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Jeux Africains . Cette 8e édition s'achève sur un parfum de scandale. Par le biais de calculs douteux, le Nigeria, organisateur de la compétition, s'est autoproclamé vainqueur, aux dépens de l'Egypte.
L'imposture nigériane

Avec 80 médailles d'or remportées, soit deux de plus que le Nigeria, la délégation égyptienne pouvait célébrer sa première place aux Jeux africains d'Abuja qui se sont achevés le 18 octobre dernier.

Mais c'était sans compter sans la panne électrique qui s'est produite lors de la cérémonie de clôture, provoquant un « dérèglement » des ordinateurs du Comité Organisateur des Jeux Africains (COJA).

Un dérèglement qui s'est traduit par 7 médailles d'or supplémentaires sur le tableau final du Nigeria. Qu'à cela ne tienne. Avec 85 médailles d'or, les organisateurs nigérians ont immédiatement annoncé la victoire de leur pays.

Mais pour parvenir à ce résultat, le Coja s'est livré à une complète violation du règlement des Jeux africains, rédigé par le Haut Conseil des sports africains. Ce règlement édicte en effet que chaque épreuve sportive doit être disputée par un minimum de 5 pays.

Pour trouver les 7 médailles d'or supplémentaires qui ont propulsé le Nigeria à la première place de la compétition, le Coja a dû additionner les résultats des épreuves de handisport au tableau final des médailles. Et cela sans compter une série de manipulations des différentes catégories d'haltérophile.

En réalité, le Nigeria s'est livré à ce genre de procédé pendant toute la compétition. En cyclisme, il a en effet remporté 3 médailles d'or alors que seuls deux pays ont disputé la compétition. Un cas de figure qui s'est renouvelé avec le badminton dames. Mais bien avant le début des jeux, le Coja avait déjà agi d'une manière contestable en décidant d'ajouter à la liste des épreuves disputées des disciplines peu pratiquées en Egypte et dans la plupart des pays africains, mais populaires au Nigeria : à savoir le soft-ball et le base-ball. Une manière de s'assurer des médailles. De même, le Coja a décidé au dernier moment d'annuler les disciplines dans lesquelles l'Egypte serait susceptible de se distinguer, comme le pentathlon moderne, le tir et l'aviron.

Quoi qu'on en dise, le Nigeria reste le vainqueur officiel de cette édition 2003 des Jeux africains. Si le pays n'est pas réellement la vedette des podiums continentaux, il serait juste de préciser à sa décharge qu'il a néanmoins réalisé de grands progrès ces dernières années. Aux JA de Johannesburg en 1999, le Nigeria s'est en effet classé 2e, derrière l'Afrique du Sud et avant l'Egypte. Cette année, le Nigeria a aussi affirmé une indéniable supériorité en athlétisme, en tennis de table et en handisport.

L'Afrique du Sud, qui a remporté les deux dernières éditions (Johannesburg 1999 et Harare 1995), a cette fois beaucoup déçu puisqu'avec ses 63 médailles, elle ne se classe qu'en troisième position. Mais elle a décidé, avec l'Egypte, de déposer plainte contre le Nigeria auprès du Haut Conseil des sports africains pour obtenir une révision du classement final.

Doaa Badr

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Tableau des médailles
des 8es JA
 
Or
Arg
br
total
1. Nigeria
85
90
56
231
2. Egypte
81
62
72
215
3.Afrique du Sud
63
59
52
174
4. Algérie
32
24
32
88
5. Tunisie
30
29
30
89
6. Cameroun
8
4
23
35
7. Sénégal
6
9
19
34
8. Ethiopie
5
8
7
20
9. Kenya
5
5
14
24
10. Ghana
4
5
14
23
 

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