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Jeux Africains . Même si le Nigeria s'est, selon un procédé peu commun, déclaré vainqueur de l'édition 2003, c'est l'Egypte qui a officieusement affirmé sa supériorité.
Le vrai gagnant

Dimanche dernier, l'aéroport du Caire était en effervescence. Avec pour comité spécial d'accueil, le ministre de la Jeunesse et du Sport, Alieddine Hilal, et Gamal Moubarak, pour recevoir la délégation égyptienne victorieuse des Jeux Africains (JA) d'Abuja qui se sont déroulés du 4 au 18 octobre au Nigeria. Car forte de ses 214 médailles remportées (80 d'or, 62 d'argent et 72 de bronze), c'est bien elle qui pour les Egyptiens s'est imposée lors de cette édition 2003. Même si après la fin des épreuves, le Comité organisateur nigérian a octroyé 7 médailles d'or de plus à ses sportifs ... Ce qui les classe en tête du tableau final, l'Egypte n'occupant du coup que la 2e place.

Curieuse conception de l'esprit sportif. Mais peu importe. Car comparés aux 2 dernières éditions des Jeux africains, les 245 athlètes égyptiens ont dans les faits réalisé un véritable exploit. A Johannesburg en 1999, l'Egypte, qui a par ailleurs remporté les éditions de 1965, 1973,1978 et 1991, s'était en effet classée 3e (160 médailles remportées dont 54 d'or) derrière l'Afrique du Sud et le Nigeria. En 1995 à Harare (Zimbabwe), elle a terminé 2e toujours derrière l'Afrique du Sud.

Lors de ces Jeux africains d'Abuja, l'Egypte a en outre réalisé une performance bien meilleure que celle annoncée par les 19 fédérations égyptiennes participantes. Il faut dire qu'après la 3e place obtenue à Johannesburg, elles ont été fortement critiquées par le ministère de la Jeunesse, le Comité olympique et les médias. La parade a donc cette année été de faire connaître publiquement ce dont elles seraient capables. Ainsi, la Fédération de taekwondo a annoncé au Comité olympique égyptien qu'elle était en mesure de décrocher 12 médailles de bronze. Elle en a finalement remporté 9, dont 6 d'or. La lutte, la natation et le karaté ont de leur côté remporté le même nombre de médailles d'or. Ce qui a permis à l'Egypte de se classer très honorablement. Mais c'est l'haltérophilie qui s'est le plus distinguée. Avec 33 médailles dont 18 d'or, ce sont surtout les haltérophiles égyptiens qui ont affirmé leur supériorité africaine.


Plusieurs tickets pour Athènes 2004

Depuis l'échec aux Jeux olympiques de Sydney 2000, le judo égyptien a connu une importante baisse de niveau africain et international. Grâce à leurs performances à Abuja, les judokas égyptiens ont donc retrouvé confiance. Surtout que leurs 8 médailles d'or représentent autant de tickets pour les Jeux olympiques d'Athènes 2004. La boxe, avec 7 médailles (3 en or, 2 d'argent et 2 de bronze) a quant à elle obtenu 5 places pour Athènes 2004. « Avec cette médaille d'or, j'ai retrouvé confiance. Rendez-vous est pris pour les Olympiades », déclare satisfait le boxeur Mohamad Abdel-Mawgoud Heykal, médaillé d'or en catégorie 75 kg. A la surprise générale, la sélection égyptienne de hockey a détrôné l'Afrique du Sud en la battant 3-2 en finale. Cette discipline remporte ainsi pour la première fois une compétition africaine et décroche par la même occasion le seul ticket africain pour les Olympiades.

Seule la sélection olympique de football, éliminée dès le premier tour, est rentrée bredouille d'Abuja. Alors que les autres disciplines collectives ont réalisé d'excellentes performances. En handball, la fédération avait prévu de remporter une médaille de bronze. Elle a en fait remporté l'or. Le volley-ball a, lui, décroché la médaille d'or en catégorie hommes et la médaille d'argent chez les dames.

Avec ces 80 médailles d'or rapportées au pays, les athlètes égyptiens prouvent qu'ils restent des poids lourds du continent africain. D'ailleurs, les Pharaons se préparent déjà à se rendre en Inde pour y disputer les Jeux afro-asiatiques. Avec la ferme intention que leurs performances soient cette fois officiellement reconnues.

Doaa Badr

« Nous avons su aller au-delà
du manque de loyauté
 »
3 question à Mohamad Al-Demerdach Touni, chef de la délégation égyptienne pour les Jeux africains d'Abuja 2003.

Al-Ahram Hebdo : Pensiez-vous que l'Egypte allait obtenir d'aussi bons résultats lors des Jeux africains ?

Mohamad Al-Demerdach Touni : Les athlètes égyptiens ont réalisé un exploit. Avec 214 médailles dont 80 en or, l'Egypte a inscrit sa 2e meilleure performance après les 92 médailles d'or obtenues aux Jeux africains du Caire en 1991. A part le tennis de table, le badminton et le football, toutes les disciplines ont obtenu de bien meilleures performances que ce qu'elles avaient annoncées. Les Fédérations nationales avaient en fait annoncé un nombre de médailles susceptibles d'être remportées bien inférieur à leurs capacités. Et cela de peur des attaques de la part du comité olympique et des médias si elles ne tenaient pas leurs promesses. Mais ces bons résultats sont le fruit d'un long travail des athlètes et du ministère de la Jeunesse.

— Quels ont été les problèmes rencontrés par la délégation égyptienne à Abuja ?

— Le problème le plus important a concerné les tricheries du Comité Organisateur des Jeux Africains (COJA) qui a octroyé en dernière journée 7 médailles d'or au Nigeria pour qu'il puisse se classer en 1re position du tableau final. Nous avons déposé plainte auprès de la Coja, du Haut Conseil des sports africains et nous allons le faire auprès du tribunal du Comité olympique international, à Lausanne (Suisse). Dès le début, le Coja a en fait octroyé au Nigeria des médailles non méritées. En finale de la catégorie ouverte de judo qui opposait l'Egyptienne Héba Rachid à une athlète tunisienne, le Coja a, malgré la victoire de la première, décerné la médaille d'argent à une judoka nigériane ... Les autres difficultés ont été nombreuses. A plusieurs reprises, nous n'avons pas trouvé le bus chargé de nous amener au stade. De plus, les Nigérians ont enfermé les joueuses égyptiennes de volley-ball dans leur chambre pour les empêcher de disputer la finale face au Nigeria ! Mais nous avons su aller au-delà du manque de loyauté.

— Comment évaluez-vous les sportifs égyptiens ?

— L'Egypte possède des athlètes de très haut niveau. Les nageurs ont inscrit de remarquables performances en s'imposant face à l'Afrique du Sud. Les nageuses sont aussi sur une très bonne voie. La gymnastique s'est quant à elle beaucoup améliorée même si cette discipline est pratiquée en Afrique. L'haltérophilie, la lutte, le taekwondo, la boxe et le karaté ont aussi obtenu de bons résultats. Pour moi, il est indispensable de se pencher davantage sur les sports individuels en misant davantage sur les athlètes les plus prometteurs. S'ils reçoivent une bonne préparation d'ici les Jeux olympiques d'Athènes 2004, l'Egypte est en mesure de remporter une médaille olympique.

Propos recueillis par D. B.

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