Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Affaire

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Af faires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Bourse . Depuis la mise en place de règles strictes régissant les transactions, le nombre de manipulations a considérablement baissé.
Traque aux manipulateurs

Au cours des dix premiers mois de 2003, l'Organisme du marché financier a réussi à découvrir une trentaine de cas de manipulations boursières sur des actions. Certains cas de manipulations sont mises au jour, mais bien d'autres restent dans l'ombre. « Ce chiffre est très modeste. Les cas de manipulations sur les actions sont devenus très rares actuellement sur le marché financier », souligne Khaled Abdel-Rahmane, directeur général du département technique au sein de la Bourse du Caire. Il ajoute que les responsables de la Bourse annulent actuellement une ou deux opérations de manipulation en moyenne par mois, contre 2 opérations par jour avant 2001.

En fait, plusieurs facteurs justifient le recul des opérations de manipulations. En premier lieu, la surveillance stricte exercée par la Bourse du Caire et l'Organisme du marché financier sur l'échange. « La majorité des cas de manipulations avaient pour objectif la spéculation sur les prix des actions les moins actives pour réaliser les profits estimés, alors que d'autres visaient le contrôle des sociétés. Les deux objectifs ont presque disparu avec la mise en place par la Bourse et l'Organisme du marché financier de mesures strictes », explique Moustapha Badra, un expert financier.

Dans ce cadre, la Bourse a créé, en 2001, un comité de surveillance sur les échanges chargé de suivre les cours de l'action. Ce comité est divisé en plusieurs secteurs (ciment, technologie, etc.) « Chaque membre du comité étudie minutieusement la performance des actions de son secteur, les sociétés de courtage qui font des échanges sur l'action ainsi que les actionnaires. Dès qu'il constate que le cours d'échange sur un titre financier est injustifiable, il en informe la Bourse pour prendre les mesures nécessaires », explique Khaled Abdel-Rahmane. Il ajoute que dans ce cas-là, la Bourse interroge le courtier sur les détails de la transaction, ce qui n'était pas le cas auparavant. « La surveillance était presque absente avant 2001. Les investisseurs et les courtiers des différentes sociétés de courtage pouvaient spéculer sur les cours des actions sans que les transactions ne soient découvertes par les autorités de la Bourse. Et ce, en poussant le cours d'une action à la hausse chaque jour de 5 % jusqu'à ce qu'il atteigne le niveau voulu », relève Fawzi Attiya, un investisseur. Actuellement, dès que l'action monte ou baisse de 5 %, la Bourse demande une explication. Par ailleurs, selon les règles d'échanges de la Bourse, cette dernière arrête l'échange sur l'action pour 45 minutes si son prix a augmenté de 10 % et jusqu'à la fin de la session si son prix dépasse les 20 %. Et ce, afin de demander une justification de la société dont l'action a augmenté.

Moustapha Badra, un expert financier, souligne que les actions les moins actives étaient victimes de ces opérations de manipulations. « Ces actions se caractérisent par la faiblesse de la rotation d'échange qui dure un mois. Donc, il était facile pour les manipulateurs d'acheter chaque jour des quantités limitées à bas prix sans attirer l'attention des autorités de surveillance », explique-t-il. « Avec les nouvelles mesures, le spéculateur n'a plus la liberté voulue, ni les sommes mirobolantes pour diriger le cours de l'action vers le prix estimé », explique Khaled Abdel-Rahmane.

Un facteur également très important est venu contribuer à limiter la manipulation : il s'agit de la maturité du marché. « Les actionnaires sont devenus plus conscients, vis-à-vis des règles d'investissement dans les titres financiers, de leurs droits et de leurs obligations. Ils s'abstiennent actuellement d'exercer des pressions sur les cours pour ne pas réaliser des pertes en cas de découverte de ces manipulations par la Bourse », remarque Réfaat Ghali, directeur adjoint des affaires juridiques au sein de l'Organisme du marché financier. Il ajoute que le manque de sensibilisation chez les actionnaires pousse parfois les courtiers à exploiter leurs fonds pour spéculer sur les prix des actions.

Toutefois, Nassef Nazmi, ex-président de la Bourse du Caire et d'Alexandrie, réclame aux autorités de la Bourse de maintenir les règles de transparence et de fournir les informations exactes sur toutes les sociétés cotées en Bourse pour interdire les manœuvres exercées sur les actions. Comme par exemple la Société égyptienne de production médiatique, dont l'action a vu une hausse vertigineuse en deux jours seulement de 9,30 L.E. à 11,30 L.E. (dimanche) sans aucune justification de cette hausse. Un cas à étudier par la Bourse.

Gilane Magdi
Retour au Sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631