| Aggravation
du piège iraqien |
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Par
Mohamed Sid-Ahmed |
| Le
discours du président George W. Bush, prononcé le
6 novembre à l'occasion du 20e anniversaire de la
création de l'Institut national pour la démocratie,
n'était pas une simple célébration de l'événement,
mais plutôt une opportunité pour aborder une fois
de plus la question de la démocratie dans le monde
arabe. L'Administration américaine a donc décidé
subitement de passer de la question du terrorisme
qui la préoccupait depuis les attentats du 11 septembre
2001 à la question de la promotion de la démocratie ...
Que signifie ce revirement ?
Même la violence,
on la classe désormais en deux catégories en fonction
de la démocratie, une violence dirigée contre la
démocratie et une autre destinée à la protéger.
On
se demande pourtant à quel point cette dernière
est légitime. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne
ont déclenché la guerre contre l'Iraq sous prétexte
d'éliminer les armes de destruction massive. Mais
ils ont déclaré officiellement la fin de cette guerre
sans avoir trouvé ces armes. Peut-on dire dans ce
cas que la décision de la guerre a été prise dans
un contexte démocratique ? On se demandera
aussi si ceux qui n'appliquent pas les règles de
la démocratie sont en mesure de donner aux autres
des leçons de démocratie. |
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La démocratie et la paix
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Dans
son discours, le président Bush a défendu l'idée
que c'est par la démocratie que l'on parviendra
à mettre fin au terrorisme. D'après lui, la démocratie
prépare la voie à la paix et oblige les parties
antagonistes à adopter une attitude qui condamne
le terrorisme. Or, nous estimons que la cause de
la violence est avant tout l'occupation.
Cette
semaine, l'administrateur civil de l'Iraq, l'Américain
Paul Bremer, a été convoqué à Washington où il a
rencontré le secrétaire d'Etat, Colin Powell, le
secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, la conseillère
pour la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, et
autres proches collaborateurs de Bush pour étudier
la situation détériorée en Iraq. Durant ces rencontres,
ils ont discuté des possibilités d'accélérer le
processus de remise du pouvoir aux Iraqiens. Cela
implique la restructuration du régime de transition
installé le lendemain de la guerre (et qui ouvrira
la voie au choix du président) en dépassant les
traditions et les pratiques démocratiques qui garantiraient
l'achèvement du processus d'une manière correcte.
Ce qui devrait conduire à davantage de confusion
et non pas à une solution de la crise.
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Un détour |
D'après
le journal Philadelphia Inquirer, la
CIA a élaboré un rapport secret selon lequel
le nombre des Iraqiens qui pensaient que la coalition
dirigée par les Etats-Unis pourrait être vaincue
était en augmentation. Cette constatation encouragerait
les Iraqiens à soutenir la résistance armée contre
l'occupation. Toujours d'après le journal, le rapport
donnait une image sombre de la situation politique
et sécuritaire en Iraq et mettait en garde contre
les menaces que pourraient affronter les efforts
de reconstruction déployés par les Etats-Unis. Selon
le journal, Paul Bremer aurait confirmé tout ce
qu'a rapporté la CIA. D'après lui, la politique
américaine en Iraq se trouvait à un tournant. Ceci
au moment où l'Administration Bush, tout en accélérant
le processus de transfert du pouvoir aux Iraqiens,
entend intensifier la guerre contre les rebelles
armés iraqiens et arabes qui s'opposent à la présence
américaine.
Peut-on
vraiment intensifier la guerre et en même temps
œuvrer à renforcer la démocratie ?
Le
Philadelphia Inquirer a indiqué qu'un
bon nombre de décideurs américains ont exprimé leur
mécontentement quant à l'optimisme erroné que des
faucons comme Dick Cheney, le vice-président, Donald
Rumsfeld et son adjoint Paul Wolfowitz, tentent
de transmettre au président Bush en ce qui concerne
la situation en Iraq.
Le
rapport de la CIA critique en outre le Conseil
de gouvernement provisoire en Iraq qui compte 25
membres, pour la plupart d'anciens opposants en
exil, qui ne jouissent que de peu de popularité
auprès des Iraqiens. Selon le même rapport, ce conseil
n'a pas réussi à convaincre l'homme de la rue iraqien
que l'occupation américaine « provisoire »
aboutirait à un Iraq uni et souverain. Le rapport
fait également état de conflits internes à caractère
personnel entre certains membres du Conseil de gouvernement.
