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La portée de l'initiative de Genève
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie L'accord auquel sont parvenues en Jordanie les deux délégations non gouvernementales palestinienne et israélienne représente un pas en avant en comparaison avec les initiatives de paix précédemment proposées.

L'accord, paru sous le nom de « L’initiative de Genève », s'appuie sur les idées proposées à des étapes antérieures. Notamment celle des négociations de Camp David II (juillet 2000), et celle des négociations de Taba (février 2001). Il est évident que les négociations qui ont conduit à cet accord sont complémentaires des initiatives précédentes.

Le plus important est que l'accord concerne les principes généraux et la question des frontières entre Israël et la Palestine basés sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l'Onu. Les Palestiniens obtiennent dans ce cadre la restitution de presque la totalité de la Cisjordanie.

Au sujet de Jérusalem, le nouvel accord prévoit des mesures plus évoluées et plus concrètes par rapport aux idées équivoques et peu précises proposées par exemple par le président Bill Clinton. Le nouveau document, carte à l'appui, précise les zones qui seront sous souveraineté palestinienne et celles sous souveraineté israélienne. Ces régions formeront les capitales respectives des deux Etats palestinien et israélien.

Au sujet de l'Esplanade des mosquées ou ce qu’appellent les Israéliens le Mont du temple, Clinton avait parlé d'une souveraineté palestinienne sur l'Esplanade et israélienne sur le Mur occidental, y compris ce qui se trouve derrière, autrement dit le sous-sol de l'Esplanade : une proposition épineuse qui soulève d'importantes polémiques et de graves problèmes, car elle ouvre la voie à des fouilles israéliennes sous l'Esplanade qui regroupe la mosquée d’Al-Aqsa et celle du Dôme du Rocher. Tandis que les désaccords subsistaient dans les négociations de Taba, le nouveau document prévoit que la souveraineté sur l'Esplanade des mosquées reviendra à la Palestine après le retrait israélien et à Israël sur le Mur occidental (Mur des lamentations).

La nouveauté dans le document de Genève est la décision de former une équipe internationale d'observateurs pour superviser et garantir l'application de l'accord. A noter que la présence internationale a toujours été une demande palestinienne et arabe.

En revanche, l'accord passe sous silence l'un des plus importants principes de la question palestinienne, à savoir le droit au retour des réfugiés palestiniens. En raison de ce que revêt ce principe pour les formations politiques israéliennes, le côté israélien a tenu ferme à sa position traditionnelle : l'expression « droit au retour » est totalement refusée, du fait qu'elle porte atteinte à l'essence même d'Israël en tant qu'Etat juif. Il paraît clair que le côté palestinien n'a pas réussi à modifier la position israélienne, se contentant de formulations obscures et ambiguës qui semblent abandonner le droit au retour des réfugiés en Israël.

Selon le nouveau document, les droits des réfugiés seront régis par les résolutions 194 de l'Assemblée générale et 242 du Conseil de sécurité, ainsi que par l'initiative arabe et ce, sans mentionner ouvertement le droit au retour.

Dans le nouveau document, Israël réalise de progrès notables dans les domaines de la sécurité et des frontières aux dépens de la position arabe. Il stipule que la Palestine soit un Etat désarmé disposant tout simplement d'une force de sécurité pour contrôler les frontières, accomplir des missions de police et d'information pour empêcher d'éventuels actes de terrorisme. L'accord stipule également la formation d'une force multinationale pour garantir la sécurité des deux parties.

Il est clair que l'accord auquel sont parvenues les deux délégations palestinienne et israélienne comporte un progrès en comparaison avec les étapes précédentes. L'accord comporte en même temps des points faibles se rapportant aux concessions faites par le côté palestinien.

 

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