des désaccords persistent.
Nouvelle page avec le TPIR

Les relations commencent à se normaliser entre le Rwanda et le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). C'est ce qui ressort de la première visite que Hassan Bubacar Jallow, nouveau procureur général du TPIR, a achevé vendredi à Kigali où il a rencontré Paul Kagamé, président du Rwanda. Hassan Bubacar Jallow, ex-ministre de la Justice en Gambie, est le remplaçant de la Suissesse Carla del Ponte, dont les relations avec le gouvernement rwandais s'étaient fortement détériorées ces derniers mois. Le TPIR, mis en place par les Nations-Unies et siégeant à la Haye, a pour mission de juger les criminels du génocide rwandais de 1994, lors duquel des extrémistes hutus avaient massacré plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés.

Cette visite avait pour objectif de réchauffer les relations entre Kigali et le TPIR. Lorsque Carla del Ponte était encore chargée du tribunal, le gouvernement rwandais et les associations de rescapés du génocide accusaient le TPIR de « lenteur » et « d'incompétence », tandis que le TPIR reprochait au gouvernement son manque de coopération. « M. Jallow venait prendre contact, ce genre de visite ne peut donner lieu à des prises de position conflictuelles. Mais on ne sait pas encore ce qu'il pense sur le fond des dossiers », remarquait ainsi un diplomate occidental en poste à Kigali. En effet, Hassan Bubacar Gallow a insisté sur « l'accueil chaleureux » qui lui avait été fait, et a déclaré vendredi avoir « trouvé une immense bonne volonté de la part du gouvernement » rwandais. Paul Kagamé a assuré le procureur de son « soutien » et de l'entière coopération du gouvernement et du peuple rwandais, tandis que le procureur général du Rwanda, Gérard Gahima, s'est déclaré « optimiste » après s'être entretenu avec M. Jallow. « Je crois que le nouveau procureur (du TPIR) est décidé à améliorer le fonctionnement du tribunal », a-t-il déclaré.

Hassan Bubacar Jallow et le gouvernement rwandais ont effectivement paru s'accorder sur plusieurs questions. M. Jallow a ainsi pu rassurer le gouvernement sur les « lenteurs » du tribunal, déclarant que le Conseil de sécurité des Nations-Unies allait allouer 5 juges supplémentaires au TPIR, qui pourraient ainsi créer de nouvelles chambres, dont une « d'ici la nouvelle année ». Ceci permettrait au TPIR de respecter l'échéance de son mandat, qui s'achève en 2008. Les associations de rescapés du génocide ont, quant à elles, accepté de retourner témoigner aux audiences du TPIR à Arusha (Tanzanie), dont elles s'étaient retirées pour protester contre les « mauvais traitements » qu'elles disaient y subir. Ceci devrait permettre à plusieurs procès qui avaient été interrompus, faute de témoins, de reprendre. Vendredi, le TPIR a ainsi pu annoncer la reprise du procès d'Emmanuel Ndindabazihi, ancien ministre rwandais des Finances, accusé de génocide et de crimes contre l'humanité.

Le TPIR pourrait également accepter d'accéder à une demande récurrente de Kigali, le jugement par les instances juridiques rwandaises des crimes jugés « moins importants ». « J'ai toujours pensé que si cela (les jugements des crimes du génocide) arrivait, il serait très important pour les Rwandais de voir la justice rendue au Rwanda même », déclarait ainsi le président Paul Kagamé. M. Jallow semblait, lors de sa visite, approuver cette démarche : « Il est important que nous nous concentrions sur les principaux responsables de ce qui est arrivé. (...) En ce qui concerne les personnes accusées de crimes moins importants, nous devons trouver d'autres solutions, peut-être en les transférant devant des juridictions nationales, y compris au Rwanda ». M. Jallow a également précisé que de nouvelles inculpations allaient être prononcées courant 2004.

Cependant, le sujet le plus controversé, et qui avait en partie déclenché la crise entre le Rwanda et Carla del Ponte, a été soigneusement éludé, à savoir, le jugement par le TPIR de membres de l'actuel gouvernement, qui étaient à l'époque du génocide membres du Front patriotique rwandais (mouvement à majorité tutsie, dirigé par Paul Kagamé, qui avait réussi à mettre un terme au génocide puis à accéder au pouvoir), accusés d'avoir à leur tour perpétré des atrocités contre les Hutus. Paul Kagamé s'était ouvertement opposé à Carla del Ponte sur ce sujet. A cet égard, Hassan Bubacar Jallow s'est borné à souligner que « le Conseil de sécurité a été assez clair dans sa résolution, affirmant que nous devons enquêter dans chaque camp », et que « le mandat (du TPIR) est assez large, qu'il couvre tout ce qui s'est passé au Rwanda ». L'idylle entre Kigali et La Haye pourrait donc bien ne pas durer longtemps.

Lazare Beullac

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631