Iraq
. Les actes de
guérilla anti-américains s'intensifient, alors
que les forces d'occupation se lancent dans des
démonstrations de force. |
La
guerre officieuse |
| Depuis
la fin officielle de la guerre en Iraq, il y a
plus de sept mois, les attaques contre les forces
de l'occupation vont s'amplifiant, en nombre et
en intensité. Au point que le climat en Iraq ne
ressemble pas à un après-guerre, mais plutôt à
un retour à la guerre.
Avec l'intensification des actes
de violence anti-américains, les forces américaines
sont en effet passées à la vitesse supérieure
dans leur lutte contre le « terrorisme »,
faisant à nouveau usage de bombardements aériens
face aux assaillants dans la région sunnite où
elles sont quasi quotidiennement pris pour cible.
Les forces américaines ont utilisé samedi leur
aviation qui a largué trois bombes de 500 kg près
de Fallouja (à une cinquantaine de km à l'ouest
de Bagdad) après deux attaques contre des patrouilles
américaines qui ont fait trois blessés, a indiqué
dimanche l'armée américaine. Ces bombardements
font suite à une démonstration de force similaire
de la 4e division d'infanterie près de la ville
de Tikrit, l'ancien fief de Saddam Hussein au
nord de Bagdad, où un hélicoptère Blackhawk
s'est écrasé vendredi. Six soldats sont morts
dans l'incident que des officiers attribuent à
un tir de lance-roquettes, sans confirmation officielle.
Interrogé dimanche sur la nouvelle
stratégie américaine d'utiliser l'aviation, un
porte-parole de la coalition, le lieutenant-colonel
George Krivo a souligné que « les commandants
sur le terrain sont autorisés à utiliser la force
de feu nécessaire pour protéger à la fois les
forces de la coalition et les Iraqiens ».
« Nous sommes engagés dans une offensive
et vous pouvez vous attendre à une hausse du niveau
d'intensité et d'activités dans ces zones »,
a-t-il ajouté.
Les troupes américaines ont également
renforcé leur traque des auteurs présumés des
violences en Iraq, arrêtant quelque 140 personnes
ces derniers jours. 35 personnes liées au régime
déchu de Saddam Hussein, en relation avec l'attaque
à la roquette qui avait visé fin octobre l'hôtel
Al-Rachid à Bagdad, tuant un officier américain
et blessant 17 personnes, a affirmé dimanche un
officier de l'armée américaine. L'opération a
été menée par quatre compagnies de la première
division blindée dans le quartier d'Al-Mansour
à Bagdad. La centaine restante a été arrêtée dans
des régions à l'ouest et au nord de Bagdad, fiefs
des partisans de Saddam Hussein, où les forces
d'occupation ont multiplié les raids ces derniers
jours.
Dans ce contexte, l'administrateur
en chef de la coalition en Iraq Paul Bremer a
dit craindre que le « terrorisme »
s'intensifie dans les prochains mois, dans un
entretien au quotidien britannique The Times,
indiquant que « plusieurs centaines »
de terroristes professionnels s'étaient infiltrés
en Iraq depuis le Soudan, la Syrie, le Yémen et
l'Arabie saoudite. « Nous allons faire
face à un plus grand nombre d'attaques et à plus
de terrorisme, car les terroristes voient que
la reconstruction va dans le sens que nous souhaitons »,
a dit Bremer. Dans ce but, il s'est déclaré prêt
à étudier la proposition du ministre iraqien de
l'Intérieur d'une « force spéciale »
qui serait constituée de membres des différentes
milices kurdes ou chiites mais aussi d'anciens
membres des services de renseignement de Saddam
Hussein. Bremer a reconnu à cet effet que la connaissance
du terrain des membres de ces milices et leurs
capacités à repérer des éléments étrangers à l'Iraq
sont bien supérieures à celles des forces de la
coalition américano-britannique.
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Washington mécontent du Conseil transitoire
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Sur un autre plan, Bremer a estimé
dimanche à Bagdad qu'il était temps pour les 24
membres du Conseil de gouvernement transitoire
iraqien de rédiger une Constitution et de présenter
un agenda pour des élections nationales. Les critiques
se sont en effet multipliées dernièrement sur
les lenteurs du Conseil de gouvernement pour rédiger
la nouvelle Constitution. Le principal obstacle
viendrait de la majorité chiite qui demande la
tenue d'élections pour former une assemblée constituante.
Dimanche, le ministre iraqien des Affaires étrangères,
Hoshyar Zebari, avait reconnu « que la balle
était dans son camp ». Mais, a-t-il averti,
« beaucoup dépend de la situation sécuritaire
dans le pays ».
En outre, selon des informations
publiées dimanche par le Washington Post,
les Etats-Unis seraient de plus en plus déçus
par le Conseil de gouvernement transitoire iraqien
qu'ils ont mis en place en juillet dernier, et
réfléchiraient à des « alternatives »
à cette instance. Selon le quotidien, qui cite
des sources anonymes au sein de l'Administration,
Washington souhaiterait mettre en place une structure
politique iraqienne plus solide et légitime, parallèlement
au retrait progressif de troupes américaines.
Washington serait prêt à envisager une formule
défendue par la France et d'autres membres du
Conseil de sécurité de l'Onu, et jusqu'à présent
rejetée par Washington, de former une direction
intérimaire sur le modèle de ce qui s'était fait
en Afghanistan au travers d'une « loya
jirga », une assemblée traditionnelle.
Washington serait aussi prêt à revenir sur son
schéma de transition prévoyant la rédaction d'une
Constitution et des élections avant un retour
à une souveraineté iraqienne, objet de vives batailles
aux Nations-Unies.
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Abir
Taleb |
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Amr
Moussa : « Tant qu'il y a occupation
de l'Iraq,
il y aura résistance » |
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Le secrétaire général de
la Ligue arabe, Amr Moussa, a déclaré mardi au
secrétaire d'Etat adjoint américain, Richard Armitage,
que la résistance se poursuivra en Iraq tant que
l'occupation américaine durera. « Tant qu'il
y a occupation, il y aura résistance, que ce soit
en Iraq ou en Palestine », a dit M. Moussa
à l'issue d'un entretien entre les deux hommes.
Il a par ailleurs souligné que « l'impasse
à laquelle est parvenue la situation en Palestine
provoque une grande colère parmi les Arabes, et
mènera à des conséquences graves ». « La
Ligue arabe veut que les Etats-Unis jouent à nouveau
leur rôle de courtier honnête et impartial et
ne soient pas totalement alignés sur Israël »,
a-t-il dit.
« Je rejette la notion
selon laquelle un règlement du conflit arabo-israélien,
aussi importante que cette question puisse être,
pourrait arrêter le terrorisme dirigé contre les
Etats-Unis, les intérêts occidentaux et l'Arabie
saoudite », a pour sa part dit M. Armitage.
« Vous devez remarquer que ce n'est que
récemment qu'Ossama bin Laden et Al-Qaëda
mentionnent le mot Palestinien »,
a-t-il ajouté. « Ils utilisent le conflit
dans les territoires occupés à leurs fins propres,
mais ce n'est pas la cause essentielle du terrorisme
d'Al-Qaëda », a ajouté le responsable
américain, qui a achevé mardi une visite de deux
jours au Caire.
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