« Le
premier Ramadan dans l'enfer du dollar », « Les
fruits secs juste pour regarder », « La
folie des dépenses pendant le mois de Ramadan »,
« Les dattes : une hausse dans les prix,
et une chute dans la qualité ». Ainsi s'est
exprimée la presse, la première semaine du mois de jeûne.
Les gens viennent à peine de payer les frais de scolarité
de leurs enfants, qu'ils se trouvent face à la crise
du pain, pour ensuite tomber devant les folles dépenses
habituelles du mois de Ramadan. Ainsi, ils se trouvent
obligés de « se serrer la ceinture et de renoncer
à leurs habitudes annuelles dans les achats »,
explique Hussein Moawad dans l'hebdomadaire Sawt
Al-Omma. Mais « malgré l'abondance des produits
de première nécessité sur le marché, le mouvement de
vente et d'achat est affaibli, les prix continuent d’augmenter »,
poursuit le journaliste.
Qui est
donc responsable de cette folle hausse ? Les importateurs
disent « que le problème est le dollar, car
normalement les prix des produits de la saison actuelle
ont été payés l'année dernière, donc avant la dernière
augmentation folle du dollar, mais nous ne savons pas
pourquoi les prix ont ainsi grimpé », a précisé
Essam Loutfi, dans son enquête dans Sawt Al-Omma.
Certaines
statistiques ont estimé les dépenses des familles égyptiennes
à 9 milliards de livres égyptiennes, dont 2,5 milliards
pour les fruits secs seulement et 1,5 milliard pour
la farine et le riz.
Parce qu'il
existe une disparité des revenus entre les familles
égyptiennes, les préparatifs eux aussi diffèrent. D'aucuns
économisent pendant toute l'année afin de pouvoir assumer
les dépenses ramadanesques.
La journaliste
Nadia Amin rapporte dans l'hebdomadaire nassérien Al-Arabi
que : « Les repas de l'iftar et
le sohour coûtent au minimum 47,5 L.E. pour une
famille modeste de 5 membres, et ce pour un repas populaire.
Ainsi cette famille a besoin d'au moins 1 400 L.E.
pour ce mois. La question donc serait : combien
de familles en Egypte possèdent des sommes pareilles
par mois ? Tout en sachant qu'un fonctionnaire
ne touche même pas la moitié de cette somme ? ».
En ce qui
concerne les raisons de la hausse grandissante de la
consommation, certains économistes accusent les comportements
des citoyens. En effet, dans le magazine hebdomadaire
Sabah Al-Kheir : « Docteur Hanane
Sami, professeur d'économie, est parvenue à détecter
une hausse dans le taux des dépenses (pour les achats
des produits alimentaires), chaque année à Ramadan.
Ces dépenses dépassent le revenu mensuel de la famille.
Les banquets organisés pendant ce mois augmentent d'une
manière considérable. 91,5 % des familles égyptiennes
y tiennent. Celles qui sont les plus attachées sont
les familles à niveau moyen ».
Pour ces
raisons, le Dr Hamdi Abdel-Azim, président de l'Académie
Sadate, exige « une rationalisation de la consommation ».
Il sent qu’il prêche dans le désert, car le mois sacré
est ancré dans les esprits comme une période de piété
de fête et de joie de vivre en famille. Bref, on redira
la même chose l'année prochaine.
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