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Arabie
saoudite . Un
nouvel attentat s'est produit samedi dans un quartier
résidentiel de Riyad. Très vite attribué à Al-Qaëda,
ce nouvel attentat devrait inciter le royaume
à accentuer sa lutte contre le terrorisme aux
côtés des Etats-Unis. |
| Riyad
touché au cœur |
L'Arabie
saoudite a été frappée samedi par un nouvel attentat
à la voiture piégée, attribué à Al-Qaëda,
qui a fait au moins 17 morts, dont cinq enfants,
et 122 blessés dans une résidence de la banlieue
ouest de la capitale, Riyad. Ce bilan est encore
provisoire. « Les recherches continuent,
de même que l'enquête », a indiqué le
ministère de l'Intérieur,
le prince Nayef bin Abdel-Aziz. Il a indiqué que
les autorités saoudiennes se sont engagées à intensifier
leur traque contre les islamistes radicaux, qualifiés
de « diables ». « Nous
finirons par trouver les responsables. Nous les
attraperons, quel que soit le temps que cela prendra »,
a promis le ministre en inspectant la résidence
Al-Mouhaya, dévastée par l'attentat à la voiture
piégée. « Ce sont des assassins et des
saboteurs, et notre religion musulmane n'a rien
à voir avec leurs actes criminels »,
a déclaré de son côté lundi le ministre saoudien
de l'Information, Fouad Al-Farsi. La presse a
abondé lundi dans le même sens. Les auteurs de
l'attentat de samedi « ont dévié des principes
de l'islam (...) mais aussi des principes
humanitaires, en s'attaquant à des personnes désarmées,
dont des femmes et des enfants », écrit
le quotidien Al-Jazira. |
| Accusées
de laxisme, les autorités du royaume se sont jointes
à la guerre contre le terrorisme, lancée par l'administration
du président George W. Bush, avant d'intensifier
leur traque contre les radicaux suspects après
l'attentat du 12 mai à Riyad (35 tués). Depuis,
cette traque s'est soldée par l'arrestation, selon
l'Arabie saoudite, de quelque 600 suspects.
L'attentat,
qui a suscité une vague de réprobation internationale,
a visé un ensemble résidentiel habité principalement
par des expatriés arabes, mais aussi par des Saoudiens
et des Occidentaux. La Maison Blanche a indiqué
dimanche que le président américain George W.
Bush avait assuré le prince héritier saoudien
Abdallah bin Abdel-Aziz que les Etats-Unis étaient
aux côtés de l'Arabie saoudite dans la guerre
contre le terrorisme. D'ailleurs, le prince Abdallah
a rencontré le secrétaire d'Etat adjoint américain,
Richard Armitage, en tournée au Moyen-Orient,
arrivé à Riyad dimanche en provenance d'Iraq.
L'attentat a été perpétré le jour même où les
Etats-Unis avaient fermé leur ambassade et leurs
consulats en Arabie, avertis de menaces imminentes
d'attentats dans ce pays. Aussitôt après l'attentat,
le Département d'Etat américain a ordonné à son
personnel diplomatique en poste en Arabie ainsi
qu'à leurs familles de rester chez eux et de ne
pas quitter le quartier diplomatique. « En
raison de l'attentat contre un complexe résidentiel
de Riyad, l'ambassade est en train de prévenir
la communauté américaine qu'elle reste fermée
au public », a-t-il précisé.
Cet
attentat de Riyad place à nouveau l'Arabie saoudite,
un allié sous haute surveillance à Washington,
au centre des inquiétudes américaines en matière
de terrorisme. Cette attaque, attribuée très rapidement
à Al-Qaëda, survient alors que les Etats-Unis
se félicitent d'avoir renforcé leur coopération
antiterroriste avec le royaume depuis les attentats
du 11 septembre 2001. Washington reste toutefois
toujours soupçonneux vis-à-vis de ce pays, et
demeure préoccupé par sa possible déstabilisation.
Un
membre de la commission du renseignement du Sénat
a indiqué dimanche que son instance avait été
informée récemment qu'un tel attentat pourrait
être imminent. « Nous avons eu un briefing
pour nous prévenir, il y a une semaine environ,
que l'Arabie saoudite pourrait bien être la cible
d'un attentat. Et c'est ce qui est arrivé »,
a déclaré le sénateur républicain Pat Roberts.
Il a souligné que la coopération antiterroriste
avec Riyad était « bien meilleure »
depuis de précédents attentats, le 12 mai, dans
la capitale saoudienne. Il a aussi estimé que
ces actions visaient à affaiblir la famille régnante.
« Cela montre que la famille Saoud est
elle aussi visée par le terrorisme »,
a-t-il relevé. |
Le spectre d'Al-Qaëda resurgit
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Washington
avait envoyé avant même cet événement des signaux
d'alarme, en annonçant notamment à l'avance la
fermeture de son ambassade à Riyad samedi, en
affirmant que des menaces d'attentats étaient
passées de la phase de conception à celle de l'exécution.
L'évolution de l'Arabie saoudite est suivie avec
une attention toute particulière à Washington
depuis les attentats du 11 septembre 2001, dont
15 des 19 auteurs étaient d'origine saoudienne.
Le
commanditaire présumé de ces attentats, le chef
du réseau Al-Qaëda, Ossama bin Laden, est
lui-même d'origine saoudienne, même s'il a été
déchu de sa nationalité. Une partie de la classe
politique et des médias américains n'a depuis
cessé de stigmatiser l'attitude jugée ambiguë
du royaume, accusé d'être à la fois proche allié
des Etats-Unis et une source de soutiens importants
pour les mouvements fondamentalistes islamistes.
