| Kiosque
. Comme la paille
de riz, les prix des hôtels flambent à l'approche de
l'Aïd, et provoquent la colère noire de nombreux
Egyptiens. Entre-temps, gouverneurs et ministres continuent
à se chamailler au sujet du smog. |
La
vie en noir
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Cela
fait plus de cinq ans que le nuage noir attaque notre
pays, chaque année à la même époque. Et le gouvernement
et les scientifiques en ignorent toujours la raison.
« Le nuage noir a enflammé les relations entre
le ministre et les gouverneurs », « La
défaite du ministère de l'Environnement dans la bataille
du nuage ! », « Dites les nuages
noirs, et ne dites pas le nuage noir ! »,
titrait ainsi la presse cette semaine. Cette année,
le nuage n'a pas uniquement noirci le ciel du Caire,
mais aussi bien d'autres gouvernorats. Résultat :
les gouverneurs s'accusent mutuellement. Ahmad Abdel-Hakam
écrit dans le magazine hebdomadaire Al-Ahram Al-Arabi :
« Le gouverneur de Qalioubiya, Adli Hussein,
jette la responsabilité sur le gouvernorat du Caire ».
Le gouverneur de Qalioubiya déclare par ailleurs :
« C'est Le Caire qui nous pollue et non le contraire ;
nous prenons les précautions nécessaires pour diminuer
la pollution qui vient des usines de plomb à Choubra
Al-Kheima ».
« Interdiction
d'entrée aux Egyptiens », « Les grands
hôtels augmentent leurs prix pendant l’Aïd, alors que
les petits baissent les leurs », prévient l'hebdomadaire
Sawt Al-Oumma. L’Aïd approche, et les
vacances aussi. Le responsable d'une agence touristique
s'exprime dans les colonnes du magazine. « Il
est vrai que les hôtels augmentent leurs prix d'une
façon considérable (près de 40 % de plus que
pour les étrangers), jusqu'à refuser les Egyptiens ».
Un autre professionnel du tourisme affirme que si
les hôtels font cela, c'est « parce que les
Egyptiens détruisent le matériel de l'hôtel dans lequel
ils se trouvent, et volent parfois des choses »
, rapporte le journal. Comment cela peut-il se produire ?
Comment refuser les clients égyptiens qui sont dans
leur propre pays ? Certains responsables hôteliers
déplorent toutefois cette attitude. « Nous devons
refuser avec force les politiques des hôtels qui refusent
et ignorent la présence des Egyptiens, car c'est intolérable,
et inadmissible ».
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Hoda
Ghali |
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Image
de femme
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Une fillette
de quatre ans aux traits purement égyptiens, assise
en plein milieu d'un champ verdoyant, les cheveux
dans le vent et les yeux braqués vers l'avenir. C'est
ainsi que commence le spot publicitaire diffusé par
la télévision dans le cadre de la campagne de sensibilisation
sur les droits de la femme. Le spot, accompagné d'une
belle musique émouvante, suit au cours de deux minutes
cette petite paysanne dans toutes les phases de sa
vie. Elle affronte trois crises qu'elle dépasse grâce
à l'esprit ouvert de ses parents. Une fois la crise
passée, on peut lire sur l'écran : Non à la
privation d'éducation, Non à l'excision et Non au
mariage précoce. Le spot publicitaire met l'accent
sur le succès réalisé par la fille dans ses études
ainsi que dans sa vie professionnelle et conjugale.
Il se termine par une chanson ayant pour titre :
Une fille égyptienne, orientale et moderne.
Il s'agit
d'un spot très réussi car il a réussi à toucher les
sentiments très profonds des gens, ce qui pourrait
effectivement les pousser à changer d'attitude et
de comportement. Mais ce succès éclatant aurait été
beaucoup plus important si le modèle donné aux petites
villageoises était plus proche de leur quotidien.
En fait, la fille illustrée par cette publicité achève
ses études universitaires dans la ville, travaille
et se marie là-bas tout en gardant des relations étroites
avec ses parents qu'elle visite ou que l'on voit assister
aux fêtes scolaires de leur petite fille. Le message
que reçoit le spectateur serait donc le suivant :
pour vivre une vie meilleure, la fille doit apprendre,
être protégée de tous abus contre son corps, en l’occurrence
l'excision, se marier à un âge adéquat et vivre dans
la ville.
Un message
pareil ne fait effectivement que consacrer une idée
figée dans l'esprit des habitants de la campagne égyptienne
selon laquelle la vie meilleure ne se réalise que
dans la ville. Beaucoup de villageois rêvent effectivement
de pouvoir un jour vivre en ville où ils trouveront
le confort. Une publicité pareille peut donc facilement
encourager l'exode rural. Mais elle peut aussi avoir
un effet contraire et pousser les parents à ne pas
suivre ce modèle pour garantir que leur fille n'ira
pas vivre ailleurs. Car pour un paysan, il est hors
de question que sa fille vive toute seule dans la
ville pour apprendre.
Mais
ceci n'est pas le plus important. Ce spot publicitaire
est tellement bien fait que la jeune fille de la campagne
aurait pour modèle à suivre celle qu'elle voit à la
télévision. Il aurait été plus judicieux à un moment
où la politique de l'Etat est axée sur le développement
de la femme rurale de donner un modèle de femme plus
proche de la réalité. Pourquoi ne pas donner l'exemple
d'une paysanne bien éduquée qui gère son foyer avec
beaucoup de sagesse, qui aide son mari au travail
et ses enfants à l'école et qui fait toutes les activités
normales de la femme rurale mais correctement.
C'est
excellent d'être arrivé à faire passer aussi parfaitement
un message, car ce spot prouve effectivement que ce
domaine a connu un véritable développement. Mais ce
serait plus que parfait de transmettre un message
correct jusqu'au bout et sans risque d'avoir un effet
contraire.
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