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Ramadan . En collaboration avec l’Institut du monde arabe, le bureau culturel de l’ambassade d’Egypte à Paris organise une série de festivités. Expositions, conférences et concerts sont au programme, jusqu'au 22 novembre.
Les nuits du Ramadan
illuminent Paris

L’idée est de recréer au quartier Latin, en plein cœur du vieux Paris, l’atmosphère si particulière, spirituelle et magique de ce mois si cher au cœur de tous les musulmans du monde. Pour ce faire, les organisateurs de ces « nuits de Ramadan » ont invité les meilleures troupes égyptiennes de danse et de chants populaires. Seront ainsi présentes la troupe de Port-Saïd et le Simsimiya qui donnera un spectacle fidèle au patrimoine musical du Canal de Suez, la troupe des Arts populaires de Fékri Al-Sawi qui présentera des chants traditionnels et le spectacle des derviches tourneurs Tanoura, la troupe des Etoiles de l’Opéra du Caire et ses musiques arabes classiques, ainsi que la troupe de Inchad Soufi avec ses chants religieux et sa transe. « Nous essayons de présenter les différentes facettes de la culture égyptienne, ainsi que notre façon à nous de célébrer les nuits du Ramadan. C’est pourquoi nous avons fait venir des troupes qui utilisent des instruments tout à fait traditionnels et qui représentent les arts populaires égyptiens qui correspondent bien au goût français », explique Fatma Khalil, attachée culturelle égyptienne à Paris.

« J’aimerais tout particulièrement qu’on assiste à la Tanoura, qui donnera des spectacles sous deux formes différentes : l’une religieuse et l’autre profane », ajoute-t-elle.

Dans le cadre de la coopération avec l’Institut du monde arabe, les festivités se déroulent aussi sous la tente Médina et au café Abou-Nawas, où ont été recréés un climat authentiquement oriental avec, entre autres, thé à la menthe et pâtisseries ... Mizmar, kawala, tamboura, rebaba, darabuca, douf, tar, chants, zikr, danses folkloriques et derviches tourneurs seront à l’honneur. Chaque troupe se produit pendant une semaine. Certaines sont déjà bien connues du public français, comme la Troupe de Chant et Musique Populaires d’Egypte, dirigée par Soliman Gamil, Ahmad Al-Chabouri et Mounir Al-Wesseimi et Fékri Al-Sawi, qui a déjà participé en France à une manifestation culturelle sur l’Egypte à Saint-Gratien puis à Versailles en juin 2003, au Festival Mimos de Périgueux, ainsi qu’au Festival de Chant de Marin, à Paimpol, en août 2003. Par ses participations nombreuses à divers festivals internationaux, entre autres au Japon, à Singapour, en Chine et en Italie, cette troupe a largement contribué à diffuser un savoir-faire ancestral et un folklore séculaire qui se passe de génération en génération. La troupe de Tanoura, de Khaled Souyoufi, s’est elle aussi déjà produite à Paris lors de la Fête de la musique et avait connu un grand succès. La troupe de Port-Saïd (Simsimiya), elle aussi mondialement connue, s'est produite au cours de la première semaine et a présenté ses danses particulièrement spectaculaires ainsi que ses rythmes musicaux endiablés. Se sont succédés ensuite le groupe de chant soufi avec ses moncheds à la voix d’or, ses mélopées et ses improvisations géniales, et celui des Etoiles du Caire, dans un registre beaucoup plus classique, mais tout aussi lyrique.


