| Al-Ahram
Hebdo : Quelles sont vos prévisions pour
la nouvelle session parlementaire ?
Khaled
Mohieddine : La session sera chaude. Le gouvernement
a apparemment préparé un nombre énorme de lois
qui devront être examinées ainsi que la déclaration
du gouvernement. De même, la question des députés
qui n'ont pas accompli leur service militaire
et qui doivent quitter le Parlement va probablement
faire beaucoup de bruits.
— La
question de la démocratie figure parmi les sujets
les plus abordés dernièrement. Croyez-vous qu'elle
occupera une place importante dans les discussions
parlementaires ?
— Bien
sûr. La question démocratique est très liée aux
lois qui doivent être modifiées pour instaurer
la démocratie.
— Estimez-vous
que l'opposition, avec sa représentation très
faible au sein du Parlement, est capable de réviser
toutes les lois qui entravent la démocratie ?
— Du
point de vue de la forme, les députés de l'opposition
participent aux discussions. Mais dans les faits,
le gouvernement fait passer toutes les lois qu'il
désire à travers les députés du PND qui représentent
la grande majorité. C'est pour cette raison que
nous avons accueilli favorablement l'idée du dialogue
national. Ce dialogue nous permettra au moins
de discuter avec le gouvernement les projets de
lois avant leur présentation au Parlement.
— Vous
êtes donc optimiste quant aux résultats du dialogue
national ?
— L'idée
d'entamer un tel dialogue est prometteuse. D'autant
plus que les sujets proposés pour la discussion
n'ont jamais été abordés comme la loi sur l'exercice
des droits civiques, celle portant sur l'Assemblée
du peuple, celle sur les élections, etc. A mon
avis, si nous arrivons à trouver un terrain commun
pour ce qui concerne la moitié de ces sujets,
ce serait faire un premier pas positif. Ce qui
est aussi très bien dans ce dialogue, c'est que
toutes les discussions seront faites ouvertement
devant l'opinion publique.
— La
déclaration du ministre de l'Information selon
laquelle le PND a un million de membres a suscité
un grand débat parmi l'opposition qui a estimé
que ce chiffre est trop élevé. Etes-vous du même
avis ?
— Il
est très difficile de croire que le PND regroupe
tous ces membres. Même si c'est un parti qui a
une structure gouvernementale, ce qui pousse beaucoup
de gens à y adhérer.
— Estimez-vous
que l'Egypte est un pays démocratique ?
— Oui,
au niveau de la forme nous sommes une démocratie.
Mais au niveau du fond, non. En Egypte, la forme
est très importante, ce qui est bien d'ailleurs.
Et c'est pour respecter la forme que nous suivons
le système du pluripartisme, nous avons un Parlement,
etc. De même, l'Egypte a une longue histoire dans
le domaine de la lutte démocratique puisqu'elle
est un des premiers pays de la région à avoir
un Parlement. Toutefois, jusqu'à maintenant, nous
n'arrivons pas à respecter l'autre. Le problème
est que tout s'est arrêté au stade de la forme.
La situation de la démocratie chez nous ressemble
beaucoup à celle de la recherche scientifique.
Nous savons que c'est une chose importante, c'est
pourquoi nous avons mis la structure extérieure
et tout fait sur le plan de la forme, mais cela
ne s'est pas traduit concrètement sur la société. |