Dans une conférence
de presse conjointe tenue dimanche au Caire l'ambassadeur
d'Italie, Antonio Badini, dont le pays assure la présidence
tournante de l'Union Européenne (UE) et Ian Boag, ambassadeur
de l'UE, ont évoqué la conférence euro-méditerranéenne qui
se déroulera à Naples le 2 et 3 décembre prochain. M. Badini
a déclaré que la conférence intervient dans une période
de tension au Proche-Orient, ce qui suscite l'inquiétude.
Il a ajouté : « Nous sommes conscients que
l'arrêt du processus de paix influencera lourdement la conférence.
Mais les défis que confronte la région et la déstabilise
poussent la présidence italienne de l'UE à doubler ses efforts
afin de ressusciter le partenariat euro-méditerranéen qui
est considéré encore comme un grand atout et un énorme gain
pour la région. Il est donc important dans ces circonstances
actuelles de réussir à mettre en valeur la déclaration de
Barcelone proclamée le 28 novembre 1998 comme étant l'axe
principal sur lequel doivent se baser les relations entre
l'Union européenne et ses associés en Méditerranée ».
M. Badini a
souhaité qu'il y ait un accord pendant la conférence de
Naples sur l'établissement d'une organisation culturelle
euro-méditerranéenne. « L'Italie souhaite voir une
nouvelle renaissance culturelle dans la région de la Méditerranée.
Nous croyons que l'organisation culturelle euro-méditerranéenne
contribuera énormément à consolider la compréhension mutuelle
et le respect mutuel de l'identité culturelle. L'organisation
culturelle qu'on encouragera et dotera d'une plus grande
confiance pourra assumer les exigences nécessaires pour
un échange humanitaire plus grand qui permettra à son tour
d'améliorer les capacités de coopération dans tous les domaines
y compris le domaine économique », a-t-il dit.
L'Italie cherche
aussi à relancer l'investissement européen dans la région.
« Nous souhaitons que les pays membres parviennent
à un accord concernant la transformation du plan des fonds
et des investissements et du partenariat euro-méditerranéen
en une branche indépendante dont la plus grande partie du
capital dépend de la Banque européenne d'investissements »,
a dit M. Badini, ajoutant que son pays demande une assistance
financière plus forte pour « nos partenaires afin
qu'ils puissent accomplir les réformes économiques qu'ils
avaient commencées ». « Si nous arrivons
pendant la conférence de Naples à approuver l'attribution
des responsabilités du plan d'investissements et de partenariat
euro-méditerranéen à la Banque d'investissements
d'une manière effective, nous pourrons prévoir un coup de
fouet à la modernisation de l'économie de nos partenaires
méditerranéens et au renforcement du secteur privé dans
ces pays et au développement des petits et moyens projets »,
a précisé l'ambassadeur. L'UE aspire à établir une zone
de libre-échange en l'an 2010 afin d'établir la prospérité
des pays de la Méditerranée.
Il a indiqué
qu'un autre objectif de la conférence est de créer un Conseil
parlementaire euro-méditerranéen composé de 240 membres
dont la moitié appartiendra à des pays de la Méditerranée.
Le conseil aura un rôle consultatif afin de guider le processus
de Barcelone qui est encore un processus entre gouvernements.
Pour sa part,
l'ambassadeur de l'UE a déclaré que dans les mois prochains
plusieurs Parlements de pays européens vont ratifier l'accord
d'association avec l'Egypte qui a été déjà accepté par 10
pays membres de l'UE. Boag a précisé qu'il n'y a aucun obstacle
à cette ratification, mais que le sujet était lié à l'agenda
et au calendrier du Parlement de chaque pays. M. Boag a
précisé que plusieurs hauts responsables égyptiens visiteront
Bruxelles bientôt et auront des pourparlers importants avec
les hauts responsables de l'UE à ce sujet. Le Caire, à son
tour, accueillera des responsables de haut niveau de l'UE.
M. Boag a aussi indiqué qu'un accord sur l'établissement
d'une zone de libre-échange sera ratifié après la ratification
de l'accord d'association entre l'Egypte et l'Union, ce
qui permettra aux exportations égyptiennes d'avoir accès
aux marchés européens