Calligraphie

Parallèlement aux concerts, se déroulent aussi deux expositions d’art arabe et du Moyen-Orient. La première chronologiquement est celle intitulée Ebru, de Nicole Polge. Le mot Ebru dérive du farsi et signifie « nuages ». Terme adéquat qui traduit parfaitement la nature de cet art aérien à la technique picturale particulière. Il faut d’abord longuement broyer minéraux et oxydes, sur du marbre, pour obtenir des couleurs minérales ou végétales, dont le coûteux indigo. Puis fabriquer de façon traditionnelle les brosses, enfin préparer certaines solutions spécifiques. Les maîtres transmettent « l’alchimie » des mélanges et des gestes. De plus, la température ambiante et celle des produits, le degré d’hygrométrie, ainsi que la sérénité de celui qui exerce, interviennent et permettent (ou non) la réussite d’une œuvre. C’est pourquoi l’Ebru n’est considéré possible que « grâce à la permission d‘une puissance divine » qu’il est bon d’invoquer avant de commencer (c’est la Bismillah). Ceci prit naissance au début du XIIIe siècle au Turkestan. Puis il voyagea tout au long de la « route de la soie » pour parvenir en Anatolie centrale chez les Seldjoukides puis chez les Ottomans. Il fut utilisé par les sultans pour la calligraphie de leurs firmans, mais aussi pour enluminer le Coran : « Evoquer l’Ebru, c’est se laisser porter par un nuage survolant la route de la soie et les caravanes avant de parvenir en Turquie, terre ottomane, au gré des siècles et des civilisations, des découvertes spontanées ou de longues recherches », écrit Polge à propos de son art. C’est aussi un art qui a connu de grands maîtres comme Shebek Mehmet effendi, en 1608, Necmeddin Okyay en 1883 et plus récemment Mr Koksal Ciftçi qui l’enseigne dans des médresses à Istanbul, car cet art reste complètement d’actualité : « Il me semble donc que j’ai eu la chance d’être investi d’une mission, que des secrets précieux m’ont été transmis, afin que je puisse les exploiter pour faire connaître ici, en France, cette longue tradition d’essence divine », précise Polge.

L’autre exposition, Visions de soie, présente l’art de la calligraphie de deux générations, celles d’Abdallah Baroudi et Karim Jaafar, deux artistes marocains vivant en France. Comme son nom l’indique, il s’agit de calligraphie arabe classique peinte sur des supports en soie naturelle, d’une très grande finesse. Le poète et calligraphe connu Baroudi utilise des oxydes et pigments naturels comme le safran et le curry dans la confection de ses œuvres. Alors que Jaafar, de la nouvelle génération, se lance dans des compositions d’art plastique plus libres en se servant de photos et de collages.

Pour clore ce programme, se tiennent aussi des conférences et tables rondes sur les thèmes suivants : Jésus et Marie dans la mystique musulmane, de Pierre Lorry, Dessins des livres pour enfants en Egypte depuis le XIXe siècle, de Mohieddine Ellabad, et enfin Ismayl Urbain (1812-1884), de l’Egypte à l’Algérie, de Michel Levallois. De grands moments de musique, de peinture et de culture en perspective.

Paris, de notre correspondante
Maya Al-Qalioubi

Variétés pas très variées

Comme c'est le cas chaque année à cette époque, le petit écran est assailli d'émissions de divertissement, sponsorisées par la publicité. Seules deux sortent du lot, toutes deux présentées par le journaliste Mahmoud Saad. La première émission s'intitule Al-Dahek (Le Rieur), diffusée à 6h45 sur la chaîne 2, n'apporte, en fait, aucun sourire aux téléspectateurs.

Déjà tournées et diffusées sur la chaîne satellite MBC depuis quelques mois, les épisodes sont tous centrés sur le jeune comédien Alaa Walieddine, décédé en février dernier. A chaque épisode, le présentateur invite l'un des cinéastes, ancien ami de Walieddine. L'émission a été entièrement tournée au lendemain du décès du jeune acteur, sur le comportement de Walieddine, avec ses amis, ses collègues, etc. Avec des témoignages sur sa vie et ses habitudes spirituelles. Tout au long de l'émission, des extraits du film inachevé Arabi Taarifa, tournés juste avant la mort de Walieddine, sont projetés, pour montrer des scènes qui ne seront vues nulle part.

La deuxième émission, intitulée Helw we kaddab (Beau et menteur), du nom d'une chanson d'Abdel-Halim Hafez, est diffusée à 1h30 sur la chaîne 1. Elle consiste à inviter un ou une artiste et à lui poser des questions sur sa vie et sa carrière, relevant ses émotions à l'aide d'un appareil électronique détectant le mensonge.

Un habillage nouveau sur un concept très ordinaire, utilisé dans d'autres émissions. Il aurait peut-être mieux valu varier les invités plutôt que de se limiter aux grandes vedettes, afin de présenter quelque chose de nouveau.

Toutefois, il semble urgent que les responsables de la télévision égyptienne réévaluent cette expérience d'émissions commerciales, souvent dénuées de tout intérêt ou nouveauté. Car déjà les téléspectateurs ont commencé à se tourner vers les autres chaînes satellites arabes.

Yasser Moheb

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