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Hebdo : Quel sera le programme de la visite du premier
ministre, Atef Ebeid, en Roumanie prévue pour le mois de décembre ?
Marcel
Dinu : Atef Ebeid répond à l'invitation du premier ministre
roumain qu'il a reçu en 2001 au Caire. Il va rencontrer le
président Iliescu et discutera avec le premier ministre, il
sera reçu au Parlement et il s'entretiendra avec les plus
grandes personnalités. Il s'adressera aux hommes d'affaires
roumains et égyptiens parce que la visite aura une dimension
économique très importante. Nous proposerons aux deux premiers
ministres de signer un document qui devrait commencer un nouvel
aspect de la coopération économique et technique entre la
Roumanie et l'Egypte. Il s'agit d'un mémorandum qui va créer
une base nécessaire pour notre coopération dans le cadre des
programmes de projets concrets. Ce sera un document très spécifique.
— Comment
évaluez-vous les relations bilatérales entre l'Egypte et la
Roumanie ?
— Il
y a eu une intensité du dialogue politique au plus haut niveau
l'année passée au mois d'octobre. Nous avons eu la visite
du président Iliescu sur invitation du président Moubarak,
et cette année, en décembre, on aura la visite du premier
ministre Atef Ebeid. Le dialogue est une continuation de ce
que nous avons commencé il y a très longtemps. Je peux rappeler
ici que la Roumanie et l'Egypte ont établi des relations diplomatiques
dès 1906 malgré l'opposition de la Sublime Porte, on a su
dépasser les difficultés à l'époque et nous préparons d'une
certaine manière le centenaire de ces relations d'ici deux
ans. On
bénéficie donc d'un climat politique tout à fait remarquable.
Il y a une estime réciproque à tous les niveaux qui joue un
rôle très important vis-à-vis du climat politique.
De même, le président
Iliescu s'est rendu en Egypte en octobre 2002 dans le cadre
d'une visite officielle, il a participé également à l'inauguration
officielle de la Bibliothèque d'Alexandrie. Il a eu un excellent
dialogue politique avec le président Moubarak. Les points
de vue entre le deux chefs d'Etat étaient proches, il y a
eu un échange de vues concernant les problèmes régionaux qui
sont assez compliqués. Cet échange a été très positif. La
visite a renforcé les relations économiques. Le président
Iliescu était accompagné à l'époque par un important groupe
d'hommes d'affaires roumains qui ont eu des pourparlers avec
leurs homologues à cette occasion. A la tête des entretiens
économiques, on a discuté de la coopération dans le domaine
de l'industrie du pétrole et du gaz, c'est un domaine prometteur.
Ce sera un des sujets les plus importants qui seront abordés
pendant la visite d'Atef Ebeid en Roumanie au début de décembre.
Cette visite a été ajournée de six semaines parce que le premier
ministre égyptien a dû partir en Malaisie pour la conférence
de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI).
Pour
nous, l'Egypte reste le partenaire le plus important du point
de vue économique et commercial parmi les pays arabes et africains.
Nous avons des échanges commerciaux à hauteur de 160 millions
de dollars par an. La balance commerciale est aujourd'hui
en faveur de la Roumanie, alors que dans les années 1990,
elle était en faveur de l'Egypte. Les
deux pays passent par une période assez difficile due à la
transition et à la réforme qui nous oblige à faire preuve
d'imagination pour augmenter et raffermir les relations économiques
parce que si l'on s'attache uniquement au domaine des échanges
commerciaux classiques, on est plafonné d'une certaine manière.
Nous sommes maintenant
en train de développer nos relations économiques et commerciales
sur la base de la production en commun ici en Egypte et en
Roumanie. Je cite la production en commun des tracteurs, des
chemins de fer, des pompes et d'autres équipements ici en
Egypte. Nous avons un projet très intéressant dans le domaine
de l'industrie pharmaceutique en Roumanie. Donc, je crois
que la coproduction de produits industriels pourra être une
voie capable d'augmenter nos échanges commerciaux. Nos relations
sont assez traditionnelles, mais 80 % des importations
égyptiennes de bois proviennent de la Roumanie.
— Selon
vous, quelles seront les conséquences de la présence américaine
en Iraq ?
— Nous
avons eu jusqu'à la première guerre du Golfe d'importants
liens avec l'Iraq. Cette guerre a créé un gros problème de
dettes iraqiennes vis-à-vis de la Roumanie. La
question la plus importante maintenant est de rendre la stabilité
à l'Iraq et permettre la démocratisation du pays de telle
manière que dans un court délai, les Iraqiens puissent retrouver
leur souveraineté. C'est
dans ce sens que nous étions présents à la conférence des
donateurs de Madrid. Nous sommes présents également avec les
unités militaires. Nous voulons voir un Iraq uni, souverain,
bénéficiant de son intégrité territoriale et respecté.
— Quelle
est la position de votre pays vis-à-vis de la situation dans
les territoires occupés ?
— Nous
sommes contre la violence. Le seul moyen de résoudre ce problème
qui dure depuis longtemps, ce sont les négociations. La Feuille
de route nous a donné un espoir qui malheureusement jusqu'à
présent n'a pas produit les résultats attendus. La formation
d'un nouveau gouvernement palestinien me donne quelque espoir,
avec les déclarations des deux côtés quant à leur disponibilité
pour reprendre le dialogue direct et l'influence des pays
qui peuvent intervenir dans la promotion de pourparlers directs.
Et l'Egypte a joué un rôle remarquable pour favoriser ce processus.
On pourra peut-être au moins réduire les violences et reprendre
les négociations. |