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La
question palestinienne et la crise iraqienne ont été cette
semaine au centre des discussions entre le président Hosni
Moubarak et la ministre japonaise des Affaires étrangères,
Yoriko Kawaguchi, arrivée au Caire le 27 octobre pour s’entretenir
sur la violence dans la région. « Les actes de violence
se poursuivent entre Israéliens et Palestiniens, ce qui entrave
l'application (...) de la Feuille de route »,
a estimé Yoriko Kawaguchi. « Ce plan de paix est l'unique
chemin pour parvenir à la paix au Proche-Orient »,
a-t-elle ajouté.
La ministre japonaise
a déclaré que son pays regardait comme un acte regrettable
le raid israélien, le 5 octobre, en territoire syrien, ajoutant
que le Japon appelait Israël à la retenue pour éviter une
complication de la situation dans la région.
La visite de
la responsable japonaise a été précédée mercredi 22 octobre
par celle du secrétaire d'Etat américain Colin Powell. Powell
a eu des entretiens avec le président Hosni Moubarak à Charm
Al-Cheikh, dans le nord-est de l'Egypte, axés également sur
le conflit israélo-palestinien.
L'Egypte déploie
des efforts pour tenter de mettre fin à la violence dans les
territoires occupés et relancer les négociations. C'est dans
ce contexte que s'inscrivent les visites de Kawaguchi et de
Powell.
Le secrétaire
d'Etat américain a insisté sur la nécessité pour les Palestiniens
de lutter contre le terrorisme, alors que Le Caire réclamait
des pressions sur Israël. « Tant les Etats-Unis que
l'Egypte poursuivront leurs efforts pour la formation d'un
gouvernement palestinien capable d'agir contre le terrorisme
et d'aller de l'avant dans l'application de la Feuille de
route », a déclaré un haut responsable du département
d'Etat. Pour sa part, le chef de la diplomatie, Ahmad Maher,
a estimé nécessaire une action en direction d'Israël pour
arrêter la violence. « Les Etats-Unis se sont déclarés
prêts à bouger, mais en contrepartie, ils réclament que les
engagements pris par le gouvernement palestinien précédent
soient honorés, et ils veulent que la formation du cabinet
palestinien soit rapidement achevée », a-t-il affirmé.
Maher a estimé
qu'il n'était pas possible de demander aux Palestiniens de
prendre des mesures déterminées au moment où Israël fait obstacle
à la Feuille de route, qui stipule que les deux parties appliquent
parallèlement des mesures pour arrêter la violence. « La
Feuille de route prévoit que les deux parties remplissent
des obligations, et les Palestiniens ont fait plus qu'Israël »,
a affirmé Maher.
« Le
premier ministre, Ahmad Qoreï, nous a assuré que les Palestiniens
étaient déterminés à appliquer leurs engagements prévus par
la Feuille de route, mais la partie israélienne n'y aide pas
par ses agissements », a-t-il ajouté. En fait, Maher
a rencontré la semaine dernière au Caire le premier ministre
palestinien, dont c'était le premier déplacement à l'étranger
depuis la formation du cabinet d'urgence le 6 octobre. Ahmad
Qoreï a critiqué les Etats-Unis, estimant qu'ils ne peuvent
jouer le rôle de parrain honnête dans le processus de négociations
israélo-palestiniennes en se mettant sans cesse du côté de
l'une de ces parties.
Outre le processus
de paix dans région, la crise iraqienne a été au menu des
entretiens entre les responsables égyptiens et étrangers en
visite en Egypte. Yoriko Kawaguchi a estimé que la question
de la sécurité pose problème en Iraq. « J'espère que
cette situation sera sous contrôle afin que l'Iraq puisse
profiter de l'aide que la communauté internationale s'est
engagée à lui verser », a-t-elle déclaré, précisant
que son pays avait décidé d'accorder une aide de 5 milliards
de dollars pour la reconstruction de l'Iraq. Elle a également
affirmé que son pays était en faveur d'un retour du pouvoir
au peuple iraqien le plus vite possible. Pour sa part, Ahmad
Maher a souhaité une action rapide pour que le peuple iraqien
puisse s'auto-gouverner et recouvrer sa souveraineté.
Yoriko Kawaguchi
a affirmé au Caire que son pays avait l'intention d'envoyer
des troupes en Iraq. « Les troupes que le Japon compte
envoyer en Iraq n'auront recours à la force que si elles sont
attaquées », a déclaré la ministre japonaise. « Ces
troupes vont aider le peuple iraqien à la reconstruction et
effectueront un travail humanitaire. Elles ne se défendront
que si elles sont attaquées », a-t-elle ajouté. En
fait, le Japon a l'intention de dépêcher 150 soldats en décembre
dans le sud de l'Iraq. Un autre contingent de 600 hommes pourrait
suivre début 2004.
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