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ans se sont écoulés depuis l'assassinat de l'ex-premier ministre
israélien Yitzhaq Rabin. La commémoration de l'homme qui a
payé de sa vie le prix de son courage intervient dans une
ambiance critique. Le pouvoir en Israël est dominé par la
droite extrémiste, sous la houlette d'un criminel de guerre
réputé. La gauche israélienne est en mauvaise posture et les
partisans de la paix dans une paralysie quasi totale. En dehors
de l'entente avec l'élite de la droite dans l'Administration
américaine, l'Etat hébreu marque une régression notable dans
ses relations extérieures, y compris avec l'Europe.
C'est
ainsi que l'initiative de Genève vient remuer les eaux stagnantes
de la société israélienne et mettre en alerte tous les partis
politiques. La droite israélienne y voit un démenti pratique
de tout ce qu'elle s'applique à propager sur l'absence d'un
partenaire palestinien de paix. Le Parti travailliste, sous
la direction de Shimon Pérès, y voit une menace quant à son
rôle et sa position. Le Parti s'était transformé depuis l'assassinat
de Rabin en partenaire dévoué au service de la Droite extrémiste.
Les dirigeants du parti, avec en tête Pérès, se sont retournés
contre les principes du parti et les idées de Rabin. L'initiative
de Genève a dévoilé les véritables positions et mis en lumière
les manœuvres et les pressions que les divers partis exercent
sur l'opinion israélienne en faveur de la droite.
Ainsi,
huit ans après l'assassinat de Rabin, le parti n'a pas trouvé
son homme, celui qui aura la capacité d'agir en homme d'Etat.
Tous ceux qui lui ont succédé se sont transformés en cœur
au service de la droite extrémiste.
Tourner
le dos aux idées de Rabin a conduit à la désintégration des
principes de la gauche en général et des rangs du Parti travailliste
en particulier. A mon avis, l'initiative de Genève représente
une bouée de sauvetage pour remédier à la chute manifeste
de la popularité des partis de gauche, et notamment le Parti
travailliste. Cette initiative ouvre à l'opinion israélienne
de nouveaux horizons indiquant la possibilité d'une solution
et d'un règlement politique avec les Palestiniens. D'où l'importance
capitale dont elle jouit dans l'opinion israélienne. Les partisans
de la gauche et des mouvements de paix ont entrepris d'organiser
à cette fin une grande manifestation de plusieurs milliers
de manifestants devant la maison de Sharon.
L'initiative
a mis en mouvement les eaux stagnantes de la gauche. Le camp
de la paix en Israël a commencé à se mouvoir à la découverte
des dangers liés aux politiques d'Ariel Sharon.
Les
indices affirment que le camp de la paix a profité des erreurs
de la droite, de ses politiques désastreuses sans décider
pour autant de sa voie propre. Un long effort reste à faire
pour revenir aux positions d'avant l'assassinat de Rabin.
Il est nécessaire que le camp de la paix trouve des facteurs
d'appui.
Par
ailleurs, le chemin de la gauche n'est pas encore explicitement
déterminé. La gauche a besoin d'une nouvelle direction politique.
Une direction capable de profiter des transformations, de
convaincre l'opinion de la nécessité et la possibilité de
parvenir à la paix avec les Palestiniens. Il doit être clair
enfin que la droite est encore forte et consistante, qu'elle
bénéficie encore de l'approbation de la majorité de l'opinion
israélienne. C'est la partie qui bénéficie de la force du
pouvoir, de la capacité de mobilisation, voire de recrutement
des troupes disposées à commettre les pires crimes pour sauver
l'Etat sioniste du désastre de la paix !
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