Mais c'était sans compter sans
la panne électrique qui s'est produite lors
de la cérémonie de clôture, provoquant un « dérèglement »
des ordinateurs du Comité Organisateur des Jeux
Africains (COJA).
Un dérèglement qui s'est traduit
par 7 médailles d'or supplémentaires sur le
tableau final du Nigeria. Qu'à cela ne tienne.
Avec 85 médailles d'or, les organisateurs nigérians
ont immédiatement annoncé la victoire de leur
pays.
Mais pour parvenir à ce résultat,
le Coja s'est livré à une complète violation
du règlement des Jeux africains, rédigé par
le Haut Conseil des sports africains. Ce règlement
édicte en effet que chaque épreuve sportive
doit être disputée par un minimum de 5 pays.
Pour trouver les 7 médailles
d'or supplémentaires qui ont propulsé le Nigeria
à la première place de la compétition, le Coja
a dû additionner les résultats des épreuves
de handisport au tableau final des médailles.
Et cela sans compter une série de manipulations
des différentes catégories d'haltérophile.
En réalité, le Nigeria s'est
livré à ce genre de procédé pendant toute la
compétition. En cyclisme, il a en effet remporté
3 médailles d'or alors que seuls deux pays ont
disputé la compétition. Un cas de figure qui
s'est renouvelé avec le badminton dames. Mais
bien avant le début des jeux, le Coja avait
déjà agi d'une manière contestable en décidant
d'ajouter à la liste des épreuves disputées
des disciplines peu pratiquées en Egypte et
dans la plupart des pays africains, mais populaires
au Nigeria : à savoir le soft-ball et le
base-ball. Une manière de s'assurer des médailles.
De même, le Coja a décidé au dernier moment
d'annuler les disciplines dans lesquelles l'Egypte
serait susceptible de se distinguer, comme le
pentathlon moderne, le tir et l'aviron.
Quoi qu'on en dise, le Nigeria
reste le vainqueur officiel de cette édition
2003 des Jeux africains. Si le pays n'est pas
réellement la vedette des podiums continentaux,
il serait juste de préciser à sa décharge qu'il
a néanmoins réalisé de grands progrès ces dernières
années. Aux JA de Johannesburg en 1999, le Nigeria
s'est en effet classé 2e, derrière l'Afrique
du Sud et avant l'Egypte. Cette année, le Nigeria
a aussi affirmé une indéniable supériorité en
athlétisme, en tennis de table et en handisport.
L'Afrique du Sud, qui a remporté
les deux dernières éditions (Johannesburg 1999
et Harare 1995), a cette fois beaucoup déçu
puisqu'avec ses 63 médailles, elle ne se classe
qu'en troisième position. Mais elle a décidé,
avec l'Egypte, de déposer plainte contre le
Nigeria auprès du Haut Conseil des sports africains
pour obtenir une révision du classement final.