Le
rapport a également mis en garde contre le fait
que la majorité chiite en Iraq pourrait se joindre
à la minorité sunnite dans la lutte contre l'occupation.
La CIA pense aussi qu'il est impossible de
fermer totalement les frontières avec la Syrie,
la Turquie, la Jordanie, l'Arabie saoudite et le
Koweït, pour empêcher l'infiltration d'extrémistes
qui viennent combattre les Américains. A cet égard,
les entretiens de Bremer à Washington ont porté
sur le renforcement des effectifs des forces de
sécurité iraqiennes et de la nouvelle armée iraqienne
pour les faire passer de 118 000 à 220 000
hommes.
La
montée remarquable de la résistance armée les jours
qui ont précédé la convocation de Paul Bremer à
Washington prouve que le cours des événements va
à l'encontre de la démocratie et invite à davantage
de violence. C'est que démocratie et occupation
sont deux notions opposées et toute tentative visant
à les concilier sera vouée à l'échec. Ceci s'applique
à la question iraqienne aussi bien qu'à la question
palestinienne. |
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Le
prix de la complaisance |
| Par
Salama A. Salama
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| La
mort de 17 soldats des forces italiennes en Iraq
représente une perte énorme et un choc inoubliable
pour le peuple italien qui, dès le début, s'est
opposé à la guerre américaine contre l'Iraq. Les
rues de Rome et des villes italiennes ont été témoins
de larges manifestations pour exprimer leur refus
du recours à la force militaire sans résolution
de l'Onu pour résoudre un problème qui aurait pu
être diplomatiquement réglé.
Mais
le premier ministre italien, Berlusconi, a pris
le parti des Américains sous prétexte de la nécessité
de rejoindre les Etats-Unis dans leur guerre contre
le terrorisme. Il a adopté avec l'Espagne et certains
autres pays européens, une position contraire à
celle de l'Europe. Et ce après que Bush lui ait
adressé une invitation dans son ranch à Texas. Ensuite,
après l'arrêt des opérations militaires en Iraq,
l'Italie, l'Espagne et la Pologne se sont hâtées
de répondre aux demandes de Bush concernant l'envoi
de forces pour contribuer à la reconstruction de
l'Iraq. L'Italie a envoyé près de 3 000 soldats
auxquels on a attribué la tâche de contrôler la
région de Nassiriya, où a eu lieu l'attaque faisant
des dizaines de morts et de blessés parmi les soldats
italiens. Tel fut le prix de la complaisance italienne
vis-à-vis des Etats-Unis. Les partis d'opposition
italiens réclament désormais le retour des soldats
de leur pays.
Sans
nul doute, le rôle que jouent l'Italie, l'Espagne
et certains autres pays européens en Iraq est secondaire.
Un rôle qui vise, d'une part, à renforcer la politique
américaine et d'autre part, à obtenir une part du
gâteau de la reconstruction du pays. Or, ce type
de rôle porte généralement préjudice à celui qui
le joue.
Alors
que l'Administration américaine avait besoin d'un
conseil sincère à même de lui éviter le piège de
la guerre iraqienne, le gouvernement italien a choisi
de suivre à l'aveuglette les plans américains qui
ont complètement bouleversé la donne au Proche-Orient.
La
politique de Berlusconi au Proche-Orient est marquée,
à l'image de sa politique en Iraq, par de mauvais
calculs. L'Italie essaie aujourd'hui, en sa qualité
de président en exercice de l'Union Européenne (UE),
de faire revenir l'Europe sur sa condamnation du
mur de sécurité que construit Israël en Cisjordanie,
ou du moins d'alléger le langage de cette condamnation.
Plus encore, l'Italie a cherché à se dérober des
résultats du sondage européen selon lequel Israël
constitue le principal obstacle à la paix au Proche-Orient.
Sans oublier que l'UE a refusé, à cause de l'Italie,
d'entreprendre les moindres mesures punitives à
l'égard d'Israël pour son refus d'appliquer la Feuille
de route.
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