L'Administration américaine s'est toutefois efforcée
de maintenir une ligne plus équilibrée vis-à-vis
de cet allié, premier exportateur mondial de pétrole
et partenaire crucial dans des dossiers comme
l'Iraq ou le conflit israélo-palestinien.
Tout
en estimant que le royaume pouvait en faire plus
pour traquer les extrémistes et assécher leurs
réseaux de financement, les responsables américains
ont donné les signes de satisfaction devant le
renforcement de la coopération antiterroriste
avec Riyad.
Le
risque de nouveaux attentats d'Al-Qaëda
persiste, selon Washington qui multiplie les alertes,
y compris une menace qui viserait à prendre le
contrôle d'avions cargo pour viser des sites sensibles
aux Etats-Unis, ou même en Arabie saoudite.
Un
responsable saoudien, dont le pays est sur le
qui-vive depuis le triple attentat qui a fait
35 tués le 12 mai dans trois complexes résidentiels
pour étrangers à Riyad, a attribué l'attentat
au réseau terroriste Al-Qaëda d'Ossama
bin Laden. « La technique d'exécution
de l'attentat est similaire à celle des explosions
du 12 mai à Riyad, ce qui confirme que les auteurs
du (nouvel) attentat appartiennent au mouvement
Al-Qaëda, traqués par les autorités saoudiennes »,
a déclaré le responsable sous couvert d'anonymat. |
Maha
Salem |
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Riyad
« agira d'une main de fer» contre les terroristes |
| Le
roi Fahd d'Arabie saoudite a promis mardi une
« riposte ferme » contre les
terroristes, après l'attentat suicide de la nuit
de samedi à dimanche qui a fait au moins 17 morts
dans la banlieue de Riyad et a été attribué au
réseau terroriste d’Al-Qaëda.
Le
souverain saoudien qui présidait le Conseil des
ministres hebdomadaire a promis que son pays « frapperait
durement les criminels qui ont commis ce genre
d'action et ceux qui l'ont commanditée ».
« La riposte sera ferme », a
dit le roi ajoutant que le royaume « agira
d'une main de fer contre tous ceux qui portent
atteinte à la sécurité du pays, de ses citoyens
et de tous ceux qui y résident ».
Le
roi, dont les propos ont été rapportés par le
ministre de l'Information, Fouad bin Abdelsalam
Al-Farissi, a d'autre part exprimé ses condoléances
aux familles des victimes, déplorant qu'un « groupe
de terroristes criminels ait commis son acte durant
le mois de Ramadan, le mois de piété et de pardon ».
L'attentat
qui a fait 17 morts et plus de 100 blessés a été
attribué par les autorités au réseau terroriste
d’Al-Qaëda.
L'Arabie
saoudite, qui abrite les deux premières villes
saintes de l'islam (La Mecque et Médine), s'est
retrouvée en première ligne dans la lutte antiterroriste
après les attentats du 11 septembre, dont 15 des
19 auteurs étaient saoudiens. Accusées de laxisme,
les autorités du Royaume se sont jointes à la
guerre contre le terrorisme lancée par le gouvernement
du président américain George W. Bush, avant d'intensifier
leur traque contre les radicaux suspects après
le triple attentat suicide qui avait fait 35 morts
le 12 mai à Riyad.
D'après
le quotidien arabe Al-Hayat, les forces
de sécurité saoudiennes ont arrêté plusieurs personnes
soupçonnées d'implication dans l'attentat. « Plusieurs
suspects ont été arrêtés au cours des deux derniers
jours pour implication dans l'attentat contre
le complexe résidentiel d'Al-Mouhaya »,
indique le journal. « Les autorités de
sécurité seraient en possession d'importantes
informations
sur la base desquelles elles recherchent des suspects »,
a ajouté Al-Hayat, sans citer de source.
Aucune indication n'a été fournie sur le nombre
des personnes arrêtées, ni sur les suspects recherchés
dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre
le complexe résidentiel Al-Mouhaya, attribué par
des responsables saoudien et américain au réseau
terroriste d’Al-Qaëda.
Au
Moyen-Orient, l'attentat a vivement été dénoncé
par la Ligue arabe, l'Egypte, le Liban, la Syrie,
le Maroc, l'Iran et par le Conseil de Coopération
du Golfe (CCG), regroupant l'Arabie saoudite,
le Koweït, les Emirats arabes unis, le Qatar,
Oman et Bahreïn. Le président Hosni Moubarak a
dit, dans un message de condoléances adressé au
prince héritier Abdallah bin Abdel-Aziz, « condamner
avec force cet acte terroriste de trahison »
et l'a assuré du « soutien »
de son pays face à « cet acte criminel ».
Le
président de l'Autorité palestinienne, Yasser
Arafat, a écrit au roi Fahd d'Arabie saoudite
et à son prince héritier Abdallah bin Abdel-Aziz
pour « condamner vivement » l'attentat
perpétré à Riyad. De son côté, le Conseil de gouvernement
transitoire iraqien a appelé la communauté internationale
à une coopération étroite pour lutter contre le
terrorisme. Car le terrorisme « nous vise
tous, et nécessite une étroite coopération à tous
les niveaux pour y faire face », souligne
le Conseil de gouvernement transitoire.
Le
secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, s'est
déclaré « horrifié » par l'attaque
de Riyad et l'a condamnée « de la manière
la plus ferme ». En Europe, la France,
la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la présidence
italienne de l'Union européenne et la Russie ont
condamné l'attentat. La Belgique a exprimé son
« horreur et sa consternation »
après cet « acte lâche et impardonnable ».
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