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La droite israélienne chancelle
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie Huit ans se sont écoulés depuis l'assassinat de l'ex-premier ministre israélien Yitzhaq Rabin. La commémoration de l'homme qui a payé de sa vie le prix de son courage intervient dans une ambiance critique. Le pouvoir en Israël est dominé par la droite extrémiste, sous la houlette d'un criminel de guerre réputé. La gauche israélienne est en mauvaise posture et les partisans de la paix dans une paralysie quasi totale. En dehors de l'entente avec l'élite de la droite dans l'Administration américaine, l'Etat hébreu marque une régression notable dans ses relations extérieures, y compris avec l'Europe.

C'est ainsi que l'initiative de Genève vient remuer les eaux stagnantes de la société israélienne et mettre en alerte tous les partis politiques. La droite israélienne y voit un démenti pratique de tout ce qu'elle s'applique à propager sur l'absence d'un partenaire palestinien de paix. Le Parti travailliste, sous la direction de Shimon Pérès, y voit une menace quant à son rôle et sa position. Le Parti s'était transformé depuis l'assassinat de Rabin en partenaire dévoué au service de la Droite extrémiste. Les dirigeants du parti, avec en tête Pérès, se sont retournés contre les principes du parti et les idées de Rabin. L'initiative de Genève a dévoilé les véritables positions et mis en lumière les manœuvres et les pressions que les divers partis exercent sur l'opinion israélienne en faveur de la droite.

Ainsi, huit ans après l'assassinat de Rabin, le parti n'a pas trouvé son homme, celui qui aura la capacité d'agir en homme d'Etat. Tous ceux qui lui ont succédé se sont transformés en cœur au service de la droite extrémiste.

Tourner le dos aux idées de Rabin a conduit à la désintégration des principes de la gauche en général et des rangs du Parti travailliste en particulier. A mon avis, l'initiative de Genève représente une bouée de sauvetage pour remédier à la chute manifeste de la popularité des partis de gauche, et notamment le Parti travailliste. Cette initiative ouvre à l'opinion israélienne de nouveaux horizons indiquant la possibilité d'une solution et d'un règlement politique avec les Palestiniens. D'où l'importance capitale dont elle jouit dans l'opinion israélienne. Les partisans de la gauche et des mouvements de paix ont entrepris d'organiser à cette fin une grande manifestation de plusieurs milliers de manifestants devant la maison de Sharon.

L'initiative a mis en mouvement les eaux stagnantes de la gauche. Le camp de la paix en Israël a commencé à se mouvoir à la découverte des dangers liés aux politiques d'Ariel Sharon.

Les indices affirment que le camp de la paix a profité des erreurs de la droite, de ses politiques désastreuses sans décider pour autant de sa voie propre. Un long effort reste à faire pour revenir aux positions d'avant l'assassinat de Rabin. Il est nécessaire que le camp de la paix trouve des facteurs d'appui.

Par ailleurs, le chemin de la gauche n'est pas encore explicitement déterminé. La gauche a besoin d'une nouvelle direction politique. Une direction capable de profiter des transformations, de convaincre l'opinion de la nécessité et la possibilité de parvenir à la paix avec les Palestiniens. Il doit être clair enfin que la droite est encore forte et consistante, qu'elle bénéficie encore de l'approbation de la majorité de l'opinion israélienne. C'est la partie qui bénéficie de la force du pouvoir, de la capacité de mobilisation, voire de recrutement des troupes disposées à commettre les pires crimes pour sauver l'Etat sioniste du désastre de la paix !

 

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