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Parlement . Abdel-Aziz Moustapha, chef de la commission de la main-d'œuvre, (PND) et Khaled Mohieddine, chef du parti du Rassemblement (gauche), s'expriment sur leurs attentes concernant la nouvelle session parlementaire ainsi que sur la question de la démocratie.
« Le PND est le parti
le plus fort 
»

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont vos prévisions pour la nouvelle session parlementaire ?

Abdel-Aziz Moustapha : A mon avis, cette session sera surchargée au niveau de la législation comme au niveau du contrôle du gouvernement. Les lois qui y seront discutées sont nombreuses et concernent des questions économiques importantes comme la concurrence, l'interdiction du monopole et l'investissement, etc. De même, nous discuterons sûrement la question de la hausse des prix.

— La question de la démocratie figure parmi les sujets les plus abordés dernièrement. Croyez-vous qu'elle occupera une place importante dans les discussions parlementaires ?

— Ce sujet sera suffisamment débattu au cours du dialogue national qui regroupera tous les partis et les courants politiques. Le fait que ce dialogue se termine par l'élaboration d'un code de déontologie est une grande victoire pour la démocratie. L'existence même du Parlement est une preuve que la démocratie règne en Egypte.

— Mais la majorité des députés du Parlement sont des membres du parti au pouvoir, ce qui fait que toutes les lois proposées par le gouvernement sont systématiquement approuvées même si l'opposition a un autre avis …

— Le fait que la plupart des députés soient du PND est le résultat d'élections libres qui ont eu lieu sous un contrôle judiciaire strict. Le PND est le parti le plus fort et c'est tout à fait normal donc qu'il remporte le plus de sièges au sein du Parlement. Cette situation reflète donc le choix du peuple. N'est-ce pas cela la démocratie ? Quant à l'opposition, elle s'exprime librement au sein du Parlement. Les députés de tous les partis de l'opposition, quelle que soit l'importance du parti, prennent la parole. Tous les députés sont traités de la même façon sans aucune distinction.

— La déclaration du ministre de l'Information selon laquelle le PND a un million de membres a suscité un grand débat parmi l'opposition qui a estimé que ce chiffre est trop élevé. Quel est votre commentaire ?

— Les résultats des élections ont prouvé que le PND est le parti qui a le plus de popularité et par la suite le plus de sièges. Ceci renforce donc la déclaration du secrétaire général du parti, Safouat Al-Chérif. Puisque ses propos sont fondés, il n'y a pas de raison d'être sceptique quant à cette déclaration.

— Estimez-vous donc que l'Egypte est un pays démocratique ?

— Bien sûr. Et il ne s'agit pas là d'un avis personnel. Tout le monde affirme que nous avons fait de grands pas sur la voie de la démocratie. Le dialogue national qui regroupera tous les partis et les courants politiques est une preuve non négligeable du respect de la démocratie en Egypte. A mon avis, la démocratie, c'est arriver à trouver des solutions communes pour les grandes questions qui ont une influence directe sur le peuple comme le développement, la citoyenneté, etc. Bien sûr, il y a des questions qui peuvent nous diviser, il faut donc nous mettre d'accord sur les grandes lignes.

— Mais qu'est-ce qui manque la vie démocratique en Egypte ?

— Il nous manque de pratiquer la véritable démocratie, c'est-à-dire que la presse et les partis de l'opposition ne doivent pas déformer la réalité.

Propos recueillis par
Yolande Youssef

« Nous sommes une démocratie de façade »

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont vos prévisions pour la nouvelle session parlementaire ?

Khaled Mohieddine : La session sera chaude. Le gouvernement a apparemment préparé un nombre énorme de lois qui devront être examinées ainsi que la déclaration du gouvernement. De même, la question des députés qui n'ont pas accompli leur service militaire et qui doivent quitter le Parlement va probablement faire beaucoup de bruits.

— La question de la démocratie figure parmi les sujets les plus abordés dernièrement. Croyez-vous qu'elle occupera une place importante dans les discussions parlementaires ?

— Bien sûr. La question démocratique est très liée aux lois qui doivent être modifiées pour instaurer la démocratie.

— Estimez-vous que l'opposition, avec sa représentation très faible au sein du Parlement, est capable de réviser toutes les lois qui entravent la démocratie ?

— Du point de vue de la forme, les députés de l'opposition participent aux discussions. Mais dans les faits, le gouvernement fait passer toutes les lois qu'il désire à travers les députés du PND qui représentent la grande majorité. C'est pour cette raison que nous avons accueilli favorablement l'idée du dialogue national. Ce dialogue nous permettra au moins de discuter avec le gouvernement les projets de lois avant leur présentation au Parlement.

— Vous êtes donc optimiste quant aux résultats du dialogue national ?

— L'idée d'entamer un tel dialogue est prometteuse. D'autant plus que les sujets proposés pour la discussion n'ont jamais été abordés comme la loi sur l'exercice des droits civiques, celle portant sur l'Assemblée du peuple, celle sur les élections, etc. A mon avis, si nous arrivons à trouver un terrain commun pour ce qui concerne la moitié de ces sujets, ce serait faire un premier pas positif. Ce qui est aussi très bien dans ce dialogue, c'est que toutes les discussions seront faites ouvertement devant l'opinion publique.

 La déclaration du ministre de l'Information selon laquelle le PND a un million de membres a suscité un grand débat parmi l'opposition qui a estimé que ce chiffre est trop élevé. Etes-vous du même avis ?

 Il est très difficile de croire que le PND regroupe tous ces membres. Même si c'est un parti qui a une structure gouvernementale, ce qui pousse beaucoup de gens à y adhérer.

— Estimez-vous que l'Egypte est un pays démocratique ?

— Oui, au niveau de la forme nous sommes une démocratie. Mais au niveau du fond, non. En Egypte, la forme est très importante, ce qui est bien d'ailleurs. Et c'est pour respecter la forme que nous suivons le système du pluripartisme, nous avons un Parlement, etc. De même, l'Egypte a une longue histoire dans le domaine de la lutte démocratique puisqu'elle est un des premiers pays de la région à avoir un Parlement. Toutefois, jusqu'à maintenant, nous n'arrivons pas à respecter l'autre. Le problème est que tout s'est arrêté au stade de la forme. La situation de la démocratie chez nous ressemble beaucoup à celle de la recherche scientifique. Nous savons que c'est une chose importante, c'est pourquoi nous avons mis la structure extérieure et tout fait sur le plan de la forme, mais cela ne s'est pas traduit concrètement sur la société.

Propos recueillis par
Y. Y.

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