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Commerce
international . Les
expériences amères de plusieurs investisseurs européens
avec les lourdeurs de la bureaucratie douanière les ont
conduits à fuir l'Egypte. Témoignages.
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L'art
de chasser l'investisseur |
Un besoin,
une nécessité ou carrément une urgence. Dès lors que l'on
évoque les relations entre l'Egypte et l'Union Européenne
(UE), il est question de réforme. Un aspect soulevé à
maintes reprises dans le Traité d'association Egypte/UE.
Selon celui-ci,
il faut avant tout reconnaître qu'il existe en Egypte
de sérieux obstacles structurels et institutionnels au
commerce international. Ils représentent par définition
des barrières à la mise en place effective des mesures
liées au commerce, prévues par le Traité d'association
Egypte/UE. Ces obstacles ou barrières institutionnelles
sont constamment soulevés par les représentants du secteur
privé des quatre coins du monde, comme raison de ne pas
investir en Egypte. La suppression des méfaits de la bureaucratie
douanière, la mise en place de procédures simplifiées
pour le règlement des différents commerciaux, ainsi que
le non respect de la propriété intellectuelle figurent
parmi les plaintes les plus récurrentes qu'on entend de
la plupart des hommes d'affaires européens.
Selon de
nombreux avis, l'économie égyptienne, dont le dirigisme
paraît inefficace, doit être transformée en une économie
de marché adaptée aux besoins de la conjoncture mondiale.
Ces demandes sont explicites et font partie du programme
de partenariat euro-méditerranéen. Dans celui-ci, on évalue
notamment les réformes nécessaires. Selon ce rapport,
le fonctionnement actuel des institutions égyptiennes
porte préjudice à la politique du gouvernement qui tente
d'encourager les investissements étrangers ainsi que les
exportations.
Au-delà des
slogans, il est temps d'être cohérent et de passer de
la théorie à la pratique. « La première réalité
dont il faut se rendre compte c'est que ces entraves institutionnelles
rendent le pays beaucoup moins attrayant aux investisseurs,
et les conduisent parfois à fuir vers d'autres pays.
La conjoncture internationale a créé une très grande
compétitivité entre les pays pour attirer des investissements.
De nombreux pays, que ce soit en Asie ou en Europe de
l'Est, ont créé un environnement où il devient très facile
de créer des nouvelles entreprises ainsi que d'avoir des
relations commerciales lucratives », explique
Alain Seatter, chef d'unité et responsable de la politique
économique avec le Machreq arabe et Israël à la Commission
européenne. Pour lui, il est facile d'identifier les nombreuses
difficultés retrouvées par les hommes d'affaires lorsqu'ils
décident d'aller travailler en Egypte. Les plus pesantes
sont celles liées au système douanier. Les procédures
y sont interminables. « Pour faire entrer des
produits en Egypte, on doit obtenir 32 signatures sur
les documents d'autorisation. Ce genre de complication
décourage les hommes d'affaires. Dans des pays comme la
Malaisie on ne demande pas plus que 3 signatures »,
ajoute Seatter. Pour de nombreux observateurs, la complexité
des procédures bureaucratiques facilite aussi l'opacité
des institutions et encourage la corruption. « Lorsqu'on
doit faire signer un document 32 fois, ceci veut dire
qu'on doit être prêt à payer 32 pots-de-vin aux fonctionnaires.
Ce qui revient parfois très cher et ajoute des frais exorbitants
aux coûts de l'opération », explique un homme
d'affaires ayant requis l'anonymat |
Exportations et importations mises à mal
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Les difficultés
ne s'arrêtent pas là. Il faut jusqu'à trois semaines pour
faire sortir des produits des zones dounaières. « Lorsque
nous avons voulu ouvrir une filiale de notre chaîne de
supermarchés en Egypte, notre intention était d'offrir
des produits français comme le fromage au consommateur
égyptien. Mais on a été rapidement confronté aux difficultés
imposées par les mesures douanières. Et de cette manière,
les premiers chargements ramenant des produits alimentaires
en Egypte ont pourri dans les dépôts de la douane. Ceci
a eu lieu avant même qu'on puisse les libérer, pour pouvoir
enfin les vendre aux consommateurs », assure
un des responsables de la chaîne.
Les procédures
douanières portent aussi préjudice aux politiques nationales
d'encouragement à l'exportation. « Dans mon pays,
nous avions commencé à importer des produits alimentaires
égyptiens, des fruits et des légumes. Mais pour qu'ils
puissent arriver frais à leurs destinations, on avait
besoin de les transporter dans une sorte de compartiment
créé spécialement pour cet objectif. Or, on a été confrontés
à des procédures douanières grotesques où on voulait nous
faire payer des taxes sur le compartiment lui-même à chaque
fois qu'il entrait en Egypte. Il est évident que ceci
a rendu les produits égyptiens extrêmement chers, et pour
cette raison nous nous sommes tournés vers d'autres pays
de la région pour acheter les mêmes produits, mais où
les procédures douanières sont moins compliquées »,
raconte un diplomate européen sous couvert d'anonymat.
Les difficultés
ne s'arrêtent malheureusement pas là. « Il existe
29 taux douaniers différents en Egypte », souligne
Alain Seatter. « Pour les investissements effectués
en Egypte, les coûts de transports (tarifs portuaires
et douanes inclus) représentent 12 % de la totalité
de sa valeur. Si on compare cela à ce qui se passe au
Chili par exemple, on voit que ces mêmes dépenses ne dépassent
pas 6 % du total de la valeur investie ».
La mise en
place de réforme du système économique égyptien est ainsi
une préoccupation constante des investisseurs européens.
De nombreux observateurs attirent l'attention sur le fait
que les investissements étrangers en Egypte ont baissé
de 50 % ces dernières années. Il reste alors un grand
défi. Relever les manches, et lancer ces réformes. |
| Randa
Achmawi |
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| Forum
« Egypt Invest 2003 » |
La conférence
« Egypt Invest 2003 », qui aura lieu au Caire
les 3 et 4 décembre, réunira les décideurs des secteurs privé
et public, ainsi que des représentants de la Banque mondiale,
de l'Union européenne et de la Conférence des Nations-Unies
pour le commerce et le développement (Cnuced). Objectif :
débattre des obstacles entravant les investissements étrangers
et créer un climat économique sain en Egypte. |
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