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Les
Palestiniens sont exaspérés par les actions israéliennes qui
ne font que compliquer la situation. Lundi, ils ont accusé
Israël d'enterrer la Feuille de route en légalisant de
facto des points de colonisation en Cisjordanie occupée
et ont appelé le Quartette à faire annuler cette décision.
Aux termes de la Feuille de route, Israël devrait geler la
colonisation en général et démanteler la soixantaine de points
sauvage créés en Cisjordanie depuis l'entrée en fonction du
premier ministre Ariel Sharon en mars 2001.
Les Palestiniens
ont, d'autre part, dénoncé samedi le projet israélien d'une
ligne de défense le long de la vallée du Jourdain, estimant
qu'il donnait le « coup de grâce » à la Feuille
de route, un plan de règlement international et qu'il est
considéré comme une déclaration d'une guerre totale contre
le peuple palestinien. Le conseiller du dirigeant Yasser Arafat,
Nabil Abou-Roudeina a indiqué : « il s'agit d'un
acte provocateur lourd de répercussions », a-t-il
ajouté, appelant « le Conseil de sécurité et l'Assemblée
générale de l'Onu à imposer des sanctions au gouvernement
israélien qui défie la communauté internationale ».
De son côté, le négociateur en chef, Saëb Eraqat, a estimé
que « le projet de mur raciste dans la vallée du Jourdain
n'a rien à voir avec la sécurité d'Israël, mais vise à transformer
nos villes, villages et camps en de grandes prisons ».
Même son de cloche
aux Etats-Unis. Ces derniers, pourtant fidèles alliés de l'Etat
hébreu, sont apparemment déterminés à réduire leur soutien
inconditionnel aux Israéliens, au moins à ce sujet. Le secrétaire
d'Etat américain, Colin Powell, a affirmé dimanche que les
Etats-Unis étaient toujours « préoccupés »
par la ligne érigée par Israël en Cisjordanie. « Nous
sommes en consultation avec les Israéliens. Cela nous préoccupe »,
a déclaré M. Powell, en qualifiant cette construction de « problématique ».
« C'est différent que de construire une barrière de
sécurité qui est clairement sur votre territoire, une ligne
de séparation, afin de vous protéger. Cela aurait été compris »,
a poursuivi le chef de la diplomatie américaine. Il a souligné
que la « barrière », qui traverse des portions
de la Cisjordanie, entrave l'accès des Palestiniens à leurs
champs et « préjuge de ce que sera un Etat palestinien,
et pour nous c'est problématique ».
Les inquiétudes
palestiniennes et américaines interviennent après que le premier
ministre israélien Ariel Sharon eut annoncé vendredi que le
projet était à l'étude et qu'il serait présenté au gouvernement
dès qu'il serait prêt. Il a indiqué que cette ligne mordrait
« de plusieurs kilomètres » à l'ouest, c'est-à-dire
qu'elle s'étendra non pas le long de la frontière avec la
Jordanie mais en Cisjordanie. La construction de cette portion
orientale de la ligne permettrait à Israël d'annexer de fait
la partie orientale de la Cisjordanie.
Selon M. Sharon,
malgré l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale
de l'Onu lui demandant de renoncer à son projet et de détruire
la partie de l'ouvrage déjà édifiée, la ligne de défense le
long de la ligne de démarcation entre Israël et la Cisjordanie
et autour de Jérusalem, en construction depuis des mois, « devrait
être achevée d'ici un an » et engloberait des colonies.
Pour le ministre du Commerce et de l'Industrie Ehud Olmert,
numéro deux du gouvernement, a souligné : « Nous
ne tiendrons pas compte de la majorité automatique à l'Onu
qui nous est systématiquement hostile. De toute façon, la
résolution de l'Onu n'est pas contraignante ».
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Israël reste
aussi intransigeant sur tout ce qui pourrait mettre un terme
à la violence. Dimanche, le premier ministre israélien Ariel
Sharon a déclaré lors de la réunion hebdomadaire de son
gouvernement qu'Israël doit « lutter pour empêcher
l'adoption de l'Initiative de Genève », un plan
de paix non officiel. Le 20 octobre, inaugurant la session
d'hiver de la Knesset (Parlement), M. Sharon avait affirmé
que la Feuille de route, le dernier plan de paix international
en date, constituait « l'unique espoir d'instaurer
la paix » entre Israël et les Palestiniens. M.
Sharon avait également averti mercredi que cette initiative
est « plus dangereuse que les accords d'Oslo »,
signés en 1993 par le gouvernement du premier ministre israélien
assassiné, Yitzhak Rabin, et le dirigeant palestinien Yasser
Arafat.
Toutefois,
cet accord de paix symbolique jouit du soutien implicite
du président palestinien Yasser Arafat et de plusieurs pays
qui le considèrent comme complémentaire de la Feuille de
route.
L'Initiative
de Genève a été mise au point le 12 octobre à Amman par
des dirigeants de l'opposition de gauche israélienne conduits
par l'ex-ministre travailliste de la Justice, Yossi Beilin,
et des responsables palestiniens. Ce projet devrait être
prochainement signé à Genève. Il engage, notamment, les
Palestiniens à renoncer au droit au retour (en Israël) des
réfugiés palestiniens et à mettre définitivement fin au
conflit. Il engage également Israël à un partage de souveraineté
sur la vieille Ville de Jérusalem et à donner aux Palestiniens
97,5 % de la Cisjordanie.
Entre temps,
le scénario de la violence continue. Dimanche, l'armée israélienne
a tué un Palestinien et démoli à l'aube trois tours d'habitations
dans la bande de Gaza. Le coordonnateur de l'Onu pour le
Proche-Orient, Terje Roed-Larsen, a « fermement
déploré » la destruction des trois tours la qualifiant
« d'illégale », alors que Saëb Eraqat l'a
considérée comme crime de guerre. Bien plus, en raison du
bouclage militaire israélien qui a empêché plusieurs députés
d'y participer, le Conseil Législatif Palestinien (CLP,
Parlement) a annulé une session spéciale prévue samedi à
Ramallah (Cisjordanie) pour élire un nouveau président.
Un nouveau chef du Parlement doit être élu pour succéder
à Ahmad Qoréï, nommé premier ministre.
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