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Commerce international . Ahmad Ghoneim, conseiller auprès du ministre de l'Industrie et expert dans les affaires égypto-européennes, explique la réticence du gouvernement à mener les réformes indispensables à l'amélioration du climat de l'investissement.
« Les réformes auront
un impact négatif sur le plan social 
»
Al-Ahram Hebdo : L’Union Européenne (UE) encourage l’Egypte à mettre en place un certain nombre de réformes dans son système économique. Quel est votre avis ?

Ahmad Ghoneim : Il est évident que des pays donateurs, comme ceux de l'Union européenne, imposent comme condition à leur aide la mise en place d’un certain nombre de réformes. Et on ne peut pas nier que les réformes auxquelles ils sont en train de faire appel sont dans l’intérêt de l’économie égyptienne. Le problème est de savoir quels seront leurs effets sur le plan social. Il faut reconnaître que sur le court terme la mise en place de ces réformes aura un impact négatif dans les domaines social et politique.

 Quelles sont les réformes que vous considérez comme difficiles à mettre en place ?

— On sait que des institutions comme la douane ou les banques nécessitent une modernisation pour redevenir efficaces ou du moins s’adapter aux besoins contemporains. Lorsqu’on aura lancé des réformes dans le système douanier, on se retrouvera avec un grand nombre d’employés au chômage du jour au lendemain. La privatisation des banques aurait le même type de conséquences. Ainsi, pour mettre en place des réformes tout en atténuant les conséquences négatives, il faut adopter une politique de réformes à long terme. La situation devient encore plus difficile lorsqu’on est confronté, comme c'est le cas actuellement, à une forte récession économique.

— Est-ce qu’il existe selon vous une alternative à la mise en place de ces réformes ?

-— Il y aurait des alternatives si l’Egypte avait des moyens financiers autres que l’aide externe. Comme ceci n’est pas le cas, on doit se résigner à mettre en place des réformes et espérer qu’elles auront pour conséquence l’augmentation des investissements, la création des emplois dans le secteur et l’amélioration de l’état de nos exportations. Mais pour arriver à cette situation, il faudra du temps. La période de transition, c’est l’étape la plus dangereuse. Elle impliquera des sacrifices qui pourront avoir des coûts sociaux et politiques élevés.

Propos recueillis par Randa Achmawi
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